mardi 2 août 2011

L’ATTTENTAT EN NORVÈGE ET CEUX EN LIBYE




Avec raison, le monde se dissocie de ce terrible attentat en Norvège qui a fait 76 morts et des dizaines de blessés. L’auteur de cette tuerie, un homme dans la trentaine, muni d’armes et de munitions, a froidement visé et tué ses victimes. Il répondait ainsi à un impératif idéologique et politique au service de valeurs inspirées du nazisme et du fondamentaliste chrétien. De ses écrits, il ressort qu’il s’affirmait contre l’ouverture au multiculturalisme, au marxisme et à toute forme de solidarité s’exprimant, entre autres,  à l’encontre du sionisme.

De partout, les chefs d’État et de Gouvernement ont condamné en des termes forts cette tuerie. Les pays, membres de l’OTAN, n’ont pas fait exception.  Pareille action est tout à fait inadmissible. Son auteur doit être jugé et condamné.

Pourtant, au même moment, les pays, membres de l’OTAN, continuaient de bombarder des cibles civiles en Libye. Il y a un peu plus d’une semaine, c’était un hôpital et une école.
Il y  a quelques jours c’était le Centre national des télécommunications à Tripoli qui était démoli. Dans ce dernier cas trois personnes y ont trouvé la mort et quinze autres ont été blessées.
Le motif était d’empêcher le Président Kadhafi de s’adresser au peuple libyen. Dernièrement, plus de 1 million et demie de ces citoyens et citoyennes, sur une population totale de moins 6 millions d’habitants, s’étaient réunis pour appuyer le Président Kadhafi.
Une autre de ces manifestations monstres était en préparation, de quoi faire rougir les responsables de l’OTAN qui proclament sur toutes les tribunes que Kadhafi est seul et que le peuple n’en veut plus. Ainsi, les pays qui se font les apôtres de la liberté d’expression ont détruit les infrastructures de télécommunication qui permettaient, entre autres, à Kadhafi de s’adresser à son peuple.

Depuis le début de cette intervention de l’OTAN, 1 118 personnes sont mortes, des milliers d’autres ont été blessées, toutes victimes de plus de 6 086 attaques avec bombes et missiles et près de 16 000 opérations aériennes. Eux aussi répondent à des impératifs idéologiques et politiques : la reconquête des zones d’influence au Moyen Orient et en Afrique ainsi que l’appropriation des richesses que renferment ces pays.

Dites-moi, quelle est la différence entre le pilote des F-16 ou autres qui largue des bombes et des missiles sur des cibles civiles libyennes et le tireur de la Norvège qui met dans sa mire des civils suédois? Lorsqu’on nous montre la scène des 76 morts d’Oslo et les débris de l’édifice à moitié détruit par des charges de dynamites, le monde, et avec raison, se scandalise. Mais lorsque ce sont des avions de l’OTAN et des mercenaires à leur solde qui détruisent les infrastructures de tout un pays, tuant des civils et en blessant des milliers d’autres, c’est le silence complet. Les morts, les bombardements, les destructions d’infrastructures y compris des dépôts alimentaires desquels dépend l’alimentation de la population, tout cela devient normal. Ce sont, nous disent-ils, des actions humanitaires. N’allons surtout pas croire qu’il s’agit d’une guerre. Le président Obama l’a confirmé au Congrès de son pays qu’il ne s’agissait pas d’une guerre.

Pourquoi ne retrouvons-nous pas pour les tueries en Libye cette même horreur que ressentent nos élites bien pensantes lorsqu’il est question de la tuerie d’Oslo ? Serait-ce que nos états d’âme dépendent moins des crimes commis que des intérêts recherchés? Sommes-nous devenus à ce point amnésiques à nos propres crimes? Des questions fort pertinentes à ceux et celles qui ont la larme facile devant certaines horreurs alors qu’ils et qu’elles demeurent sans état d’âme devant certaines autres.

Le rôle joué par les médias est de plus en plus important.  Ce sont eux qui étalent les horreurs des uns et taisent les horreurs des autres ou encore qui amplifient les crimes des uns et bonifient les tueries des autres. Les morts provoqués par l’ennemi sont des crimes contre l’humanité et ceux provoqués par les alliés deviennent des actions humanitaires. À ce sujet je vous invite à lire quelques références.



