mardi 30 octobre 2007

LETTRE AU PREMIER MINISTRE DU CANADA

Monsieur le Premier ministre,


Je viens de prendre connaissance d’une rencontre réalisée à Prague entre le 7 et le 9 octobre, rencontre à laquelle aurait participé La Gouverneure générale du Canada, Michaelle Jean. Il n’y aurait pas de quoi s’inquiéter si la rencontre en question n’était que protocolaire. Loin de là. L’information dont je dispose et qui est reproduite en espagnol dans un périodique vénézuélien (Caracas, 28 octobre Tribuna Popular TP), dit ce qui suit :


« Entre le 7 et le 9 octobre 2007, se sont réunis à Prague des officiels étasuniens de haut rang avec les représentants des secteurs d’opposition du Venezuela pour exiger de ces derniers qu’ils demandent à la Cour Suprême de leur pays de considérer la Réforme constitutionnelle comme un Coup d’État politique. De plus ils exigèrent de l’opposition : qu’elle appelle à des soulèvements sociaux; qu’elle organise des actes de sabotage contre l’économie et les infrastructures; qu’elle détruise la chaîne de transport alimentaire et qu’elle organise par tous les moyens possibles un coup d’état, incluant la violence sanglante générée par des paramilitaires colombiens et vénézuéliens.


À cette réunion de planification (…) participèrent, entre autres, Paul Wolfowitz, ex directeur de la sécurité nationale étasunienne, Madeleine Albright, ex secrétaire d’état, Aljakdsandr Milinkeviv, MICHAELLE JEAN et HumbertoCelli Gerbasi,… »


Nous savons que notre Gouverneure Générale était à Prague le 7 octobre dernier pour ouvrir la 11e conférence annuelle Forum 2000 Prague. Vous conviendrez avec moi que le pas est vite franchi pour identifier la Michaelle Jean de la rencontre à la Michaelle Jean, Gouverneure générale du Canada.


Il en va de l’intérêt et de la crédibilité internationale du Canada que cette affaire soit tirée au clair. Si la Gouverneure générale du Canada a effectivement participé à une telle réunion, laquelle a toutes les caractéristiques d’une rencontre terroriste, il faut qu’elle remette sur le champ sa démission et que le Gouvernement canadien fasse savoir aux canadiens et au monde que son gouvernement ne saurait d’aucune façon cautionner pareilles initiatives.


Je vous transmets, en pièce jointe, l’article intégral portant le titre :


“PREPARAN OTRO GOLPE CONTRA EL PUEBLO VENEZOLANO…”


À l’avance, je vous remercie de l’attention que vous porterez à cette lettre et des suites que vous lui donnerez.

Bien à vous

Oscar Fortin

30 octobre 2007

cc. Gilles Ducepte
Jack Layton
Stéphane Dion

DES TERRORISTES AU VENEZUELA


Nous savons tous que la démocratie au Venezuela a donné au peuple, avec plus de 60 % des votes, le contrôle du pouvoir qu’incarne Chavez et son gouvernement. Élections et référendum, tous sous haute surveillance internationale, ont sans cesse confirmé cette volonté du peuple à poursuivre dans le sens des orientations de l’actuel gouvernement. Il en ira de même pour le présent projet de réforme constitutionnelle qui est débattu dans toutes les instances politiques, économiques, sociales et religieuses et qui sera soumis en décembre prochain à un Référendum national. Il appartiendra alors au peuple vénézuélien d’en décider en toute démocratie. Cette démocratie pour laquelle nos soldats, selon la version officielle du gouvernement canadien, combattent en Afghanistan.

Il est évident que les préoccupations et les intérêts de ce 70% de la population, actuellement au pouvoir, ne rejoignent pas toujours les préoccupations et les intérêts de ces 20% à 30% de ceux et celles qui contrôlaient, il n’y a pas encore si longtemps, ce même pouvoir. Pas plus d’ailleurs, ces derniers, dans l’exercice de ce même pouvoir, ne rejoignaient les intérêts de ceux et celles qui croupissaient alors dans la misère de l’analphabétisme, de la maladie, du sous emploi, de la sous alimentation ainsi que de la privation de toute participation politique. Les richesses du pays avaient d’autres destinataires. Les classes privilégiées, l’oligarchie nationale de mèche avec les multinationales et le gouvernement des États-Unis ont bénéficié de ce climat de prospérité auquel le système leur donnait accès. Il n’était alors pas question de se défaire d’une démocratie qui les servait si bien.

Depuis l’avènement de Chavez et la mobilisation du peuple, les maîtres d’hier sont sans cesse mis en minorité dans le système démocratique dont ils se sont fait les apôtres. Pour reprendre le pouvoir, il leur faut trouver une alternative à ce processus électoral qui leur est défavorable. Ils se concertent donc pour définir une manière de reprendre ce pouvoir. Dans le journal vénézuélien Tribune- Populaire (http://www.tribuna-popular.org/), daté du 28 octobre 2007, sous le titre : Ils préparent un nouveau coup d’État contre le peuple vénézuélien, nous pouvons lire jusqu’où ils sont capables d’aller et comment ils en arrivent à se couvrir du manteau de la démocratie et de la liberté.

L’article en question fait état d’une rencontre à Prague, entre le 7 et le 9 octobre dernier, de hauts représentants étasuniens avec des secteurs de l’opposition vénézuélienne. Ils exigent de ces derniers :

1. qu’une demande soit adressée à la Cour Suprême du Venezuela à l’effet que la présente Réforme constitutionnelle soit déclarée « coup d’état politique »;

2. que soient provoqué des soulèvements sociaux en encourageant des actions de sabotage contre l’économie et les infrastructures;

3. que l’on détruise la chaîne de transport alimentaire;

4. que l’on organise par tous les moyens possibles un coup d’état, incluant l’effusion de sang provoquée par des paramilitaires colombiens et vénézuéliens.

