vendredi 7 mars 2014

LE MODE D'EMPLOI IMPÉRIAL DES CONTRE-RÉVOLUTIONS






Le temps des armées qui alignaient par dizaines de milliers leurs soldats sur le front des  champs de bataille est périmé depuis longtemps. Nous ne verrons plus de sitôt se répéter ce que fut l’invasion de l’Irak qui a fait plus d’un million de morts au nombre desquels on peut compter des dizaines de milliers de ces soldats envoyés au front.
Ces opérations, en plus d’être excessivement dispendieuses, indisposent l’opinion publique nationale et internationale. Ainsi, sans rien sacrifier des grands objectifs de conquête, l’Empire a choisi une approche plus discrète, perçue plus positivement par l’opinion publique nationale et internationale, moins dispendieuse pour ses coffres et tout aussi efficace. Une approche qui récupère, en plus moderne, la stratégie du Cheval de Troie.
En quoi consiste cette nouvelle approche de conquêtes des peuples et de leurs richesses?
Au cœur de cette nouvelle stratégie, je vois quatre armes qui en constituent les fondements.
La première est celle des moyens de communication qui doivent conditionner l’opinion publique nationale et internationale dans le sens des interventions « avant » et « pendant ». En général, le « après » n’est pas pertinent et pourrait même ternir son image de grand libérateur. On ne parle plus beaucoup de l’Irak, de la Lybie, de l’Afghanistan et nous savons pourquoi.
La seconde est d’avoir un contrôle complet sur les principales institutions et organisations régionales et internationales comme les Nations Unies, les Églises, ainsi que sur les diverses agences qui en dérivent, comme la Cour internationale de la Haie, la Commission des droits de la personne, etc.
La troisième consiste à identifier et à préparer des agents internes et externes au pays visé en vue de créer des actions de déstabilisation et de provocation donnant lieu à une guerre civile exigeant l’intervention de la communauté internationale. Pour ce travail, l’empire peut compter sur ses services secrets et de façon toute particulière sur la CIA dont les budgets peuvent s’alimenter à même le marché de la drogue.
La quatrième consiste à négocier un gouvernement de transition dont les principaux responsables seront ceux-là mêmes que l’Empire aura identifiés.
Comment ces armes sont-elles utilisées?
D’abord, les moyens de communication doivent s’assurer du contrôle de certains mots chers à l’opinion publique : démocratiepeuplepaixdroits humainsliberté, communauté internationale (pour identifier les bons), violencerépression,  dictateurcorruption (pour identifier les méchants).
Lorsqu’un pays est ciblé, l’ensemble des grands médias au service de l’Empire en sont informés, plusieurs mois et même quelques années à l’avance, pour qu’ils puissent commencer leur travail de diabolisation des dirigeants et des gouvernements visés. Ils ne feront que relever, en un premier temps, tous les éléments négatifs et, si nécessaire, ils en inventeront. Par la suite, ils assureront la couverture qui donnera le beau rôle des intervenants à chacune des étapes de l’opération. Les spécialistes des montages de photos et les rédacteurs des textes portant sur l’actualité sauront convaincre l’opinion publique nationale et internationale du caractère héroïque des principaux acteurs en lutte contre le tyran, le dictateur ou encore le Président déchu. Il ne faut pas oublier que ce réseau de communication rejoint tous les médias écrits et visuels de l’ensemble des pays alliés de l’Empire. C’est ce réseau qui réfléchit, à travers son miroir, la réalité qu’il veut bien  transmettre à l’opinion nationale et internationale.
Les exemples ne manquent plus pour illustrer cette grande manipulation de l’opinion publique afin d’en faire une alliée reconnaissante à l’endroit des conquérants. Ils ne sont plus des envahisseurs et prédateurs, mais des protecteurs et des démocrates. (voir les quelques références au bas de cet articles)
La seconde arme est celle des Institutions et Organisations internationales. Pour en prendre le contrôle, il suffit d’y introduire à des postes de décision des personnes fiables qui sauront appuyer l’empire en temps et lieu. Pour y arriver, il peut compter, entre autres, sur sa grande influence auprès de nombreux gouvernements participants à ces instances qui ont leur mot à dire dans le choix de ces personnes. La CIA et certaines agences spécialisées pour ce genre de travail seront mises à contribution. Il va de soi que le poids de l’argent y est pour beaucoup. Il permet de corrompre, sous forme de gestes généreux, ceux et celles qui résisteraient à la première étape du jeu des influences. En dernier ressort, il y a toujours la menace de sanctions qui peuvent parfois aller jusqu’à l’homicide.
La troisième arme, tout aussi importante, est celle du choix des principaux acteurs de terrains. Ils se retrouveront parmi les candidats d’opposition les plus radicaux et les plus déterminés à renverser le gouvernement ainsi que chez les étudiants intéressés par l’argent et l’aventure. S’ajouteront à cette première sélection des mercenaires grâcement payés. Il y aura des sessions de formation à la guérilla urbaine, au maniement des armes et autres techniques de sabotage. Ils serviront à créer des évènements de répression pour alimenter la presse nationale et internationale. Selon l’évolution de ces interventions, les futurs représentants qui se présenteront comme les porte-parole du peuple seront identifiés et reconnus internationalement par l’empire et ses alliés. Ils seront les négociateurs pour le peuple d’un gouvernement de transition dont ils auront inévitablement le contrôle.
Nous en sommes rendus à la quatrième arme qu’est le gouvernement transitoire. Là, va se jouer les dernières cartes de cette grande mise en scène de la démocratie impériale. Les délais impartis pour une nouvelle élection générale à laquelle sera appelé le peuple pour élire ses nouveaux dirigeants devront permettre d’assurer les meilleures conditions pour que les élus (es) soient ceux et celles figurant sur la liste de l’Empire. Les armes de la corruption et des menaces de toute nature sauront faire taire les récalcitrants.
Il ne faut pas oublier que pendant toutes ces étapes les médias d’à travers le monde interviendront pour transformer les ennemis en diables et faire apparaître comme de véritables héros et bienfaiteurs ces mercenaires et leurs mentors. Ce qui a déjà été une profession journalistique est devenue une profession de vendeurs d’images et de faux positifs. On fait passer pour vrai ce qui est faux et pour faux ce qui est vrai. Ils sont devenus les serviteurs et les servantes du père du mensonge à son meilleur.
Je pense que nous pouvons reconnaître ce scénario dans les révolutions de couleur du Moyen-Orient, en Libye, en Syrie, en Ukraine et au Venezuela. Nous en voyons également des signes en Bolivie, en Équateur, en Argentine, au Brésil. L’Empire, comme un vampire, a soif de conquête et de domination. Seule la conscience des peuples pourra mettre fin à cette grande tromperie.
Oscar Fortin
Québec, le 7 mars 2014
Quelques références :