Oscar Fortin

Québec, le 1ier août 2011

http://humanisme.blogspot.com


vendredi 22 juillet 2011

"GOD BLESS AMERICA ?"


« GOD BLESS AMERICA? »



Nous sommes évidemment habitués au « God bless America » que les hauts dirigeants des États-Unis utilisent à la fin de chacune de leurs interventions officielles. Ils se placent ainsi sous la protection divine pour mener à bien leurs projets de politique intérieure et extérieure, tous centrés et agencés en fonction de leur sécurité et de leurs intérêts  nationaux. Les intérêts des autres peuples, des autres nations ainsi que leur sécurité devront passer au second plan de leurs préoccupations et de leurs actions. Dans ces conditions, Dieu peut-il apporter sa bénédiction à une pareille politique?

Cette approche pourrait se comprendre s’il ne s’agissait pas de l’État le plus puissant de la planète, le plus fortement armé, nourrissant des ambitions de domination et de contrôle du monde. De plus s’ajoute le système politique et économique dont il se fait le promoteur. Un système politique qui assure, par le financement des partis politiques et la corruption, la main mise des oligarchies financières, économiques et militaires, sur la gestion de l’État. Un système économique, basé sur l’individualisme et la cupidité, ne laissant aucune place aux impératifs de solidarité, de justice et de vérité. Le bien commun dont s’occupe l’État devient le bien commun des privilégiés. Les autres, qu’ils se débrouillent.

Cette immense puissance dispose de nombreux moyens pour modeler la conscience des citoyens et citoyennes de manière à ce qu’elle soit perçue comme la main providentielle de Dieu qui la guide dans ses aventures tant au plan national qu’international. Ainsi, grâce aux techniques sophistiquées de communication, sa cupidité et ses ambitions de conquête deviennent dans les médias et puis dans la conscience d’un grand nombre : générosité, sacrifice, dévouement au service des droits de l’homme et des peuples, fidèle en la croyance en Dieu.

Toutefois, cette perception commence à s’effriter avec la mise à jour de révélations qui ont pour effet de miner cette image de l’apôtre et du missionnaire au service de la démocratie et des libertés. Il y a ces révélations d’un ex-agent à la solde de la Centrale d’intelligence de l’Amérique (CIA) qui montre comment « ces enfants bénis des dieux » agissent pour vaincre la volonté de ceux qui leur résistent. Dans cette vidéo, John Perkins relate les principaux outils utilisés pour corrompre ou éliminer les adversaires. De quoi faire rougir bien des dieux.


Qu’en est-il maintenant de l’usage systématique du mensonge, subtilement assaisonné de demi-vérités? Déjà nous connaissons le mensonge, monté de toute pièce pour justifier la guerre en Irak, laquelle fera plus d’un million de morts et de blessés, et ce n’est pas fini. Quant à la guerre en Afghanistan, elle a été déclenchée pour combattre le soi-disant terrorisme responsable de l’écroulement, le 11 septembre 2011, des tours jumelles. À ce jour on compte des milliers de morts, des centaines de torturés, des dizaines de milliers de blessés alors que les coupables de ces évènements demeurent toujours inconnus. Aucune enquête n’est parvenu à faire la lumière complète sur ce qui s’est réellement passé ce jour-là et, dans les faits, qui  en sont les véritables auteurs. Voir la vidéo qui suit.


Au Moyen Orient nous savons que les États-Unis ont un lien indéfectible avec l’État d’Israël. Cette solidarité, à leurs yeux, s’impose au delà des lois internationales et des droits fondamentaux des Palestiniens. Michel Collon, journaliste engagé au service de l’information et non de la désinformation, s’explique sur la question arabe. Il apporte un point de vue que nos médias officiels se gardent bien de présenter.