À cette réunion de planification assistèrent, entre autres, Paul Wolfowitz, ex directeur de la sécurité nationale étasunienne, Madeleine Albright, ex secrétaire d’état, Aljaksandr Milinkeviv, Michaelle Jean et Humberto Celli Gerbasi, bien connu comme agent provocateur de l’Action Démocratique vénézuélienne. Tous ces personnages seraient directement impliqués dans la planification des actions terroristes dont l’objectif est de renverser un gouvernement démocratiquement élu et d’empêcher la tenue d’un référendum sur la Réforme constitutionnelle qui assurera au peuple vénézuélien la protection de ses pleins pouvoirs.

Ce plan est déjà en opération à travers le canal privé de télévision, Globovision, également à travers la mobilisation de certains groupes d’étudiants bénéficiant d’une couverture internationale importante et il en est également de même avec la déclaration de la Conférence épiscopale vénézuélienne (CEV) donnant la base idéologique à cette stratégie d’intervention.

Si cette information s’avérait vraie et que les personnes plus haut mentionnées aient été effectivement présentes à une telle réunion, elles devraient être dénoncées par la communauté internationale et être jugées pour incitation à la violence, incluant l’assassinat. J’ose espérer que la Michaelle Jean, dont il est question dans cet article, n’a rien à voir avec la Michaelle Jean qui occupe le poste de Gouverneure Générale du Canada. Si jamais il s’avérait qu’elle soit impliquée dans un pareil complot, ce dont je doute fortement, sa démission devrait être demandée sur le champ.

Oscar Fortin
http://humanisme.blogspot.com/
30 octobre 2007

jeudi 25 octobre 2007

BUSH, LA DÉMOCRATIE ET LA LIBERTÉ

Au moment où la Californie est en feu et que de partout on se préoccupe des moyens à prendre pour y mettre fin, qu'une offensive majeure se prépare contre l'Iran, Georges W. Bush, Président des États-Unis, convoque la presse nationale et internationale pour ne parler que de Cuba et faire savoir que son Administration soutient ce peuple dans sa lutte pour la démocratie et la liberté. Du même souffle il annonce de nouvelles sanctions qui pénalisera ce même peuple et invite la communauté internationale à en faire autant.

« Le moment est venu de soutenir le mouvement pour la démocratie qui est en train de grandir sur l'île (...) Le moment est venu pour le monde de laisser de côté ses différences et de préparer pour les Cubains une transition vers un avenir prometteur de liberté et de progrès», a dit M. Bush, entouré de proches de prisonniers politiques. »

Comment peut-il inviter la communauté internationale à le soutenir alors qu’elle vote, année après année, à plus de 98% des voix de l’Assemblée générale des Nations Unies, contre ce blocus qui défie le droit international ? Loin de prendre en considération ce rejet massif pour en revoir la nature, il le durcit. Comment peut-il se faire l’apôtre de la démocratie alors qu’il se fait l’adversaire acharné de la démocratie bien vivante, entre autres, au Venezuela, en Bolivie, en Équateur ? Déjà, nous nous souvenons tous du sort que l’administration républicaine d’alors avait réservé à la démocratie sous Salvador Allende. Il ne fait pas de doute que sa passion pour la démocratie et la liberté, n’existe que si ces dernières leur réservent suffisamment de pouvoirs pour leur permettre de contrôler le peuple et les gouvernements qu’il se donne. C’est cette démocratie et cette liberté qui lui convient. D’ailleurs, l’Irak et l’Afghanistan répondent bien à ce modèle, tout comme la plupart des pays placés sous son aile, comme c’est le cas actuellement du Chili, du Canada et du Mexique.


Cuba résiste à cette emprise de l’empire sur l’Ile depuis cinquante ans et, plus récemment, les peuples de la Bolivie, du Venezuela, de l’Équateur et du Nicaragua, de façon tout à fait démocratique, ont pris cette même orientation. C’est là que le bas blesse : l'empire ne peut accepter que des peuples en décident autrement de ce qu’il veut. Tous les moyens deviennent alors bons pour reprendre ce contrôle, surtout le mensonge, l’hypocrisie et la violence. Pas surprenant que la démocratie et la liberté deviennent des mots qui perdent tout leur sens lorsqu’ils se retrouvent dans la bouche de celui qui en est devenu le grand maître.


Cuba n’a pas tardé à donner une réplique aux propos de M. Bush. C’est le ministre des Relations extérieures de Cuba, Felipe Perez Roque, qui a répondu au nom de son gouvernement. Son intervention se trouve intégralement en français à l’adresse internet qui suit :


Il faut espérer que nos grands médias qui ont accordé beaucoup d’attention aux propos de M. Bush en feront tout autant pour ceux de M. Roque. La profession journalistique pour une information objective oblige. Elle est même partie de la démocratie et de la liberté.


Il est dommage, évidemment, que des gens de bonne foi se laissent encore convaincre par ce type de discours. Ce l’est encore davantage lorsque des gens de mauvaise foi en prennent prétexte pour mieux protéger leurs intérêts et se donner ainsi bonne conscience. Ils en deviennent alors complices.

