mardi 19 septembre 2006

BENOÎT XVI DANS LA TOURMENTE

Les réactions de l’Islam aux propos tenus par BENOÎT XVI ne relèvent pas uniquement de quelque sensibilité religieuse des disciples de MAHOMET ou, comme certains le pensent, d’une manipulation politique interne pour mieux justifier la violence contre l’OCCIDENT CHRÉTIEN. Il faut en chercher tout particulièrement l’explication dans le contexte politico religieux des guerres menés par l’OCCIDENT CHRÉTIEN contre les pays et les groupes appartenant à l’AXE DU MAL.

UNE ALLIANCE DISCRÈTE MAIS RÉELLE

BENOÎT XVI, pas plus d’ailleurs que JEAN-PAUL II ne l’avait fait avant lui, ne s’est dissocié ouvertement et sans équivoque de cette vision simpliste et arbitraire, consacrée par l’ADMINISTRATION de G.W. BUSH, faisant de ses guerres de conquêtes des guerres du BIEN contre le MAL. Il se trouve que dans cette vision, les pays de l’AXE DU MAL sont, pour un grand nombre, des PAYS MUSULMANS : l’IRAK, l’IRAN, la PALESTINE, l’AFGHANISTAN.

UNE CONDAMNATION QUI N’EST JAMAIS VENUE

Dès les débuts de cette mise en scène, il eût été, me semble-t-il, DE LA RESPONSABILITÉ DES AUTORITÉS CHRÉTIENNES de dénoncer, avec force, non seulement cette approche, mais encore, et avec plus de vigueur, ceux qui font appel à la foi chrétienne pour justifier ce « nettoyage » du monde des forces du MAL. Il suffisait de rappeler, non pas à mots couverts, mais clairement et sans équivoque, cette PARABOLE DE L’IVRAIE que JÉSUS lui-même nous a livrée. Aux travailleurs qui lui demandèrent s’il fallait libérer les champs de l’IVRAIE il eût cette réplique :

« NON, DIT-IL, DE PEUR QU’EN RAMASSANT L’IVRAIE VOUS NE DÉRACINIEZ LE BLÉ AVEC ELLE. LAISSEZ L’UN ET L’AUTRE CROÎTRE ENSEMBLE JUSQU’À LA MOISSON, ET AU TEMPS DE LA MOISSON JE DIRAI AUX MOISSONNEURS : « RAMASSEZ D’ABORD L’IVRAIE ET LIEZ-LÀ EN BOTTE POUR LA BRÛLER; QUANT AU BLÉ RECUEILLEZ-LE DANS MON GRENIER. » (Év. De Mathieu, ch. 13, vv 9-30)

DES VOIX SE FONT TOUT DE MÊME ENTENDRE

On ne peut passer sous silence cette prise de position courageuse des quatre pasteurs des Églises de Jérusalem qui, quelques jours avant cette « leçon de Benoît XVI », ont dénoncé, dans un document officiel, LE SIONISME CHRÉTIEN comme doctrine religieuse et politique allant tout à fait à l’encontre de l’enseignement des Évangiles. Une prise de position à laquelle les élites religieuses conservatrices étaient peu habituées de la part de leurs pasteurs. Certains vont jusqu’à suggérer que Benoît XVI, à l’invitation de certains milieux directement interpellés par cette déclaration, aurait voulu y faire contre poids en ramenant le débat de la violence, de la foi et de la raison du coté des fils et filles de Mahomet. Allons donc savoir….
http://www.alterinfo.net/index.php?action=article&id_article=446249

LES PAROLES CITÉES PAR BENOÎT XVI

C’est donc dans ce contexte socio politico-religieux que BENOÎT XVI se présente avec ce récit qui remonte à la fin du 14ième siècle :

«J'ai lu récemment le dialogue, publié par le professeur Theodore Khoury, entre l'empereur byzantin Manuel II Paléologue et un savant persan, peut-être dans le camp d'hiver d'Ankara en 1391, sur le christianisme, l'islam et leur vérité respective… l'empereur, d'une manière étonnamment brusque qui nous étonne, s'adresse à son interlocuteur tout simplement, avec une question sur le rapport entre religion et violence, et je cite: "Montre-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme sa directive de répandre la foi qu'il prêche au moyen de l'épée."

