PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

vendredi 4 février 2005

DE QUELLES VALEURS SE NOURRIT L'OCCIDENT ?

Le secrétaire d’État des Etats-Unis, M Powell, a qualifié les attentats comme des attaques directes aux grandes valeurs qui fondent l’action des démocraties occidentales. De là, il peut conclure que ce ne sont pas les Etats-Unis seuls qui sont touchés, mais tous les pays qui partagent ces mêmes valeurs. D’où l’importance, dira le Président, d’une riposte ferme pour punir et radier de la carte ces ennemis sans visage agissant sous l’arme du terrorisme international contre nous tous.

Cette référence aux valeurs fondamentales des démocraties de l’Occident permet de rejoindre le sentiment profond des personnes et des populations pour qui les valeurs de liberté, de solidarité, de justice, de respect mutuel, de paix et de fraternité sont au cœur de leur vie. Ces valeurs s’alimentent pour la grande majorité dans la foi chrétienne qui vient pour ainsi dire en consolider les bases. Les multiples manifestations de prières qui ont marqué en Amérique, en Europe et un peu partout à travers le monde chrétien en sont un témoignage éloquent.

Il y a toutefois un problème et il est de taille : ces valeurs qui alimentent la vie des peuples sont-elles tout aussi présentes dans les comportements, les décisions politiques et économiques des gouvernants élus par ces mêmes populations ? Ces dernières savent-elles et consentent-elles aux actions de leurs gouvernants qui ont pour effet de réduire ces mêmes valeurs chez des populations entières, souvent pour mieux en contrôler les politiques et par le fait même mieux disposer de leurs ressources ? La démocratie est-elle toujours un souci de rejoindre la volonté et les intérêts profonds des populations ou n’est-elle pas dans bien des cas un outil commode pour couvrir de ces valeurs des actions qui ne visent finalement que des intérêts limités à certaines oligarchies ?

Le 11 septembre, jour de l’attaque des terroristes contre les WTC, marquait le 28ième anniversaire du coup d’État militaire au Chili. Des avions, bombardiers ceux-là, larguaient des bombes sur un des rares bastions de la démocratie en Amérique latine. Des milliers de personnes y ont trouvé la mort, souvent après d’horribles tortures. D’autres y ont été faits prisonniers et des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont pris le chemin de l’exil. Nous savons maintenant, avec la publication des documents de la CIA, devenus accessibles après le délai de 25 ans, qui ont été les auteurs logistiques et politiques de cette opération. Où étaient alors les grandes valeurs démocratiques de l’Occident et que faisait l’électeur démocrate pour ramener ses gouvernants à ces mêmes valeurs ?

Tout ceci pour dire que la démocratie exige de chaque citoyen une plus grande vigilance de ceux et celles entre les mains desquels sont placés de grands pouvoirs. Nos silences nous transforment en de véritables complices d’actions qui briment dans les faits la liberté, l’autonomie, la solidarité, la démocratie des autres. Elles sont souvent la source de grandes injustices, de pauvreté inhumaine et le ferment de haine et de violence aux effets incontrôlables. L’ennemi est peut-être plus près de nous que nous le pensons.


Oscar Fortin

Québec, le 17 septembre 2001

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