Maintenant que dire de cette guerre en Libye, qualifiée d’intervention humanitaire ? Comment concevoir une intervention humanitaire avec autant de bombes et de projectiles de toute nature? Depuis le début de cette intervention visant la protection des civiles, ce sont des centaines de personnes qui sont mortes sous ces bombardements à répétition. Les nombreuses propositions de chefs d’État d’Afrique et d’Amérique latine qui allaient dans le sens d’une approche diplomatique ont toutes été écartées sans qu’elles soient analysées. Rien à faire, il fallait sortir l’artillerie lourde pour écraser le gouvernement et rendre la marche plus facile aux mercenaires à la conquête du pouvoir et ainsi, par leur bon service, s’assurer une main mise sur les richesses du pays. Je vous invite à écouter de nouveau le journaliste, Michel Collon, sur cette question


À visionner également, sur ce même sujet, l’intervention de Thierry Meyssan, un autre journaliste préoccupé de vérité et d’information sur ce qui se passe réellement en Libye. S’il n’a pas toutes les réponses, il a par contre beaucoup de questions. Il revient d’un séjour en Libye où il a pu voir de ses yeux et entendre de ses oreilles.


Alors, à vous qui dites croire en Dieu, est-il possible que votre Dieu bénisse un tel système impérial, qu’il lui apporte soutien et protection? Si oui, ne devez-vous pas vous poser cette autre question de savoir ce qu’il peut bien représenter pour toutes les victimes de ces agressions que sont les millions de personnes tuées, les centaines de milliers de blessés, les dizaines de milliers de familles décimées, les enfants abandonnés ? Serait-il le dieu des puissants et en même temps le diable des démunis et des victimes?

Moi, le Dieu en qui je crois, ne peut pas bénir pareille mascarade au service d’autant de cupidité. Il ne peut pas bénir la corruption, l’assassinat, le mensonge, la torture et tout le reste qui va dans le même sens. Le Dieu en qui je crois et dans lequel ils disent également croire ne met pas sa force dans les armes pas plus que sa puissance au service des grands de ce monde. Il est plutôt avec les humbles de la terre, avec les artisans de justice et de paix, avec les amoureux de la vie faite de solidarité et de partage. Le Dieu en qui je crois n’a rien à voir avec les Caïphe, les Pilate et les Hérode des temps modernes.

Je ne saurais me rallier à un tel dieu, protecteur d’un tel empire, d’une telle puissance, d’une telle avidité, d’une telle suffisance. Lui demander qu’il bénisse autant d’ignominies c’est ignorer complètement qui il est vraiment.

Non,  merci, le Dieu en qui je crois est tout autre.