Oscar Fortin
25 octobre 2007

lundi 10 septembre 2007

ÉLECTIONS AU GUATEMALA


Qui ne se souvient, à pareille date l’an dernier, de la chaude lutte menée par l’Administration Bush contre la candidature du Venezuela au siège non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies. Pour y arriver, elle suscita la candidature du Guatemala, petit pays de l’Amérique centrale (12.6 M d’habitants), cherchant par tous les moyens à y rallier le plus grand nombre de pays de la région. Devant l’impasse, le Venezuela accepta de retirer sa candidature pour autant que le Guatemala en fasse autant. Mais quel était donc ce pays que l’Administration Bush voulait voir siéger au Conseil de Sécurité des Nations Unies?



Hier, 9 septembre, après une campagne électorale des plus sanglantes, c’était jour d’élection au Guatemala. Voici ce qu’en dit La Presse Canadienne dans son dernier reportage.



« Outre le scrutin présidentiel, les électeurs guatémaltèques étaient appelés aux urnes pour des élections législatives et municipales à l'issue de la campagne la plus violente de l'histoire de ce petit pays d'Amérique centrale. Pas moins de 34.000 policiers et soldats étaient mobilisés dimanche pour veiller au bon déroulement du scrutin.

Ces quatre derniers mois, une cinquantaine d'hommes politiques, militants et leurs proches ont ainsi été tués par balles, poignardés ou étranglés. Avec plus de 5.000 homicides par an, le Guatemala est le pays le plus violent d'Amérique centrale.

Le scrutin s'est déroulé dans un calme relatif après une campagne marquée par des violences, mais a donné lieu à des incidents dans la ville de La Ceiba, à environ 50 kilomètres au sud-est de la capitale, Ciudad de Guatemala, où quelque 3.000 personnes ont mis le feu à un bureau de vote, avant de brûler des bulletins dans un autre bureau. La foule a été dispersée par la police, qui a dû user de gaz lacrymogènes.

Les manifestants accusaient le maire de La Ceiba, qui brigue un nouveau mandat, d'avoir fait venir des habitants du Salvador voisin pour voter en sa faveur. »

Imaginons un seul instant que pareille situation se soit produite lors des élections au Venezuela! Qu’aurait-on dit de la démocratie et de la légitimité de pareil scrutin ?

Le Guatemala, selon plusieurs observateurs, est un Etat capturé par les trafiquants de drogue, le crime organisé, les gangs,
la corruption, l'impunité et la pauvreté."

Colom, candidat à la Présidence et ancien vice-ministre de l'Economie dont plusieurs membres de la famille ont été assassinés lors de la guerre civile, s'est engagé pour sa part à réformer la police et la justice. Il a également répété que la victoire de son principal adversaire ramènerait le pays aux heures sombres de son histoire. En effet, Perez Molina, ancien chef du renseignement militaire pendant la guerre civile de 1960-96, partisan de la peine de mort veut renforcer l’action de l’armée et de la police.


Un rapport soutenu par l'Onu attribue à l'armée 85% des assassinats et disparitions de quelque 250.000 Indiens mayas pendant la guerre civile.


Voilà la candidature qu’avait alors choisie l’Administration des « forces du bien » pour siéger au Conseil de sécurité des Nations Unies? Il ne fait pas de doute qu'elle saura appuyer son candidat de droite, Perez Molina, lors du second tour. Même s'il est second suite au premier tour, je vous prédis qu'il sortira vainqueur au second tour. La démocratie a parfois de ces secrets qui rendent possible l'impossible.

Oscar Fortin
10 septembre 2007

dimanche 26 août 2007

BENEDICTO XVI y JESUS DE NAZAREHT: Tomas de posturas y silencios

Podemos aplicar al conjunto de la obra de Joseph Ratzinger la constatación que él mismo anticipa acerca de que las distintas corrientes de interpretación del "Reino de Dios" se basan en los postulados y la visión fundamental de la realidad de cada exegeta (p.80). No cabe duda de que el autor de Jesús de Nazareth (Flammarion 2007) no escapa a este condicionamiento. Ya su larga trayectoria en la Curia romana y, muy en particular, a la cabeza de las Congregaciones de la Doctrina de la Fe, revelan algunas fijaciones filosóficas, teológicas e ideológicas que irán apareciendo a lo largo de esta larga meditación. Sus silencios sobre algunos textos y, en cambio, la cita de otros vienen a señalar algunas de estas orientaciones.


No cabe duda de que otras meditaciones sobre el mismo tema realizadas por Dom Helder Camara, que vivía en los barrios pobres de Brasil, o por Monseñor Oscar Romero, comprometido en el servicio del pueblo perseguido en El Salvador, o por el padre Ernesto Cardenal, sacerdote en un medio desfavorecido en Nicaragua o también el abbé Pierre que vivió con sus “sin techo” en los barrios pobres de París serían muy diferentes de las que encontramos en el volumen de Joseph Ratzinger. Se partiría, por tanto, en todos los casos, del mismo Jesús de quien nos hablan los Evangelios.


Más académico que pastoral, más cristológico que histórico, el libro está atravesado por una preocupación fundamental, la de centrar todo en Dios, el Padre a quien Jesús nos reenvía por su persona divina y su obediencia hasta la muerte en la cruz. El autor nos dice que Jesús es la actualización de la Torah (ley) y que, en él, se encuentra la justicia y "la aceptación de la entera voluntad de Dios, la voluntad de tomar sobre sí el `yugo del Reino de Dios " (p.37). La Iglesia cultual es la prolongación en el tiempo de esta aceptación de Jesús y del Reino de Dios del cual es la encarnación.


En la presente reflexión querría atenerme a dos aspectos que me parecen significativos en cuanto a las orientaciones fundamentales del autor: en primer lugar sus silencios sobre algunos textos y corrientes de pensamiento teológico, y, luego, las posturas adoptadas y sus silencios sobre algunas cuestiones relativas al compromiso social y político de los cristianos.