Contrairement aux quatre pasteurs des Églises de Jérusalem qui font l’autocritique de certains courants chrétiens porteurs de violence dont celui du sionisme chrétien et de certains milieux très conservateurs tant en Israël qu’aux États-Unis, BENOÎT XVI se tourne plutôt vers Mahomet pour faire sa leçon sur la Foi, la Raison et la Violence. Autant dans le premier cas les projecteurs sont braqués sur les déviations de ceux qui se font les apôtres du Bien, autant dans le second cas ils sont ramenés sur ceux déjà qualifiés par l’opinion occidentale d’AXE DU MAL.

En prenant cette approche, BENOÎT XVI, se place dans la logique de l’Administration Bush et renforce cette conviction, déjà amplement répandue, que le Vatican demeure un ALLIÉ inconditionnel de cette dernière. Au lieu d’être la PAROLE d’une ÉGLISE INDÉPENDANTE DES POUVOIRS DOMINANTS, elle s’en fait l’ÉCHO. Ce fut le cas de Jean-Paul II dans ses alliances avec l’Administration Reagan pour lutter contre le communisme en Europe et contre la théologie de libération et les gouvernements socialisants en Amérique latine. D’ailleurs, peu de temps avant sa mort, il acceptait des mains de G.W. Bush la Médaille de la Liberté en dépit du fait de la guerre en Irak et des centres de tortures à Guantanamo et en divers endroits en Irak et dans le monde. C’est également le cas avec Benoît XVI qui sait ménager à temps et à contre temps ses alliés. Dans son discours, lors de la Journée mondiale de la Paix, il s’est bien gardé de dénoncer et encore moins de condamner la guerre en Irak et la poursuite des combats en Afghanistan. Sur la première, pas un mot, et sur la seconde, il a vanté le courage et le mérite des soldats. Par ailleurs, il s’est attardé sur le terrorisme, celui que l’on identifie au monde islamique. Rien sur le terrorisme d’État ou d’organismes soutenus par les États pour déstabiliser des gouvernements ou des régimes, comme c’est le cas dans certains pays de l’Amérique Latine et ailleurs dans le monde.

UNE CATHOLICITÉ EN SOUFFRANCE

Comment, dans pareilles circonstances, être une référence crédible pour tous les peuples, toutes les cultures et toutes les races de la terre ? Comment avoir une PAROLE qui soit porteuse d’espérance pour ceux-là mêmes qui tombent sous les balles d’envahisseurs et de conquérants ? Comment être un PHARE qui ne porte aucun ombrage à la Vérité, à la Justice, à l’accueil, à la solidarité humaine dans ce qu’elle a de plus revitalisant ?

N’attendons pas six cent ans pour faire notre MEA CULPA des fautes d’aujourd’hui. Demandons pardon, dès aujourd’hui, pour n’avoir pas toujours eu la force que Jésus a eu au désert pour répondre à SATAN, cet EMPÉREUR DU MONDE, qui lui offrait tous ces pouvoirs avec la gloire de ces royaumes s’il acceptait de l’adorer. Sa réponse a été sans hésitation : « TU ADORERAS LE SEIGNEUR TON DIEU, ET C’EST À LUI SEUL QUE TU RENDRAS UN CULTE. » (Évangile, Luc, ch.4, vv. 6-8)

Oscar Fortin
Québec, 18 septembre 2006
http://humanisme.over-blog.com

jeudi 14 septembre 2006

DES PASTEURS LIBÉRÉS PORTEURS D'UNE PAROLE LIBÉRATRICE

Il y a bien longtemps que je n’avais été témoin d’une parole libérée et libératrice de la part d’autorités religieuses chrétiennes. C’est pourtant ce qui vient de se passer avec les autorités religieuses des Églises locales de Jérusalem «Communiqué du Patriarche et des Evêques des Eglises locales de Jérusalem. »

http://www.alterinfo.net/index.php?action=article&id_article=446249

Pour ceux qui n’ont pas accès à Internet, je transmets l’intégralité du texte


Mgrs Michel Sabbah, Swerios Malki Mourad, Riah Abu El-Assal et Munib Younan, 22 août 2006 Traduit par Marcel Charbonnier et révisé par Fausto Giudice i[