Oscar Fortin 

Québec, le 22 juillet 2011

http://humanisme.blogspot.com 



jeudi 30 juin 2011

LETTRE OUVERTE AU PAPE ET AUX ÉPISCOPATS CATHOLIQUES


Je m’adresse à vous qui êtes les successeurs des apôtres et les témoins, pour le monde d’aujourd’hui, du message évangélique, tel que révélé en Jésus de Nazareth. Je le fais en tant que croyant en ce Jésus et en tant que membre de l’Église dont il est toujours la Tête vivante.
Le regard que je porte sur vous et sur l’Église s’inspire, pour une part, de ce Jésus de Nazareth qui se laisse découvrir à travers les Évangiles et, pour d’autre part, du monde contemporain qui nous met en contact avec une humanité à la recherche de toujours plus de justice, de vérité, de solidarité et de liberté.
Lorsque je relis les Évangiles et que je m’attarde sur les diverses consignes adressées par Jésus à ses apôtres et disciples, je n’arrive plus à les y reconnaître dans ce que vous êtes devenus. J’ai comme l’impression que vous acceptez plus facilement la « tradition » qui fait de vous des « maîtres », disposant d’autorité, des « personnages », se démarquant par leur hiérarchie, des « collaborateurs » s’identifiant aux classes dirigeantes. Cette « tradition », héritée d’une longue histoire, semble vous aller comme un gant. Toutefois, elle ne saurait se substituer à cette autre tradition qui nous vient, celle-là, directement de Jésus de Nazareth. Plus contraignante, mais aussi plus authentique, elle est à la base de cette conversion qui ouvre au Règne de Dieu. Il s’agit de cette bonne nouvelle qu’il vous a envoyés annoncer à toute personne de bonne volonté.
 « Et tandis qu'ils faisaient route, quelqu'un lui dit en chemin : " Je te suivrai où que tu ailles. Jésus lui dit : " Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l'homme, lui, n'a pas où reposer la tête. " Lc. 9,57
« N'emportez pas de bourse, pas de besace, pas de sandales, et ne saluez personne en chemin. »
«Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs. Mais pour vous, il n'en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert. Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N'est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert ! » Lc. 22, 24-27
Cette tradition est tout à l’opposé de la tradition héritée des empires royaux. Elle fait appel à une autorité ecclésiale dépouillée de ses honneurs, de son prestige, de ses sécurités, de ses ambitions et de ses luttes de pouvoir. Cette relation nouvelle, inaugurée en Jésus, transformant le maître en serviteur, le plus grand en plus petit, fait partie de cette bonne nouvelle du Règne de Dieu. Pouvez-vous, en toute honnêteté, témoigner du Règne de Dieu en étant captifs de tous ces apparats et dépendances institutionnelles?
Qu’en est-il dans les faits? Combien d’entre vous vivent avec  les plus défavorisés des diocèses dont vous êtes les « pasteurs »? Qui sont les invités les plus fréquents avec lesquels vous aimez partager vos repas? Quelles sont les grandes préoccupations qui retiennent le plus vos énergies et vos engagements? Sont-elles celles qui portent sur l’avènement du Règne de Dieu dans le monde d’aujourd’hui ou celles qui portent plutôt sur l’organisation sacramentelle d’une Église toute centrée sur le culte et les liturgies?
Un survol rapide de ce qui se passe dans le monde d’aujourd’hui, nous révèle une humanité dont les deux tiers vivent dans la pauvreté, générée en grande partie par la cupidité d’oligarchies qui dominent les pouvoirs politiques, économiques, judiciaires et même religieux. Les mensonges, bien déguisés en vérités et diffusés à grande échelle, contaminent l’esprit des gens qui en arrivent ainsi à soutenir des guerres de conquête et de domination.
Ceux et celles qui s’opposent aux forces de ces oligarchies sont diabolisés, persécutés, arrêtés, torturés, assassinés. La voix des hiérarchies se fait complice, plus souvent que moins, de ces mêmes oligarchies. Combien d’Évêques élèvent fortement la voix pour dénoncer cette grande tricherie internationale et les injustices qui en résultent?  En Occident, là où l’Église est en plus grande proximité avec les puissances dominatrices, le Pape et les Évêques, dont vous êtes, demeurent plutôt discrets. Le monde est loin d’entendre cette voix forte des successeurs des apôtres qui dénonce à temps et à contre temps ces guerres fondées sur le mensonge et la cupidité des conquérants. Il est plutôt témoin de la bénédiction qu’ils apportent aux soldats qui partent en guerre, du maintien des bonnes relations qu’ils continuent d’entretenir avec les conquérants  et, dans nombre de cas, des condamnations répétées de ceux et celles qui résistent à ces forces impériales. Les discours sur les forces armées, la violence, les guerres se font discrets et souvent, ambigus.
Qui d’entre vous a envoyé des lettres pastorales, à être lues dans toutes les églises de vos diocèses, dénonçant l’intervention de l’OTAN en Libye et les ambitions de conquête des belligérants un peu partout dans le monde? C’est évidemment moins compromettant de parler des moyens contraceptifs, de l’avortement, du mariage des personnes de même sexe, des méfaits du terrorisme, sans toutefois, dans ce dernier cas, en préciser ses différents visages. En somme, un discours complaisant pour les puissants, mais trompeur pour les humbles de la terre.
On raconte que lors du Concile Vatican II, un groupe d’évêques, réunis autour de Don Helder Camara, avait conclu un pacte, le pacte des Catacombes, visant à ce retour auprès des pauvres et à ce dépouillement inévitable pour que ce retour  soit pleinement authentique. De toute évidence, un geste prophétique. Il aura été une inspiration pour plusieurs évêques du Tiers-Monde dont certains seront morts martyrs. Mgr Oscar Romero, de San Salvador, est un de ceux-là.
Il est évident que dans le cadre de cette tradition évangélique, les prétendants aux hautes fonctions ecclésiales se feraient moins nombreux. Les luttes de pouvoir se transformeraient en mille excuses pour ne pas être de la compétition. Les bidonvilles, les fonctions sans honneur et sans prestige, les affrontements inévitables avec les puissances qui s’imposent aux laissés pour compte, tout cela n’aurait pas de quoi attirer les carriéristes et les ambitieux.
Alors, en tant que croyant et membre de l’Église catholique, je vous demande, quelles sont vos priorités, comme pasteurs et successeurs des apôtres, pour que le Règne de Dieu, inauguré en Jésus, soit proclamé avec force et courage dans chacun de vos diocèses et dans l’Église universelle? Il s’agit bien d’un Règne de justice, de vérité, de solidarité, de compassion et d’amour. Comment voulez-vous que le monde croie en ce message si les lois qui vous régissent, comme institution et comme autorité, s’inspirent davantage de celles qui régissent les puissances de ce monde que de celles qui s’inspirent de ce Règne nouveau, inauguré en Jésus?
« Nul ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent. » Mt. 6,25
Le temps n’est-il pas venu de choisir entre une Église, caractérisée par le culte et les sacrements et une Église, phare et témoin d’humanité qui convoque à l'avènement d'un monde nouveau?
Oscar Fortin
Québec, le 30 juin 2011

