PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

jeudi 24 mars 2011

LE DIOCÈSE DE QUÉBEC A UN NOUVEAU PASTEUR


IL FERA SERMENT D’ALLÉGEANCE À L’AUTORITÉ PONTIFICALE

Mgr Gerald Cyprien Lacroix assumera officiellement sa responsabilité de Pasteur lors d’une grande célébration, le 25 mars prochain, au Pavillon de jeunesse de Québec. Des centaines et sans doute des milliers de personnes viendront se joindre à cette célébration pour accueillir celui que le Vatican a désigné pour orienter les destinés de l’Église du diocèse de Québec. La cérémonie comportera un volet public qui sera sans doute couvert par les médias régionaux et nationaux, et une partie privée, celle du serment d’office, qui échappera sans doute à la présence des médias,

Il est normal que toute organisation ait une référence fondamentale à laquelle adhèrent ceux et celles qui s’y joignent. C’est vrai pour les Partis politiques, les Organisations nationales et internationales. Chaque pays a sa Constitution, l’Organisation des Nations Unies sa charte des droits des personnes, des peuples et des nations. Il en va ainsi pour l’Église catholique. Cette dernière trouve sa référence principale tout particulièrement (1) dans la personne de Jésus, ressuscité et vivant, (2) dans l’Esprit Saint qui distribue ses dons « comme bon il l’entend », (3) dans les Évangiles et les Lettres des apôtres. C’est cet héritage, reçu dans la foi et actualisé tout au long des 20 siècles de son histoire qu’il revient aux croyants d’aujourd’hui de vivre et de transmettre pour les temps que sont les nôtres.

L’accès aux Évangiles, devenus, de nos jours, disponibles dans toutes les langues, permet à des millions de personnes de revenir au cœur du message évangélique et du témoignage de Jésus de Nazareth. Ces derniers deviennent de plus en plus la source première de leur foi et l’inspiration de leur vie. Cet accès direct aux fondements de la foi chrétienne fait passer au second plan tout autant les figures de tous les personnages de cette organisation qu’est devenue l’Église institutionnelle que la nomenclature des doctrines développées au cours des siècles. Jésus de Nazareth, les Évangiles et la conscience personnelle prennent de plus en plus la place du petit catéchisme et celle des autorités religieuses.

Ce sera sans doute pour contrer ce glissement d’une autorité qui passe au second plan, qu’en 1989, les autorités vaticanes ont ajouté un serment que tous les prêtres et évêques doivent prononcer au moment d’assumer leurs fonctions. Bien que de texture doctrinale et non évangélique, la première partie de ce serment ne pose, en soi, aucun problème. Il s’agit pour l’essentiel du Credo de Nice. Là où le bât risque de blesser, c’est dans la seconde partie où les personnages du pouvoir ecclésial s’arrogent l’exclusivité de définir l’authenticité du message évangélique et doctrinal, même en relation à des questions qui ne sont pas encore clairement clarifiées tant sur le plan exégétique que sur des questions de morale à propos desquelles la science n’a pas encore dit son dernier mot. Voici ce que dit cette seconde partie :

« Avec une foi inébranlable je crois aussi à tout ce qui est contenu et transmis dans la Parole écrite de Dieu et tout ce qui est proposé par l'Église pour être cru comme divinement révélé, que ce soit par un jugement solennel ou par un magistère ordinaire et universel.

J’embrasse tout aussi fermement et retiens pour vrai tout ce qui concerne la doctrine de la foi et la morale définitivement proposé par la même autorité.

Tout particulièrement, avec un respect religieux de la volonté et de l’intellect, j’adhère aux doctrines énoncées par le Pontife Romain ou par le Collège des Évêques, lorsqu’ils exercent le magistère authentique, même s’ils n’entendent pas les proclamer par un acte définitif. »

Ce serment lie le pasteur à l’autorité papale sur tout ce que ce dernier énoncera tant sur les écritures que sur des questions non encore clarifiées par les sciences. Il constitue une sorte de bâillon enlevant toute liberté d’expression au Pasteur sur ces questions. Dans pareille circonstance, Paul n’aurait jamais pu ramener à la raison Pierre sur la question des pratiques juives dans les communautés non juives.

Je me demande pourquoi cette partie de la célébration n’a pas été intégrée à la partie publique. Si ce serment est si important pour le Vatican, il devrait également l’être pour la communauté chrétienne du Diocèse de Québec. À moins que l’on ait voulu demeurer discret sur ce serment d’office.

Je souhaite au nouveau pasteur, Mgr Lacroix, la simplicité recommandée par Jésus à ses apôtres et une grande proximité de vie et de présence auprès des plus défavorisés de son diocèse. Le témoignage de vie demeurera toujours celui qui agira le plus fortement sur les croyants et les non croyants.

Oscar Fortin
Québec, 23 mars, 2011

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