« Bénis soient les faiseurs de paix, car ils seront nommés les enfants de Dieu. » [Matthieu 5:9]]i Le sionisme chrétien est un mouvement contemporain, théologique et politique, qui reprend à son compte les positions idéologiques les plus extrémistes du sionisme, en totale contradiction avec une juste paix en Palestine et en Israël. Le programme sioniste chrétien campe une vue du monde dans laquelle l'Evangile est identifié à l'idéologie de l'empire, au colonialisme et au militarisme. Dans sa forme extrême, il accorde une importance primordiale à des événements de nature apocalyptique conduisant à la fin de l'histoire, ce qui est à l'opposé [de l'attitude authentiquement chrétienne consistant] à vivre, aujourd'hui, l'amour du Christ et Sa justice. Nous rejetons catégoriquement les doctrines sionistes chrétiennes, ces enseignements fallacieux qui corrompent le message biblique, fait d'amour, de justice et de réconciliation. Nous rejetons par conséquent l'alliance actuelle entre les dirigeants du sionisme chrétien et de organisations impliquées par certains de leurs membres dans les gouvernements d'Israël et des USA, qui imposent actuellement leurs frontières préemptives unilatérales et leur domination sur la Palestine. Cela entraîne inévitablement des cycles sans fin de violence, qui minent la sécurité de tous les peuples non seulement du Moyen-Orient, mais de l'ensemble du monde.


Nous rejetons ces enseignements du sionisme chrétien, qui facilitent et encouragent ces politiques, dès lors qu'ils prônent l'exclusivisme racial et la guerre perpétuelle, bien loin de reprendre l'Evangile de l'amour universel, de la rédemption et de la réconciliation, que Jésus Christ nous a enseigné. Plutôt que condamner le monde à la malédiction de l'Armageddon,nous exhortons tous les hommes à se libérer des idéologies du militarisme, et de l'occupation. Ces gens feraient bien mieux d'ouvrer à la guérison des nations ! Nous appelons les Chrétiens rassemblés dans les Églises de tous les continents à prier pour les Palestiniens et les Israéliens, qui souffrent les uns autant que les autres de l'occupation et du militarisme, dont ils sont les victimes. Les actes discriminatoires sont en train de transformer la Palestine en ghettos déshérités, cernés de colonies israéliennes ségrégationnistes. La création de ces colonies illégales ainsi que l'édification du Mur de Séparation empiétant sur des territoires palestiniens confisqués sapent la viabilité d'un État palestinien, ainsi que la paix et la sécurité dans l'ensemble de notre région. Nous appelons toutes les Églises qui restent silencieuses, à briser leur silence, et à en appeler à la réconciliation, dans la justice, en Terre sainte.

C'est pourquoi nous nous engageons à défendre les principes suivants, seule alternative positive : Nous affirmons que tous les hommes sont créés à l'image de Dieu. C'est pourquoi ils sont appelés à honorer la dignité de tous les êtres humains et à respecter leurs droits intangibles. Mgr Riah Abu El-Assal

Nous affirmons que les Israéliens et les Palestiniens sont capables de vivre ensemble en paix, dans la justice et la sécurité. Nous affirmons que les Palestiniens, musulmans et chrétiens, forment un seul peuple : le peuple palestinien. Nous rejetons toutes les tentatives visant à subvertir et briser leur unité. Nous appelons tous les hommes de bonne volonté à rejeter la vision sectaire du monde qui est celle du sionisme chrétien, ainsi que celle prônée par toute autre idéol
ogie privilégiant un peuple au détriment de tous les autres.

Mgr Swerios Malki Mourad

Nous nous engageons à mener une résistance non-violente, moyen le plus efficace pour lutter contre l'occupation illégale afin d'y mettre fin, en vue de la réalisation d'une paix juste et durable. Nous mettons en garde, avec un sentiment d'urgence, contre le sionisme chrétien et les mouvements qui font alliance avec lui, qui justifient la colonisation, l'apartheid et l'édification d'un empire. Dieu exige que justice soit faite. Aucune paix, aucune sécurité ni aucune réconciliation ne seront possibles sans le rétablissement de la justice. Les exigences de justice ne disparaîtront jamais. La lutte en vue de la justice doit être poursuivie sans relâche et activement. Mais sans violence. i[ « Ce que le Seigneur vous demande, c'est d'agir de manière juste, d'aimer la miséricorde et d'accompagner votre Dieu humblement » [Michée 6:8]]i