vendredi 24 juin 2011

POUR QU'UNE CRISE DEVIENNE TREMPLIN DE VIE

IL FAUT RETROUVER SON ÂME ET SON INSPIRATION PREMIÈRE 

Qu’il y ait des crises qui éclatent ici et là, rien de plus normal. Elles font partie de la dynamique de la croissance et du développement des sociétés tout comme de celle des relations humaines. L’important est d’en bien comprendre les causes profondes pour en faire des moments exceptionnels de saut qualitatif par en avant, permettant l’émergence de nouvelles assises aux organisations porteuses de projets.
Le Parti Québécois, principal porteur politique du projet de l’indépendance du Québec, vit actuellement une crise qui va au-delà de la simple conjoncture d’un moment que plusieurs pourraient considérer, somme tout, comme passager. Il s’agit, à mon humble avis, d’une crise plus profonde qui le touche dans ses éléments les plus fondamentaux.
Depuis le 14 octobre 1968, date de la fondation du Parti Québécois, jusqu’à juin 2011, le projet de l’indépendance du Québec a été porté principalement par ce dernier.  Si dans ses débuts, les souverainistes et les indépendantistes s’y ralliaient avec enthousiasme, on ne peut en dire autant aujourd’hui. En effet, après 43 ans d’existence, deux référendum (s), 18 ans de gouvernance du Québec, 6 courses à la chefferie, on peut comprendre que  bien des habitudes aient été prises et que certains glissements idéologiques, tant sur l’indépendance et la sociale démocratie, se soient produits.

L’usure du pouvoir et les compromis auxquels il conduit inévitablement font en sorte que les indépendantistes et souverainistes d’aujourd’hui tout autant que ceux et celles des premières heures s’y retrouvent de moins en moins. Pour un grand nombre, le Parti Québécois ne porte plus la fraîcheur d’un projet de pays pas plus que celui d’une sociale démocratie. L’âme qui l’a fait vibrer pendant ses premières années s’est progressivement effacer derrière la façade d’un Parti devenu semblable à tous les autres, à savoir sans âme.  
Pour redevenir le véritable Parti des Québécois, il se doit d’assumer cet état de fait et de procéder le plus rapidement possible à un véritable ménage printanier. S’il ne retrouve pas son âme, il risque d’emporter avec lui le destin de l’indépendance du Québec. S’il la retrouve, il redeviendra le lieu privilégié où souverainistes, indépendantistes et sociaux démocrates pourront se retrouver sans faire figure d’étranges, comme c’est souvent le cas actuellement. Il appartient aux membres de ce Parti de prendre tous les moyens pour que ce ressourcement à ses origines et à son âme se réalise dans les meilleurs délais.
Si tel devait être le cas, le Parti Québécois aurait alors fait un saut qualitatif en avant de grande transcendance pour l’avenir du Peuple Québécois. La crise qui annonçait sa fin serait alors devenue une  occasion unique de renaissance et de renouveau.
Bonne fête de St-Jean à tous les Québécois et à toutes les Québécoises

