mardi 18 octobre 2011

OBAMA ET BUSH: UN MÊME COMBAT EN DÉPIT DES DISCOURS PLEINS D'ESPÉRANCE



On ne peut nier qu’Obama a l’art de la parole et qu’il sait servir ses divers plats avec des mots  et des principes qu’il  ajuste aux diverses situations sans se préoccuper de leurs contradictions avec les politiques et pratiques de son administration.

Cette situation est d’autant plus frappante qu’il a été élu avec la promesse d’un avenir différent pour l’Amérique et pour le monde, fondé non plus sur les guerres de conquête et de domination, mais sur le respect des droits fondamentaux des personnes et des peuples.

« Ces idéaux éclairent toujours le monde et nous ne les abandonnerons pas par opportunisme. Donc, à tous les autres peuples et les gouvernements qui nous regardent, aujourd’hui, du plus petit village où mon père est né, sachez que l’Amérique (les États-Unis) est l’amie de chaque nation, de chaque homme, femme, enfant qui cherche un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à diriger, une fois de plus. »

Par ces mots, le nouveau Président indique sa volonté de tourner cette page sombre de l’histoire des États-Unis où la « politique de la sécurité nationale » a servi, trop souvent, à justifier un interventionnisme opportuniste et, plus que tout, à défier, dans nombre de cas, les droits les plus fondamentaux des peuples et des personnes. Il s’agit là d’un changement radical dans l’approche des relations des États-Unis avec le monde : ce ne sera plus par les armes, le chantage, la manipulation et le mensonge que les États-Unis s’imposeront au monde, mais par la flamme vivante des idéaux, inscrits dans sa Constitution et dans le droit international, qu’il en deviendra un leader et un guide.

«… notre sécurité émane de la justesse de notre cause, notre force de notre exemple, des qualités tempérantes de l’humilité et de la retenue. »

Cet esprit a dominé dans ses premières rencontres avec la communauté internationale et les communautés régionales. On se souviendra de l’accueil fait par les Présidents des pays de l’Amérique latine et des Caraïbes, enchantés qu’ils étaient d’une approche et d’un discours qui tranchaient avec ceux de ses prédécesseurs, particulièrement ceux de G.W. Bush.

« Nous ne pouvons pas rester prisonniers des désaccords du passé... Je prends devant vous l'engagement d'un partenariat d'égal à égal".

Dans son discours au Caire, il n’en va pas autrement. Une approche fondée sur une compréhension mutuelle de l’histoire et de la volonté de surmonter les différents pour construire ensemble un monde plus juste et plus prospère.

« Je suis venu chercher un nouveau commencement entre les Etats-Unis et les musulmans du monde entier, qui se fonde sur un intérêt et un respect mutuels ; qui se fonde sur le fait que l’Amérique et l’islam ne sont pas exclusifs l’un de l’autre et ne sont pas voués à se faire concurrence. Au lieu de cela, ils se chevauchent et partagent des principes communs : justice et progrès ; tolérance et dignité de tous les êtres humains. »
Des propos de nature à redonner confiance et espoir aux peuples. Une aire nouvelle s’ouvre pour les pays du monde dans leurs les relations avec le pays le plus puissant. Toutefois la fraicheur de tels propos sera vite dissipée par la dure réalité de politiques qui ne feront que renforcer les orientations déjà prises par G.W. Bush.
En Amérique Latine la politique impériale de domination et de conquête continue à s’imposer.
Le blocus économique imposé à Cuba depuis plus de 50 ans et dénoncé par une très grande majorité des membres de l’Assemblée générale des Nations Unies est maintenu et, dans certains cas, les mécanismes de contrôle de son application ont été renforcis. Il en va de même pour les 5 prisonniers antiterroristes cubains, condamnés injustement et détenus depuis plus de 13 ans. En dépit du fait que leur libération est réclamée par la communauté internationale, le président Obama ne bouge pas.
Le terroriste Luis Posada Cariles, auteur, en 1976, du sabotage en plein vol d’un avion de Cubana aviation entrainant la mort de 73 personnes, est toujours protégé par l’administration étasunienne qui se refuse de l’extrader au Venezuela qui le réclame pour le juger.
En juin 2009 se réalise le coup d’État militaire au Honduras, chassant du pouvoir le président légitimement élus, Manuel Zelaya. Cette intervention militaire n’a été possible qu’avec l’appui officieux de l’Administration Obama qui a soutenu les auteurs de ce renversement de gouvernement.
Peu de temps après ce sera l’annonce de l’implantation de 9 bases militaires étasuniennes en territoire colombien, menaçant ainsi la sécurité du Venezuela et de l’ensemble de l’Amérique latine. Pour un prix Nobel de la paix c’est là une initiative qui répond à une logique qu’il est seul à connaître et qui n’est pas sans inquiéter les voisins.
À tout cela s’ajoute les actions menées par diverses agences étasuniennes visant à déstabiliser les gouvernements des pays émergents de l’Amérique latine tels  l’Équateur, victime d’une tentative de coup d’État, en 2010, le Venezuela dont le Président est sans cesse menacé d’assassinat, la Bolivie où les actions de division sont nombreuse. Vraiment rien pour rassurer les partenaires latinos américains sur les intentions de Washington.
Au Moyen Orient la situation n’est guère mieux. Les guerres se poursuivent en Afghanistan, en Irak, en Libye. Des interventions de sabotages sont en opération en Syrie, en Iran et la Palestine doit faire son deuil du vote d’Obama au Conseil de sécurité pour être reconnu comme État souverain avec siège aux Nations Unies.
En dépit de toutes ces contradictions le président Obama s’est présenté avec assurance devant l’Assemblée générale des Nations Unies, en ce 21 septembre 2011, avec un discours tissés de principes et de contradictions. Je me permets quelques illustrations qui démontrent sa logique à l’intérieur de chacun des thèmes traités, mais pas toujours la cohérence entre ces derniers.