Mgr Munib Younan
Telle est notre position. Nous prenons le parti de la justice. Nous ne saurions en prendre aucune autre. Seule, la justice garantira une paix conduisant à la réconciliation et à une vie dans la sécurité et la prospérité pour tous les hommes vivant dans notre Terre [sainte]. En prenant le parti de la justice, nous nous ouvrons à l'oeuvre de paix - et c'est précisément d'oeuvrer pour la paix qui fait de nous [de dignes] enfants de Dieu. « C'est dans le Christ que Dieu s'est réconcilié avec Sa création, sans retenir contre les humains leurs péchés. Et Il nous a imparti le message de la réconciliation ». [2ème Epître aux Corinthiens 5:19]


Sa Béatitude le Patriarche Michel Sabbah Patriarcat Latin, Jérusalem
Mgr Swerios Malki Mourad, Patriarcat syrien orthodoxe, Jérusalem
Mgr Riah Abu El-Assal, Église épiscopale (anglicane) de Jérusalem et du Moyen-Orient
Mgr Munib Younan, Église luthérienne évangélique de Jordanie et de Terre sainte


VOILÀ UN COMMUNIQUÉ QUI NE MANQUE PAS DE COURAGE ET QUI S'ENRACINE DANS L'ESPRIT DE JÉSUS DE NAZARETH ET DE SON ÉVANGILE. IL EST PORTEUR D'UNE ESPÉRANCE QUI DÉFIE LES TEMPS PRÉSENTS ET QUI DONNE CONSISTANCE ET CRÉDIBILITÉ À CEUX QUI ONT POUR MISSION DE LA PROCLAMER. JE N'AI AUCUNE RÉSISTANCE À Y RECONNAÎTRE MA FOI ET À Y TROUVER INSPIRATION.


Oscar Fortin
Québec, le 14 septembre 2006

dimanche 10 septembre 2006

LORSQUE LE VATICAN SORT SON ARTILLERIE LOURDE


Dans la version papier du journal Le Soleil, en date du 9 septembre 2006, p.16, on peut y lire en gros titre LE PAPE CONDAMNE LE CANADA. Dans la version Internet du même journal le titre est quelque peu différent : LE PAPE DÉNONCE LE CANADA.
http://www.cyberpresse.ca/article/20060909/CPACTUALITES/609090571/0

Pareille prise de position ne peut que mettre en évidence l’importance du sujet traité. J’ai d’abord pensé à l’engagement du Canada en Afghanistan où des milliers de personnes, talibans et autres, meurent sous les balles d’une force étrangère à laquelle participe le Canada. Cette participation a été prolongée au printemps dernier par un vote majoritaire du Parlement canadien. De plus, un budget de 14 milliards de dollars a été réservé pour la modernisation de l’armée et des armements. De quoi faire vivre les industries militaires au détriment de tout ce qui doit être fait pour sauver des vies, contrer des famines, réduire les maladies, enrayer les épidémies. Autant de besoins fondamentaux auxquels le Saint Siège a toujours été sensible.

J’ai pensé également à ce changement dans la politique étrangère du Canada qui passe d’une mission historique de médiateur pacifique, que l’ex Premier Ministre L.B. Pearson avait portée à son apogée dans les années 1960, à une mission militaire offensive au service de politiques belligérantes et d’intérêts régionaux non avoués. Je me suis souvenu de l’intervention de Jean-Paul II qui avait dénoncé l’intervention étasunienne en Irak. À ce moment, l’artillerie lourde du Vatican n’avait toutefois pas été mise à contribution comme c’est actuellement le cas. On n’avait pas fait appel à la mobilisation de tous les catholiques pour contrer les initiatives guerrières. D’ailleurs, cette condamnation n’avait pas empêché le Pape de recevoir, quelque temps plus tard, des mains de G.W. Bush lui-même, la médaille de la liberté. (http://humanisme.over-blog.com/article-139111.html ) Cette fois-ci, les choses semblent plus sérieuses.

QU’EN EST-IL VRAIMENT DE LA GUERRE ?

Au moment où le Parlement canadien débattait de la question du maintien de la participation du Canada dans la guerre offensive en Afghanistan, j’avais écrit une lettre aux Conférences épiscopales du Canada et du Québec pour les inviter à prendre position sur cette question. http://humanisme.over-blog.com/article-2077469.html Cette lettre est restée sans réponse et les prises de position que je surveillais ne se manifestèrent pas. Ce fut, à ma grande surprise, le silence complet. Il fallait croire que ce n’était pas une question suffisamment sérieuse pour faire l’objet d’une mobilisation de tous les catholiques canadiens. M. Harper, Premier Ministre du Canada, a donc pu compter sur leur silence.