Oscar Fortin
Québec, le 24 juin 2011

mercredi 22 juin 2011

COALITION NATIONALE POUR L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC


GARE AUX SPÉCIALISTES DE LA RÉCUPÉRATION DE CRISES

Les derniers mois nous ont sensibilisés à divers mouvements, initialement de même inspiration, mais qui se révélèrent, avec le temps, de nature fort différente. Ce qui s’est passé en Tunisie et en Égypte, au Yémen et au Bahreïn n’est plus ce qui se réalise actuellement en Libye et en Syrie. D’ailleurs, même en Égypte, en Tunisie, au Yémen et au Bahreïn les forces impériales de récupération se font de plus en plus présentes et, dans certains cas, plus répressives. Les peuples se doivent d’être de plus en plus vigilants et clairvoyants pour éviter les pièges de la récupération. Il faut dire que les oligarchies ne sont pas disposées à perdre ce qui les a si bien servies jusqu’à maintenant.
Ce petit détour, par l’international, est là pour nous rappeler que les lois non écrites qui régissent les luttent de pouvoir s’appliquent tout autant aux forces progressistes et indépendantistes du Peuple Québécois. Nous devons savoir que les adversaires les plus dangereux à notre émancipation et à notre indépendance sont ceux et celles qui sont en mission commandée à l’intérieur de ces forces progressistes. Ils et elles se font, en général, soit d’une radicalité telle que cette dernière émiette les forces en présence, soit d’une ouverture sans limite qu’elle vide de son contenu le véritable projet d’un Québec indépendant et progressiste. Il faut donc se montrer très vigilant, tout autant, à l’endroit des propositions visant à fragmenter encore davantage les forces progressistes et indépendantistes qu’à celles qui les vident de leur contenu.
CAP SUR L'INDÉPENDANCE
Il faut que le peuple soit associé le plus possible à tous ces débats, car il est celui qui saura le mieux déceler, à la lumière de ce qui se dira, tout autant ses véritables leaders que la voie à suivre. Dans la situation actuelle des débats en cours dans le Parti Québécois et dans les diverses forces indépendantistes, je me range plus spontanément dans la mouvance de ceux et celles qui souhaitent une large coalition plutôt que de ceux et celles qui souhaitent la création d’un nouveau parti politique. Toute coalition exige la mise entre parenthèse de ses appartenances partisanes pour y placer ce qui en est l’inspiration première, soit l’indépendance du Québec. Beaucoup d’autres questions trouveront, leur moment venu, toute leur pertinence pour être discutées et débattues, mais le premier pas et le plus fondamental est de devenir un État et d’être un pays souverain.
Cette coalition devrait s’imposer jusqu’à ce que le pays se donne une première constitution qui soit le reflet et l’expression de la volonté du peuple. Au terme de ce référendum constitutionnel chaque parti et chaque mouvement reprendront les combats qui leur seront spécifiques.
Le peu que je sais sur l’évolution des démocraties en Amérique latine où les luttes se révèlent des plus féroces entre les oligarchies et les forces progressistes, m’enseigne que les coalitions des forces progressistes de ces pays sont ce qui leur a permis de prendre le pouvoir dans le cadre des démocraties existantes, de procéder à l’élaboration de nouvelles constitutions et de s’affirmer dans les divers pouvoirs en y apportant des changements majeurs, comme dans les forces armées, dans les Cours de justice et au niveau des moyens de communication, tous au service d’oligarchies sans scrupule.
Il faut, me semble-t-il, ne rien négliger pour qu’une véritable coalition soit formée dans les meilleurs délais. Que quelqu’un, quelque part, prenne l’initiative de réunir les principaux acteurs et actrices de ce grand projet de l’indépendance. Qu’ils aient tous et toutes l’opportunité de s’exprimer, que des comités « ad hoc » approfondissent les divers points de vue et que des propositions soient apportées pour résoudre les différents. Ce sera un premier exercice de faire de la politique autrement et de démontrer ce dont nous serons capables une fois indépendants. L’important, c’est qu’aux prochaines élections, il n’y ait qu’un parti, celui de la coalition, et qu’il présente sous la bannière de l’indépendance, des candidats dans chacune des circonscriptions du Québec.
Il va de soi que cette coalition, si importante soit-elle, ne doit pas niveler à son point le plus bas, le véritable objectif de l’indépendance du Québec. Le temps des négociations avec les fédéralistes est terminé. Nous passons à l’action sur l’indépendance pure et simple. S’il y a des négociations à venir, ce sera comme pays que nous les mènerons.
Bonne Saint Jean Baptiste à tous les Québécois et à toutes les Québécoises
Que le courage et l’audace de nos ancêtres nous inspirent dans cette conquête de nous-mêmes.
Oscar Fortin
Québec, le 22 juin 2011