1. LOS SILENCIOS SOBRE ALGUNOS TEXTOS Y CORRIENTES DE PENSAMIENTO TEOLÓGICO


En el relato del Bautismo de Jesús, cabe advertir la ausencia de tres referencias, sin embargo importantes y capaces de proyectar una luz particular sobre el advenimiento de Jesús y de su misión en el corazón de esta humanidad a la que pertenecemos todos. En primer lugar el primer encuentro de Jesús con Juan Bautista en el momento de la visita de María a su prima Isabel. Esta última, embarazada de Juan Bautista, al oír el saludo de María, sintió al niño saltar en su seno y se llenó del Espíritu Santo. "Bienaventurada la que creyó: lo que el Señor ha dicho se cumplirá”. Entonces María dijo:


"Desplegó la fuerza de su brazo; dispersó a los hombres de pensamiento orgulloso; derribó a los potentados de sus tronos y exaltó los humildes; a los hambrientos colmó de bienes y a los ricos, los despidió con las manos vacías (Lc. 1, 51-55).


Se trata de un fragmento del cántico (el Magnificat) que los católicos tienen la costumbre de cantar en ocasión de celebraciones festivas. En el contexto social del tiempo en que, según los datos del autor (p.96), el 90% de los habitantes de la región formaban parte de la clase de los pobres, esta exclamación profética que Lucas pone en boca de María no caía en oídos sordos. El orden del mundo, establecido por los reyes, los emperadores y a menudo sostenido o tolerado por los grandes sacerdotes, no era el querido por Dios. En este contexto los zelotas, revolucionarios del tiempo de Jesús, quisieron cambiar este orden de las cosas y los esenios se apartaron del templo de Herodes para formar comunidades familiares y monásticas en el desierto (pp.32-33).


La llegada de Jesús aporta, pues, una nueva esperanza en cuanto a la próxima llegada de un nuevo orden en el mundo. Su vida y su misión precisarán la naturaleza de este nuevo orden. Una primera referencia, por lo tanto, en absoluto anecdótica, que habría sido importante señalar para comprender mejor el desarrollo de la misión de Jesús en el mundo. Este texto tiene en cuenta el mundo político y económico. En efecto, cuando se derriba a los poderosos de su trono y se despacha a los ricos con manos vacías, no es para actuar política y económicamente de modo totalmente neutral. Hay algo que cambia en la organización de las relaciones de grupos y personas. El autor en cambio eligió, en este caso, atenerse al Evangelista Juan (1,31-33) que hace decir al Bautista, hablando de Jesús, "que no lo conocía" (p.34).


El segundo encuentro ocurre, treinta años más tarde, en el Jordán. Allí se encuentra con un Juan Bautista que no modera sus palabras allí donde muchos fariseos y saduceos venían a hacerse bautizar:


“Raza de víboras, ¿quién os ha mostrado el medio de escapar de la cólera inminente? Dad pues fruto que prueba la conversión; y no os contentéis con decir: `Tenemos por padre a Abraham". Ya que os digo, que de estas piedras Dios puede dar hijos a Abraham. Ya el hacha está dispuesta a atacar la raíz de los árboles; todo árbol que no dé buen fruto será cortado y arrojado al fuego” (Mt.3, 7-10).


Este texto no es obviamente blando para una gente que se reclama de la fe en Abraham, pero que sólo vive de cultos y apariencias tras los cuales se oculta mucha hipocresía. El bautismo de Juan hace en un primer momento una llamada al examen completo de estas astucias y en un segundo momento a una nueva manera de vivir. Incluso una nueva escala de valores se impone. Con todo cuando se leen los comentarios del autor ante estos dos grupos, el lector puede fácilmente constatar que los cubre con una cierta comprensión. ¿De hecho, no suponen para el judaísmo lo que el autor y las jerarquías son para la Iglesia? La tentación de trasladar estas invectivas a los grandes sacerdotes y los doctores de la ley de hoy no carece totalmente de fundamento. El autor sabe seguramente algo de todo ello.


Los saduceos, que forman mayoritariamente parte de la aristocracia y la clase sacerdotal, se esfuerzan en vivir un judaísmo instruido, conforme al modelo espiritual del tiempo, y tratando de adaptarse a la soberanía romana... El modo de vida de los fariseos encontrará una encarnación duradera en el judaísmo impregnado por el Mishna y el Talmud... No hay que olvidar que la gente que fue hacia el Cristo procedía de horizontes muy distintos y que la comunidad cristiana primitiva comprendía también a muchos sacerdotes y antiguos fariseos (p.33).


Los zelotas, por el contrario, no se benefician de tanta compasión por su parte. "Estos últimos no rechazan ni el terror, ni la violencia para restaurar la libertad de Israel. Los fariseos [...] intentan por su parte llevar una vida de observancia estricta de los preceptos de la Torah..." (p.32).

En sucesivas ocasiones Jesús se enfrenta con esta gente que intenta atraparlo de cualquier modo. No en vano Mateo les consagra prácticamente un capítulo completo, poco antes de que Jesús sea condenado por aquellos mismos a morir en la cruz. Jesús no va con guantes blancos, por lo que se pone de manifiesto la seriedad del tema tratado y su impacto en la comunidad de creyentes. Joseph Ratzinger no insinúa ni siquiera una palabra que supongan precisiones esenciales sobre "la verdadera voluntad del Padre". Me permitiré citar sólo algunos extractos. Es necesario recordar que es el Hijo de Dios el mismo que habla, el mismo que será llamado a juzgar el mundo:


" ¡Ay de vosotros, escribas y fariseos hipócritas, que cerráis a los hombres el Reino de los Cielos! ¡Vosotros ciertamente no entráis; y a los que están entrando no les dejáis entrar!