LE MARIAGE DES PERSONNES DE MÊME SEXE

Aujourd’hui, l’Épiscopat canadien peut compter sur un retour d’ascenseur de la part de M. Harper. Ce dernier soumettra de nouveau au vote des Parlementaires la question du mariage pour les personnes de même sexe. Cette fois-ci l’Épiscopat canadien souhaite une victoire. Les stratégies ont été revues et la contribution de l’autorité morale de Benoît XVI peut faire la différence. La présente intervention du Pape porte, en effet, non pas sur la guerre mais sur le mariage des personnes de même sexe. Une initiative qu’il s’était bien gardé de prendre à l’endroit de l’Espagne, lors du voyage effectué récemment. C’est sans doute, qu’on croit, en haut lieu, que l’argument d’autorité aura raison de l’argument de conscience.


QUE CONCLURE ?

D’abord que se passe-t-il au Canada pour que tout chacun viennent nous dire quoi faire? Quand ce ne sont pas les dirigeants de Washington ce sont ceux du Vatican ou d’Israël. C’est comme si nous n’avions aucune autorité morale propre, aucune souveraineté qui nous définirait. La semaine dernière, c’était le sous-secrétaire d’État adjoint des Etats-Unis qui nous disait d’agir avec eux pour renverser le régime cubain. Peu de temps auparavant ce fut l’ambassadeur d’Israël qui s’offusqua de la position de certains canadiens sur l’invasion par Israël du Liban. Maintenant, c’est Benoît XVI qui vient nous dire comment disposer des droits de la personne. Il y a de quoi se poser des questions

En second lieu, je continue de penser qu’il appartient aux canadiens de disposer de la question du mariage des personnes de même sexe et non à des groupes de pression. Déjà cette question a été débattue et les parlementaires en ont disposé. Je pense qu’ils le feront de nouveau et dans le même sens. On verra bien jusqu’où iront les jeux de coulisse.

Pour ma part, tout en me définissant comme croyant, de cette FOI qui est DON DE DIEU, et catholique de cette CATHOLICITÉ QUI RENVOIE À L’UNIVERSALITÉ DES PERSONNES, je ne me sens aucunement lié par l’opinion de Benoît XVI ou de celle du Cardinal Ouellet. La conscience va au-delà des autorités, si importantes puissent-elles être. Elle consacre l’autonomie et la responsabilité des personnes. Elle répond ultimement aux impératifs qui s’imposent de l’intérieur. Dans un article relatif au mariage des personnes de même sexe, je posais trois questions au Cardinal Ouellet, questions auxquelles il n’a jamais répondu. http://humanisme.over-blog.com/article-139169.html Le temps est peut-être venu pour lui d’y répondre.


Oscar Fortin, théologien et politologue

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mercredi 6 septembre 2006

LA MAISON BLANCHE, LE CANADA ET CUBA


LA COMPLICITÉ ENTRE LE GOUVERNEMENT HARPER ET LA MAISON BLANCHE PERMET À CETTE DERNIÈRE DE VENIR NOUS DIRE, À NOUS CANADIENS, CE QUE NOUS DEVONS PENSER ET FAIRE POUR LES AIDER À FAIRE LA TRANSITION À CUBA, i.e À DÉSTABILISER LE GOUVERNEMENT ET À REPRENDRE LE CONTRRÔLE HÉGÉMONIQUE DE L'ILE. DANS UN ARTICLE PUBLIÉ DANS LE JOURNAL -LE SOLEIL- LE JOURNALISTE MICHEL C. AUGER RAPPORTE LES PROPOS DU SECRÉTAIRE ADJOINT. LE TEXTE QUI SUIT EST UNE RÉPONSE À CETTE INTERVENTION.
http://www.cyberpresse.ca/article/20060904/CPSOLEIL/60905022/5019/CPSOLEIL

M. Michel C. Aurger
LE SOLEIL


Dans l’Édition du 5 septembre qui m’a été livrée tout à fait gratuitement, comme par grâce, vous vous intéressez particulièrement à Cuba vu à travers la lorgnette de Washington. Les propos que vous rapportez du Secrétaire d’État adjoint pour l’hémisphère ouest des Etats-Unis sont, à ne pas douter, un fidèle reflet des échanges que vous avez eus. Je ne doute pas que votre intérêt pour Cuba et pour l’information vous conduira bientôt à un exercice semblable avec un haut gradé du ministère des Relations extérieures de Cuba. Ses propos, diffusés dans vos pages avec autant de générosité que vous l’avez fait pour ceux du Secrétaire adjoint, seront de nature à alimenter la réflexion et le jugement de vos lecteurs et lectrices.