jeudi 6 mars 2014

Le vol commis par le pape François








À ses prêtres du diocèse de Rome dont il est l’évêque, le pape François leur a raconté l’anecdote où il a volé la croix du rosaire des mains d’un prêtre décédé. Je me permets de traduire dans mes mots cette narration du pape François que je viens de lire dans sa version espagnole.

Alors qu’il était Vicaire général du diocèse de Buenos Aires, un vieux prêtre, reconnu pour être un grand confesseur, meurt. Le ministère de la Confession était au centre de sa vie pastorale. On l’appelait le père Aristide. Lors de la visite du pape Jean-Paul II en Argentine, c’est à lui qu’on fit appel pour être le confesseur du pape.

Toujours est-il que ce bon père Aristide meurt et que le Vicaire général, qu’est devenu George Bergolio, informé de ce décès, se rend à la chapelle ardente où il est exposé pour y faire une prière. Là, il réalise qu’il n’y a personne si ce n’est quelques retraitées. Voyant que le pauvre prêtre n’avait aucune fleur, il sort en acheter et revient les déposer sur sa tombe.

Une  fois accompli ce geste de respect et d’affection, il s’agenouille pour une prière et c’est à ce moment qu’il voit la médaille de la croix que le père Aristide tient entre ses doigts. C’est plus fort que lui. Il ne peut résister à la tentation de la lui prendre. Il se met donc discrètement à l’œuvre en y allant avec ses doigts d’abord pour la saisir puis la lui retirer. Il raconte que pendant toute cette manoeuvre, il disait, en son for intérieur, au vieux prêtre, inerte dans sa tombe,  « j’espère seulement avoir la moitié de la miséricorde que tu as eue. »

 Une fois, la médaille en sa possession, il fallait lui trouver une place pour la dissimuler. Or la soutane qu’il portait n’avait pas de poches, sauf sur le devant à la hauteur du cœur où il y avait une petite poche. Il la plaça donc dans cet espace, avant de se lever et d’aller saluer les quelques vieilles personnes présentes. Puis il sortit, satisfait de son méfait.

Il poursuit sa narration en disant que depuis ce jour, il porte cette médaille au niveau de son cœur et, dit-il,  lorsqu’il lui vient une mauvaise pensée sur quelqu’un, il met sa main sur son cœur pour la toucher.

Cette médaille volée au vieux père Aristide est devenue pour lui la médaille de la miséricorde.