¡Ay de vosotros, escribas y fariseos hipócritas, que recorréis mar y tierra para hacer un prosélito y, cuando llega a serlo, le hacéis digno de condenación el doble más que vosotros!


¡Ay de vosotros, escribas y fariseos hipócritas, que pagáis el diezmo de la menta, del hinojo y del comino, y descuidáis lo más importante de la Ley: la justicia, la misericordia y la fe! Esto es lo que hay que practicar, aunque sin descuidar aquello (ver Mt 23,1-33). "


Si Jesús se detuvo tanto en este punto, insistiendo en ello de nuevo a menudo, muy a menudo, y en todo caso más que a otras cuestiones como la sexualidad, el culto e incluso la riqueza, es que era algo importante. ¿Entonces, cómo explicar que el autor no haya destacado y comentado estas declaraciones de Jesús en un libro cuyo objetivo es precisamente presentarnos su persona y su mensaje?


Los comentarios del autor sobre este aspecto de la personalidad de Jesús y sobre la importancia que concede a esta cuestión habrían dado luz seguramente al lector. Habrían permitido hacer una autocrítica de los actuales doctores de la ley e indicar, como lo han hecho Juan Bautista y Jesús, la naturaleza de la verdadera conversión a la que atenerse. Pienso que cualquier lector habría estado a la vez atento a este análisis e indulgente ante algunos "mea culpa" exigidos por el Bautismo de Juan y las invectivas de Jesús.


El autor prefiere sin embargo ignorar estos dos pasajes y tomar más en consideración a los zelotas, promotores de violencia y terror. En su defensa cabe no obstante tener en cuenta que si el levantamiento de los zelotas, aplastado por los soldados romanos, terminó en un baño de sangre del que ellos mismos fueron víctimas, no fueron objeto de reprimendas por parte de Juan Bautista, como fue el caso de fariseos y saduceos.


El tercer texto silenciado es precisamente el referente a la conversión. A la muchedumbre que le pedía qué era necesario hacer, Juan responde:


"Si alguien tiene dos túnicas, que comparta con el que no tiene; si alguien tiene de qué comer que haga lo mismo”. Los recaudadores de impuestos también vinieron a hacerse bautizar y le preguntaron: “Maestro, ¿qué debemos hacer?". Les dice: "No exijáis más de lo que está fijado”. Los soldados le preguntaban: "Y nosotros, ¿qué debemos hacer?". Les dice: “No hagáis extorsión a nadie, no hagáis denuncias falsas y contentaos con vuestra paga" (Luc 3. 10-14).


Es otra referencia que proyecta una luz particular sobre el nuevo espíritu que en adelante debe inspirar a quienes piden el bautismo de Juan. Se encuentran aquí elementos importantes para la conversión. El compartir, la honestidad en las tareas que se nos confían. Esta honradez no depende sólo de las exigencias del patrono, sino también en función de los clientes, de los accionistas, de los electores.

Todos sabemos que el sistema de competencia y beneficios no guarda siempre el escrúpulo de la honestidad como la primera de sus preocupaciones. Cada oficio, cada profesión encierra sus pequeños secretos que permiten redondear muchas facturas. Si de la noche a la mañana todo el mundo se negara a colaborar en estas astucias encaminadas a inflar las facturas, a aumentar indebidamente las rentas, nos encontraríamos rápidamente en un nuevo mundo, un mundo donde la palabra honradez recuperaría su sentido original. ¿La conversión no consiste, entre otras cosas, en negarse a todas estas marrullerías? A los soldados, algunos de los cuales habían participado quizá en la represión de los zelotas, les pide no hacer ni violencia ni extorsión a nadie. Por el contrario para el autor, el Bautismo de Juan Bautista "implica el reconocimiento de la falta y una solicitud de perdón para conocer el renacimiento..." (p.37). Algo que no se deduce como tal de los textos que enmarcan este Bautismo de Jesús.


Cabe preguntarse cómo este pasaje de los Evangelios sobre la conversión ha podido escaparse a un autor tan informado. Habría sido interesante contar, a la luz de este texto, con su análisis de las distintas recomendaciones de Juan Bautista. Entre otras cosas habría sido interesante oírle hablar del compartir, la honradez, la violencia.


SILENCIO SOBRE LA TEOLOGIA DE LIBERACION


Aunque se percibe que la teología de la liberación se encuentra detrás de algunas de las posturas adoptadas, no se dice ninguna palabra. La ocasión para discutirlo habría sido pertinente en el contexto de las reflexiones que el autor hace sobre el Reino de Dios. En esta sección, el autor resalta las distintas maneras de comprender, a lo largo de la historia, lo que significa este anuncio del Reino de Dios. Parece especialmente preocupado por la naturaleza de la manifestación de ese Reino en nuestro mundo. ¿Es la Iglesia en sus encuentros cultuales? ¿Es un Reino muy interior que se vive en la intimidad de una relación mística con Dios? ¿Es la llegada de un mundo de justicia y paz al cual todas las religiones se unirían sin por ello abandonar sus cultos propios?


Para las dos primeras hipótesis recurre a los distintos autores y a las opiniones desarrolladas sobre una u otra de ellas. En cuanto a la última hipótesis no se cita ni interpela a ningún autor. Esta hipótesis, la resume por otra parte así:


"El carácter central del Reino sería precisamente el corazón del mensaje de Jesús, y constituiría la vía que permitiría reunir finalmente las fuerzas positivas de la humanidad en la marcha hacia el futuro del mundo. "Reino" designaría, pues, simplemente un mundo donde reina la paz, la justicia, y donde se preserva la creación. No se trataría de nada más. Este "reino" debería instaurarse como finalidad de la historia (pp.74-75)."