Quant aux propos du Secrétaire d'État adjoint je vous fais part de quelques observations.

Ma première est que la mise en marche de la stratégie d’intervention et de déstabilisation de Cuba, annoncée récemment par l’Administration Bush, est bel et bien lancée. Les 80 millions $ US ont commencé à circuler dont un pourcentage important en faveur des medias qui doivent créer une information favorable aux objectifs visés. Qui sait si je ne leur dois pas le numéro gratuit de votre journal que j’ai trouvé à ma porte ce matin, avec en première page l’article que vous signez ?

Ma seconde observation porte sur cette liberté que se donnent nos voisins du sud pour intervenir directement dans la politique canadienne. Le Québec en ferait moins, que le Gouvernement canadien le rappellerait vite à l’ordre.

Ma troisième observation se réfère à l’usage démesuré de « la communauté internationale », comme s’il en était le porte-parole. Le Secrétaire adjoint semble ignorer que « la communauté internationale », celle qui siège aux Nations Unies, compte plus de 192 pays membres lesquels constituent la « communauté internationale ». Il y a moins d’un an, 182 de ceux-ci, dont le Canada, ont condamné le blocus illégal des Etats-Unis contre Cuba. C’est ce qui s’appelle vraiment la « communauté internationale ». Ce même Secrétaire n’est pas plus bavard sur la mobilisation des pays dits non alignés, plus de 118 actuellement, qui se rencontreront les 14 et 15 septembre prochain à la Havane et dont la solidarité avec Cuba ne fait pas de doute. J’ose espérer que Le Soleil sera présent pour couvrir cet évènement et que nous aurons l’occasion d’en suivre les principaux débats. Il faut enfin comprendre qu’il n’était pas dans son propos de relever les appuis toujours plus nombreux et diversifiés, dont 8 récipiendaires du Prix Nobel, demandant aux Etats-Unis de respecter la Souveraineté de Cuba. Nous pourrions également ajouter, nous canadiens, de respecter la Souveraineté du Canada.

Ma dernière observation porte sur l’usage qu’il fait du mot « démocratie ». Ce mot, dans la bouche des faucons de la Maison Blanche, prend une odeur nauséabonde. Au Venezuela où la démocratie existe plus que jamais, ces « apôtres » de la démocratie s’adonnent au transport, par valises diplomatiques, de charges d’explosifs et d’équipement de sabotage tout en répandant à profusion des dollars ($) pour faire déraper le processus démocratique existant. Au Mexique, nous assistons à un coup d’État électoral où celui qui a été déclaré vainqueur s’est refusé au recomptage complet de ces mêmes votes en vue de dissiper toute incertitude devant les nombreuses irrégularités relevées. La Maison Blanche suivi par le Canada s’étaient empressés de féliciter le candidat en question avant même qu’il ait été reconnu comme vainqueur par les autorités officielles. Quant à la Bolivie, nous assistons à beaucoup d’interventions pour faire échec aux réformes amorcées par Evo Morales. On dirait que lorsque la démocratie échappe au contrôle hégémonique des faucons de la Maison Blanche, elle n’est plus la démocratie..

En attendant votre prochaine intervention avec les propos du représentant de Cuba, j’ose espérer que le Canada affirmera sa souveraineté en se distanciant de ces visées impériales et qu’il donnera tout son appui au droit international et au respect de la souveraineté de Cuba. Je compte évidemment sur votre sens de la liberté d’expression pour que cette lettre trouve un petit espace dans votre journal.

Oscar Fortin

Québec, le 6 septembre 2006

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lundi 28 août 2006

LE VISAGE CACHÉ DU TERRORISME

DEUX FAITS RÉCENTS

Le 9 août dernier, un diplomate israélien est arrêté à l’aéroport international de Buenos Aires, Argentine, en possession d’une valise diplomatique remplie d’explosifs. Il était en partance pour Santiago du Chili. Heureusement qu’il n’était ni arabe, ni musulman, ni cubain ou vénézuélien, la nouvelle aurait vite fait la UNE de tous nos journaux et bulletins de nouvelles télévisés.