Personnellement, en lisant cette histoire, j’ai ri, de ce rire qui vient du merveilleux de celle-ci. La simplicité avec laquelle elle est racontée, les précautions prises par ce haut dignitaire pour que personne ne le voie, les paroles qu’il dit à ce vieux prêtre en lui retirant sa médaille et cette façon de confesser les motifs pour lesquels il est amené à toucher cette médaille, tout cela, venant de ce pape si simple et si humain, est pour moi une histoire qui me fait penser à Don Camilo.

Une belle histoire, toute à l’honneur du pape François qui nous rappelle l’humain qui nous habite et la miséricorde qui nous accompagne.

Il ne fait pas de doute qu’après cette histoire, il devra faire attention aux fois où il mettra sa main sur son cœur.


Oscar Fortin
Québec, le 6 mars 2014


mercredi 5 mars 2014

CHAVEZ PRÉSENT PLUS QUE JAMAIS





Il y a une année,  jour pour jour, Hugo Chavez, ce président charismatique du Venezuela, mourait, suite à un cancer dont la nature et la provenance font toujours l’objet d’interrogations de la part de scientifiques, de politiciens et de gens guidés par le sens commun.

Pendant que sa mort en réjouissait quelques-uns, des peuples entiers, à commencer par celui du Venezuela, se levèrent pour rendre un dernier hommage à cet homme porteur de liberté, d’espérance et de détermination pour que les personnes et les peuples récupèrent leur indépendance et leur solidarité. Ce furent des millions de personnes qui, pendant trois jours et trois nuits, ont défilé devant son cercueil, sans doute pour dire un merci, mais aussi pour demander de rester toujours près d’elles.

Ainsi, la mort de Chavez l’a transformé en de millions de Chavez qui continue de vivre par son esprit, sa détermination, son combat pour la justice, la vérité, la solidarité. Cet esprit de Chavez déborde de beaucoup les frontières du Venezuela pour rejoindre tous les peuples de l’Amérique latine et des Caraïbes ainsi que de nombreux autres en Afrique et en Europe.

Si ceux qui pensaient qu’avec la mort de Chavez ils pourraient reprendre le contrôle de l’État vénézuélien, ils doivent, aujourd’hui se mordre les doigts, car Chavez est plus que jamais présent tout en échappant, cette fois, à leur arsenal de mort.

Aujourd’hui, le peuple vénézuélien se recueille en souvenir de cette mort tragique de leur Président, mais avec une fierté dans le cœur, celle d’avoir repoussé de nouveau l’ennemi qui s’acharne à tuer l’esprit de Chavez et à reprendre le contrôle de l’État. Les évènements des dernières semaines illustrent de façon éloquente cette présence de l’esprit de Chavez dans des millions de Vénézuéliens. Il fallait voir ces dizaines de milliers de personnes se présenter devant la résidence officielle de Miraflores, pour apporter leur soutien au président Maduro. Un jour, c’étaient des milliers d’étudiants, le lendemain des dizaines de milliers de travailleurs, suivis le jour suivant de dizaines de milliers de femmes, puis de milliers de « motorisés », de personnes retraitées et de dizaiznes de milliers de paysans. 

Inutile de demander à vos médias officiels de vous faire revivre ces moments de très grande démocratie. Ces derniers étaient davantage occupés à fabriquer des nouvelles non pas pour nous informer mais dans le seul but de nous présenter un Venezuela dans le chaos, dominé par un dictateur qui serait sans âme et sans conscience. Un Président dont le peuple vénézuélien ne voudrait plus et qu’il n’avait pas d’autres choix que de démissionner. La communauté internationale l’exigeant.

Un discours bien connu des habitués de l’information alternative, mais aussi, de plus en plus connu des citoyens et citoyennes qui commencent à en avoir plus que leur voyage de ce type de manipulation faite, trop souvent et malheureusement, par des professionnels de l’information. En agissant de la sorte ils se convertissent en professionnels (les) de la désinformation, les convertissant en délinquants de leur profession.

Déjà les médias sociaux ont mis à nues les photos truquées, empruntées à d’autres pays, à d’autres polices répressives dans le monde. N’empêche, ces stratagèmes qui ont fonctionné dans le cas de la Libye et de l’Irak, ne fonctionnent plus, et encore moins au Venezuela où la conscience développée par Chavez les met aux aguets de ces stratagèmes..

Je ne pouvais passer sous silence cet anniversaire. Ce rappel de cette continuité de Chavez à travers son peuple s’imposait.

Je porte à votre attention trois articles que j'avais alors écrits au moment de sa mort.





Merci et bonne journée à vous tous et toutes qui aimez la vérité et la justice sans maquillage et sans manipulation.


Oscar Fortin
Québec, le 5 mars 2014