Este enfoque, del que no se sabe de dónde procede, alcanza no obstante por algunos de sus enunciados las preocupaciones de la teología de la liberación. Hubiera sido importante que Joseph Ratzinger se tomara un tiempo para resumírnoslo y para comentarlo. De la misma manera, por otra parte, que hizo respecto a otros enfoques.


La presentación de este pensamiento habría aportado a esta meditación elementos interesantes que compartir, tanto más cuando es un pensamiento profundamente comprometido. Es un pensamiento fuertemente anclado en la realidad social, política y económica en la cual evolucionan, en dependencia y pobreza, más de dos tercios de la humanidad y con los cuales Cristo resucitado está manos a la obra. Habría sido iluminador que el autor precisara en qué se disocia de este pensamiento. Sabemos que varios de estos teólogos de la liberación han sido suspendidos, que algunos han sido condenados y otros asesinados. La gran mayoría de los que han sido reducidos al silencio por las autoridades vaticanas se quejan, por otra parte, de la mala fe con la cual se les hace decir lo que no dicen para apartarlos de sus tareas de enseñanza y de formación. Una carta muy emotiva de uno de ellos, Jon Sobrino, jesuita, dirigida al General de su orden, aborda ampliamente estas posturas acusatorias.


Todo esto viene a decir que la reflexión del autor era más pertinente cuando él mismo tuvo la oportunidad de dialogar con varios de ellos e, incluso, de sancionar unos cuantos de estos teólogos. No hay duda de que tal discusión lo habría aproximado a la realidad latinoamericana, el sujeto que se abstuvo de tratar directamente. ¿Sería para evitar las susceptibilidades de quienes desempeñan allí un papel dominante y cuyas actitudes conflictivas le habrían obligado a tomar postura? Si el juicio que emite en la página 75 particularmente se refiere a esta teología, hubiera sido importante que lo precisara. ¿Cuál es este juicio?


En una observación más atenta todo este razonamiento se revela como una habladuría utópica sin contenido real, a menos de postular sin decirlo que son las doctrinas partidarias las que deberán determinar el contenido de estos conceptos que cada uno será obligado a aceptar (p. 75).


Su aplicación explícita a la teología de la liberación daría a los autores promotores de ella la ocasión de responder precisando su propio pensamiento.


2. ANÁLISIS Y TOMAS DE POSTURA POLÍTICA Y SOCIAL


El autor, Joseph Ratzinger, nos sorprende por ciertos análisis de la realidad social, política y económica. Me permito resaltar los que sobresalen más.


Respecto al totalitarismo


"Tras la experiencia de los regímenes totalitarios, de la brutalidad con la que aplastaron a los hombres, se burlaron, esclavizaron, golpearon los débiles, estamos de nuevo en condiciones de comprender a los que tienen hambre y sed de justicia, redescubrimos el alma de los afligidos y su derecho a ser consolados (p. 119)."


Joseph Ratzinger se abstiene, en este apartado, de precisar a quién se refiere realmente. Sospechamos, evidentemente, que piensa en la exUnión Soviética y en sus satélites de Europa del Este. Sin embargo, más que decirlo explícitamente, para no dejar ninguna ambigüedad en el lector en cuanto a los regímenes y los sistemas aludidos, elige acogerse en el nombre genérico, el totalitarismo. Un lector atento podrá extender el alcance a los horrores del nazismo, del fascismo y de los regímenes militares represivos y sangrientos que marcaron la historia de América latina. No obstante, la mayor parte de los lectores comprenderá inmediatamente que se trata de los regímenes comunistas de la exUnión Soviética y de sus países satélites. Será sobre todo a los últimos a quienes se aplicarán los calificativos utilizados para destacar el carácter diabólico e inhumano del totalitarismo. Además, observando los horrores de este totalitarismo es cuando se es capaz "de comprender a los que tienen hambre y sed de justicia, de descubrir allí el alma de los que están en la aflicción y su derecho a ser consolados". El lector puede ser llevado sutilmente a aplicar a todos los regímenes socialistas "estos horrores" y hacer caso omiso de los "horrores" generados por otros regímenes también sangrientos.


Hay que lamentar que el autor no hubiera precisado más sus referencias al TOTALITARISMO, dejando al lector en manos de sus propios prejuicios. ¿No es injusto, en efecto, trasladar estas intenciones a quienes persiguen su desarrollo humano y colectivo en el marco del socialismo, como Cuba, Vietnam, China o incluso en el marco de un socialismo nuevo como es actualmente el caso de diversos países de América Latina? Esto no es una cuestión simple de matiz, sino, en este caso, de fondo.


Respecto al capitalismo


"Frente a los abusos del poder económico, frente a los actos de crueldad de un capitalismo que rebaja a los hombres al nivel de la mercancía, nuestros ojos se han abierto a los peligros que oculta la riqueza, y comprendemos de manera renovada lo que Jesús quería decir cuando advertía contra la riqueza, contra el dios Mammon que destruye al hombre y que estrangula, entre sus horribles garras rapaces, una gran parte del mundo (p. 120)."