« Le mercredi 9 août dans l'après-midi, un important diplomate israélien a été arrêté par la Police de sécurité aéroportuaire (PSA) en possession d'une quantité considérable d'explosifs dans une mallette. Il était en partance pour le Chili, et il a été arrêté quelques minutes avant de monter dans l'avion. Malgré ses protestations courroucées, le commando de la PSA a procédé à son arrestation et communiqué les faits au ministère de l'Intérieur, qui ordonnait alors la plus grande discrétion. (www.alterinfo.net)

Le 23 août, au Venezuela, un envoi diplomatique de 20 valises, consignées comme effets personnels destinés à un diplomate de l’ambassade des États-Unis à Caracas, est inspecté. On y découvre, des explosifs, des mèches pour ces derniers et des détonateurs. Une autre valise aurait échappé au contrôle des enquêteurs et se trouverait actuellement en possession de l’Ambassade. On soupçonne qu’elle contienne des composantes d’armes pouvant servir à des roquettes.
Dans mon article plublié sur ce site sous le titre « TERRORISTES : QUE SONT-ILS ET QUI CROIRE ? » (http://humanisme.over-blog.com/article-2917239.html), je relève de nombreuses interrogations soulevées par les analystes concernant les versions officielles des actes terroristes qui sont spontanément attribués aux terroristes d’Al Qaeda, du Hezbollah ou de toute autre branche islamique, dite radicale. De plus en plus de personnes doutent des versions officielles qui ont vite fait d’identifier les auteurs de ces actions « non civilisées » qui tuent et blessent d’innocentes victimes. Pourtant, les deux exemples, plus haut mentionnés, ne font aucun doute quant à leurs auteurs et n’ont pas beaucoup à voir avec le drapeau de la non violence.

Dans le premier cas, celui de l’Argentine, plusieurs analystes voient la confirmation que ceux qui se font les victimes d’attentats en sont bien souvent les auteurs, souhaitant ainsi en faire porter le fardeau à leurs ennemis potentiels ou réels. Ils ne sont pas sans faire le lien avec les attentats contre l’ambassade d’Israël en 1992 et contre le Centre communautaire AMIA, en 1994, faisant une centaine de morts. Voici quelques extraits de l’analyse qu’en fait l’auteur.

« Vers l'invention d'un « troisième attentat »
En juin 1997, la revue électronique Libertad de Opinión diffusait les résultats de son enquête exclusive(relative aux attentats de 1992 et de 1994) : selon les rapports présentés par les ingénieurs chargés de l'expertise, il n'y eut aucune voiture piégée dans l'attentat contre l'ambassade, dont le bâtiment a été le siège d'une implosion, survenue à l'intérieur des locaux ; on y aurait même fabriqué a posteriori un cratère pour justifier la théorie d'un véhicule chargé d'explosifs, version soutenue par les dirigeants sionistes locaux. En mai 1999, la version papier de la revue Libertad de Opinión diffusait un autre article expliquant pourquoi de nombreux enquêteurs renonçaient à l'hypothèse islamique et envisageaient la probabilité que dans le second attentat aussi, il s'agisse d'une implosion, produite par l'explosion d'une caisse chargée d'explosifs, envoyée par la Communauté Israélite de Córdoba (Argentine). Nous mettons en ligne ces deux informations :
1 - On constate que malgré les intérêts puissants qui ont tenté d'étouffer ces conclusions, aujourd'hui les faits confirment l'analyse de Libertad de Opinión : les personnes poursuivies au départ ont toutes été relâchées, faute de preuves, et l'ex-juge Galeano [responsable de l'instruction] est mis en accusation ; l'ex-président de la DAIA (Délégation Amitié Israël Argentine) Rubén Beraja, escroc reconnu coupable de plusieurs faillites bancaires, fait également l'objet de poursuites, ainsi que le journaliste de Página 12 Raul Kollman, fabriquant de mensonges soutenu par le sionisme local.
2 - Quelques semaines avant qu'Israël ne déclenche sa nouvelle agression contre la Palestine et le Liban, la DAIA et le Centre Wiesenthal ont émis des communiqués de presse alertant sur la préparation d'un « troisième attentat » en Argentine. Parallèlement, depuis les États-Unis, le Pentagone et la Maison Blanche, partaient des rumeurs d'enquêtes présumées concluant aux “dangers latents” localisés dans la région de la Triple Frontière [Argentine, Paraguay, Brésil] du fait de la présence d'une importante communauté arabe « islamique », évoquant même l'arrivée de combattants d'al Qaida sur les lieux. (…)