Una vez trazados los efectos depravados del capitalismo y de la riqueza, el autor recorre vagamente y sin precisión las leyes que rigen este sistema y sobre sus principales actores y promotores. Benedicto XVI, evita hablar del liberalismo económico, de la actividad de las multinacionales y de los gobiernos que las sostienen. No son sin embargo legión los que tienen el poder de imponerse y de dictar las leyes al servicio de sus ambiciones y de sus intereses. Ninguna palabra sobre los regímenes militares de América latina sostenidos por este capitalismo. Causaron decenas de millares de muertos, centenas de millares de presos y torturados y varias centenas de millares de expatriados. Ninguna palabra de este tipo de totalitarismo como sí hace para la exUnión Soviética y sus satélites. Ninguna palabra sobre el Imperio estadounidense que se impone por todas partes en el Tercer Mundo para asegurar allí su hegemonía y el mejor aprovisionamiento de sus multinacionales. Aunque Dios esté muy presente en las distintes Administraciones de los EE.UU que se suceden –todos conocemos el “God bless America”—parece que no obstante, no tiene gran cosa que decir cuando es tiempo de hablar de intereses y de escoger medios para suprimir a quienes pueden llegar a ser unos obstáculos. Una mirada más amplia del autor sobre el conjunto de esta realidad habría permitido captar mejor la originalidad y la naturaleza de este capitalismo, siempre tan vivo y activo en el mundo y precisar la aportación de Jesús de Nazareth como fuerza de cambio.


Respecto a la alienación del hombre


"¿No es verdad que el hombre, esta criatura llamada hombre, a lo largo de su historia, es enajenado, brutalizado, explotado? La humanidad en su gran masa casi siempre vivió bajo la opresión. Y a la inversa, ¿los opresores son la verdadera imagen del hombre, o no dan más bien una imagen desnaturalizada, envilecedora? Karl Marx ha descrito de modo drástico "la alienación" del hombre […] ha dado una imagen muy concreta del hombre que cae en manos de bandidos (p. 224)."


En cuanto a la alienación, hay que concederle a Joseph Ratzinger el mérito de reconocer la profundidad de los análisis de Karl Marx. Se abstiene no obstante de hacer referencia a los regímenes que se inspiran en ellos y llegan a dar a su población más justicia, más dignidad y respeto. Hay que reconocer que el final de la Unión Soviética no puso término al socialismo y a los regímenes que se inspiran en los análisis de Marx. Diversas experiencias, de desigual valor, hay que reconocerlo, se prosiguen en regiones diversas del mundo para superar las alienaciones que retienen aún el pueblo en la ignorancia y la dependencia. Habría sido pertinente poner de relieve la contribución de Jesús de Nazareth en esta marcha del pueblo hacia su plena liberación. No cabe duda de que los comentarios del autor sobre estas nuevas realidades que suscitan muchos debates entre las jerarquías locales y los Gobiernos elegidos de estos países, habrían aportado una luz, seguramente refrescante y llena de esperanza, para estos pueblos en búsqueda de dignidad y respeto.


Respecto al Tercer Mundo


Hay dos pasajes que hablan del Tercer Mundo, pero cuyo sentido no converge del todo. El primero se encuentra en el marco de las tentaciones de Jesús en el desierto.


"Las ayudas de Occidente a los países en vías de desarrollo, fundadas sobre principios puramente técnicos y materiales, que no solamente han dado de lado a Dios, sino también han alejado a los hombres de Dios movidos por el orgullo de su pretendido saber, han hecho del Tercer Mundo el Tercer Mundo en sentido moderno (p.53)."


Para el lector informado, este análisis no corresponde en nada a las verdaderas causas del subdesarrollo. En primer lugar, si hay ayudas de Occidente a los países en vías de desarrollo, es mucho mayor el saqueo realizado por este mismo Occidente que se dice, sin embargo, portador de los valores cristianos. Decir que Dios no se encuentra allí, es negar la presencia misionera masiva en los países en vías de desarrollo al igual que el carácter cristiano de los países donde están presentes. ¿Acaso no tenemos derecho a preguntarnos de qué Dios se trata? ¿El Dios revelado en Jesucristo o un dios enajenador? La cuestión se plantea y debería hacernos reflexionar. Las observaciones de Benedicto XVI abren la puerta a esta clase de cuestiones.


El segundo texto, mucho más cerca de los análisis sociales, políticos y económicos del subdesarrollo nos reconcilia con el autor. Se encuentra en el marco de las reflexiones sobre la parábola del Buen Samaritano.


"Esta parábola es de una actualidad patente. Si la transponemos a escala internacional, vemos que estamos concernidos por los pueblos de África que se han despojado y saqueado. Vemos también hasta qué punto son nuestro "prójimo": nuestro método de vida, nuestra historia, en la que también estamos implicados, contribuyeron y contribuyen aún a su saqueo [...] Nosotros les hemos aportado el cinismo de un mundo sin Dios, donde la única cosa que importa, es el poder y el beneficio. Hemos destruidos la escala de valores morales de tal modo que la corrupción y la voluntad de poder sin escrúpulo terminen por imponerse como evidencias. Y África no es un caso aislado (p.223)."


En relación a este saqueo de los países del Tercer Mundo, el autor, aunque precisa que África no es un caso aislado, silencia completamente América latina como tal, una región que cuenta con el mayor número de católicos, y donde las fuerzas capitalistas y socialistas libran un combate encarnizado. Silencio tanto más llamativo cuando la Iglesia está muy comprometida allí. Los obispos y dignatarios eclesiásticos se alinean, en su conjunto, con las fuerzas del capital mientras que varios sacerdotes y cristianos se comprometen con los más pobres, se alinean con estos últimos. Habría sido interesante que el autor pusiera de relieve la contribución de la Iglesia a aquellos con quien Jesús se identifica: "Lo que hagáis al más pequeño de los míos, es a mi a quien lo haréis". Es sin duda en este contexto latino americano donde el autor habría podido desarrollar con mayor claridad su postura respecto a la teología de la liberación así como la sostenida por las jerarquías católicas y el Vaticano. El rostro de Jesús de Nazareth quedaría resaltado con mayor fuerza.