D'après nos informations, c'est en Amérique latine qu'Israël prépare un coup d'éclat en ce moment, pour parer à l'indignation croissante des gouvernements locaux contre la barbarie sioniste. Pas un gouvernement latino-américain n'a soutenu Israël, ni n'a d’ailleurs critiqué ouvertement le Hezbollah. L'Argentine serait une cible privilégiée pour une grande opération médiatique, avec le précédent des attentats de 1992-1994, et le réveil de sa communauté musulmane. Le Chili s'y prêterait aussi, parce qu'une importante communauté palestinienne y réside. Tout ceci correspond parfaitement à la saisie opérée à l'aéroport d'Ezeiza. Nous espérons que le gouvernement agira maintenant selon l'intérêt national, et fera savoir ce qui s'est passé à Ezeiza ; qu'il donne l'identité complète du diplomate israélien, ouvre une enquête judiciaire, et exige des explications de la part du régime hébreu; au cas où il continuerait à cacher les faits, les risques pour l'Argentine et pour la sécurité des habitants sont imprévisibles. Le Réseau Kalki estime avoir fait son devoir d'information des citoyens. Traduit de l'espagnol par Maria Poumier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft. »

Dans le second cas, celui du Vénézuéla, les objectifs poursuivis seraient, entre autres, de nuire à la candidature du Venezuela au siège disponible au Conseil de Sécurité des Nations Unies et cela en le faisant passer pour un État délinquant au prise avec des conflits internes majeurs. Il va de soi que cette candidature dérange et qu’elle n’est pas souhaitée par le grand frère étasunien. Le second objectif, quant à lui, viserait à déstabiliser par des actions terroristes le gouvernement en cette période d’élection présidentielle. Ce ne serait pas la première fois que ce stratagème de la couverture diplomatique serait utilisé pour couvrir des actions clandestines. On rappelle, à cet effet, que la mitraillette utilisée pour assassiner Allende était entrée au Chili sous le couvert d’une valise diplomatique étasunienne.

QUE CONCLURE ?

Si, depuis le 11 septembre 2001, le TERRORISME est devenu, pour les apôtres de l’axe du bien, l’ennemi numéro 1 à abattre, il n’en demeure pas moins une arme utile à utiliser pour ajuster l’opinion publique à leurs projets d’intervention un peu partout dans le monde et de façon toute particulière au Moyen Orient, là où coule en abondance le pétrole. L’ajustement des discours de nos dirigeants sur les grandes valeurs de l’Occident chrétien n’est que de la poudre aux yeux. La Démocratie, la Liberté, le Respect des personnes, sont plus que jamais bafouées par ces apôtres de la lutte au terrorisme. Ils font appel aux Nations Unies lorsque cela leur convient, et lorsque ça ne leur convient pas ils l’ignorent. Au Mexique ils manipulent le vote du peuple afin de placer le candidat qui leur convient, peu importe le vote du citoyen. Au Venezuela, ils introduisent des armes et ils financent à coup de millions de dollars des groupes extrémistes pour empêcher le peuple d’élire de nouveau celui qui les rallie, Chavez. À Cuba, ils se présentent comme les grands défenseurs de la démocratie en maintenant un blocus condamné depuis des années par l’Assemblée générale des Nations Unies et en déversant des dizaines de millions de dollars pour renverser le gouvernement. Que dire des morts, des blessés, des prisonniers et torturés en Irak, en Afghanistan, à Guantanamo, au Liban et dans diverses prisons disséminées dans des pays peu scrupuleux du respect des droits de la personne ? Il faut regretter que le contrôle des medias ne permette pas toujours la diffusion d’une information qui éclairerait plus largement et plus librement les gens. Le mensonge et les demies vérités règnent en maître.

Le peuple dans son ensemble et toutes les personnes de bonne volonté sont pris en otages par des dirigeants sans scrupule, eux-mêmes soumis à des puissances financières qui n’ont que faire de l’humanisme et des valeurs qui lui assurent une identité.

Oscar Fortin
29 août, 2006