La respuesta de Benedicto XVI a todos estos males


Inspirándose en Ezequiel 9,4, el autor nos refiere "a estas personas que no se dejan arrastrar a hacerse cómplices de la injusticia que se ha convertido en algo natural, sino que, al contrario, la padecen. Incluso si no está en sus manos poder cambiar en su conjunto esta situación, ellos oponen al reino del mal la resistencia pasiva del sufrimiento, la tristeza que pone un límite al poder del mal" (p.108).


Hay obviamente materia para la reflexión. No pienso que Juan Pablo II haya adoptado la resistencia pasiva, tanto en Polonia contra el comunismo, como en América Latina frente a la teología de la liberación. En estos dos frentes, estaba de acuerdo con el Presidente Reagan y las administraciones que le sucedieron.

Actualmente los obispos de Venezuela no son muy propensos a la resistencia pasiva del sufrimiento. Son aliados de quienes pertenecen precisamente a este capitalismo salvaje cuyo cuadro nos bosqueja el autor. Es por otra parte el caso de la gran mayoría de los obispos de este Continente con los que las multinacionales y las Administraciones americanas pueden contar. La resistencia pasiva no está hecha precisamente para ellos.


No es el caso de los cristianos que mantienen los mayores presupuestos militares y que encienden por todo el mundo el fuego de la guerra. Por ejemplo el Sr. Bush, que ruega a Dios todos los días: el acoso de Cuba y el Bloqueo que mantiene en su contra no forman parte seguramente de la resistencia pasiva, igualmente que sus intervenciones en Irak y Oriente Medio.


Entonces, ¿a quién recomienda esta resistencia pasiva del sufrimiento? ¿Será, por casualidad, a los que son víctimas de estos imperios? ¿Se trata del reconocimiento de la fatalidad del derrotismo de dos tercios de la humanidad prisioneros entre "estas horribles garras de la rapacidad"? ¿Es ése el mensaje de Jesús y de la Iglesia a estos hombres y mujeres que sufren la explotación y el dominio? No podríamos aplicar desgraciadamente a las autoridades eclesiales de hoy la frase del autor ya citado sobre los saduceos:


"Las autoridades eclesiales, que." forman mayoritariamente parte de la aristocracia y la clase sacerdotal, se esfuerzan en vivir un cristianismo lúcido, conforme al modelo espiritual del tiempo, lejos de adaptarse a la dominación del imperio estadounidense."


¿Qué piensa el autor de los pueblos que deciden tomar en sus manos su destino y rechazar las fuerzas capitalistas que "rebajan a los hombres al rango de mercancías" como es el caso de Bolivia, Venezuela, Ecuador, Nicaragua y otros que caminan a pesar de los obstáculos? ¿No hay allí alternativas a la resistencia pasiva que permitan al hombre encontrar su dignidad e inspirarse en el respeto sin perder no obstante la fe y su comunión con el Cristo resucitado?


Estas luchas llevadas con coraje por una humanidad más justa, más respetuosa de los derechos de cada uno, ¿no son esa semilla en la tierra y esa levadura en la masa que llevan los dolores del parto del hombre nuevo? Esta referencia a la resistencia pasiva contrasta con el Jesús de los Evangelios que no dejó de llamar activamente a un cambio del orden de valores y a denunciar a quienes se refugian en cultos y costumbres sin participar realmente en el nacimiento de este hombre del que Cristo es el principio y la coronación. El mensaje de María a su prima Isabel no remite precisamente a la resistencia pasiva.


"Desplegó la fuerza de su brazo; dispersó a los hombres de pensamiento orgulloso; derribó a los poderosos de sus tronos y elevó a los humildes; a los hambrientos, los colmó de bienes y a los ricos, los despidió con las manos vacías (Lc. 1, 51-55)."


CONCLUSIÖN


En esta obra sobre Jesús, hay silencios que hablan tanto como lo que se escribe allí. Estos silencios son tanto más significativos cuanto el autor, eminente teólogo de notable erudición, no puede fingir olvido o ignorancia.


Es cierto que el abordar de frente los textos referentes a los fariseos y los Grandes Sacerdotes le habría llevado a hacer una determinada autocrítica de la Iglesia institucional y a asumir los "mea culpa" inevitables. El silencio le permitió hacer caso omiso de esta autocrítica y mantener el rumbo de una Iglesia sostenida por la vida sacramental y dirigida por una élite sacerdotal.


Su silencio sobre la teología de la liberación y sobre América Latina le permitió evitar hablar del capitalismo estadounidense, del neoliberalismo y de las fuerzas que se enfrentan. Hablar le habría obligado a comprometerse respecto a las políticas intervencionistas de los Estados Unidos, sobre su capacidad de manipulación y explotación. Habría debido discutir sobre el socialismo del siglo XXI, hablar de Venezuela, Bolivia, del bloqueo de los EE.UU contra Cuba. Su silencio le ha permitido evitar todas estas cuestiones y no ensombrecer el Imperio y sus aliados cristianos en América Latina.


Sé que mis reflexiones y comentarios no son de agradables ni para el autor, ni para quienes le siguen por esta vía. Mi objetivo no es ciertamente agradar a cualquiera, sino comprender mejor el rostro humano de Jesús de Nazareth en el mundo de hoy.


Pienso que una vuelta al relato del Juicio Final (Mt 25,31-46) que el autor aborda (p.356), sin realmente comentarlo en sí mismo, sería apropiada para abrirnos a lo más esencial del nuevo orden de valores aportado por Jesús a la humanidad entera.


os.fortin@sympatico.ca http://humanisme.overblog.com/
Traducción del francés al español realizada por los servicios de ATRIO