En tant que prix Nobel de la paix 2009, il se devait de parler de cette paix comme objectif fondamental des Nations Unies. Une paix, dit-il, qui n’est pas pure absence de guerre, mais qui permet de rejoindre les grandes aspirations du monde d’aujourd’hui.

Si la guerre est parfois nécessaire, ce ne peut être que pour permettre à des peuples, privés de liberté et de démocratie, de chasser les tyrans et de prendre en main leur propre destin de nations libres et indépendantes.

Lorsqu’il passe aux exemples concrets permettant d’illustrer cette approche, les thèmes choisis et les analyses proposées ont chacune leur logique interne fondée sur des postulats et des lectures de la réalité qui sont loin de faire l’unanimité.

Il y a, entre autres, le cas de la Tunisie où le peuple, sans arme,  s’est levé pour réclamer le départ du Président qui occupait son poste depuis plus de 30 ans. Dans ce cas, la foule représentait bien la volonté populaire et le Président se devait de partir. En aucun moment, dans son discours, il n’a été question de dictateur corrompu et sanguinaire, mais bel et bien d’un Président qui avait fait son temps et dont le départ était demandé par le peuple. Il s’est bien gardé, toutefois, de relever le changement de régime réclamé par le peuple et la mise en place d’une nouvelle constitution.

Il y a également le cas de l’Égypte où là encore un peuple s’est mobilisé pacifiquement pour réclamer le départ d’un Président qui avait fait son temps. Pas de commentaires spécifiques sur l’attaque violente et sanguinaire dont cette foule, réunie sur la place principale, a été victime lors de ces manifestations. Pas un mot sur la corruption et le régime répressif.

Dans le cas de la Libye, le ton change et les mots et les arguments deviennent différents. Il n’est plus question d’un Président, mais d’un dictateur sanguinaire qui opprime son peuple depuis plus de 40 ans. Il ne s’agit plus d’un peuple manifestant sur la place verte de Tripoli ou ailleurs à travers le pays comme ce fut le cas en Tunisie et en Égypte, mais d’opposants armés au régime Kadhafi, victimes de l’atrocité sanguinaire du tyran. Dans ce dernier cas, Il n’est pas question de démontrer les faits des crimes commis pas plus que de connaître la volonté du peuple libyen en appui aux opposants. Pour Obama, les opposants sont le peuple.

La nouvelle, non confirmée, de l’assassinat de 6000 personnes par les forces de Kadhafi donne le signal de l’offensive de l’OTAN. Il n’est pas question de suivre les conseils de divers pays de l’Amérique latine et de l’Afrique qui demandent qu’une commission spéciale soit envoyée sur les lieux pour vérifier l’authenticité des faits rapportés et chercher par des voies politiques une solution au problème interne à la Libye.

Aujourd’hui nous savons que cette accusation des six mille exécutions étaient sans fondement et que tout ce qui a suivi n’a été tissé que de demi-vérités ou de mensonges.


Les trois derniers cas, donnés en exemple, se rapportent au Yémen, à Bahreïn et à la Syrie. Dans les deux premiers cas, l’approche est différente.  Tout en reconnaissant un certain soulèvement de la population, Obama ne mentionne pas comme telle la répression dont il a été victimes. Le cas de Bahreïn retient d’autant plus l’attention que le gouvernement a fait appel à l’armée de l’Arabie Saoudite pour faire taire le peuple. Ce fait n’a soulevé aucune urgence d’une intervention des Nations Unies pour défendre le peuple, comme ce fut le cas pour la Libye et que ce le sera probablement pour la Syrie. Dans ce dernier cas, il s’agit de groupes armés qui se proclament représentants du peuple et qui réclament le changement de régime. Rien à voir avec ces foules comme celles  en Égypte, en Tunisie ou encore au Yémen et à Bahreïn. Le cas de la Syrie se rapproche beaucoup de celui de la Libye.

La logique de M. Obama est que dans tous les cas, y incluant la Libye et la Syrie,  il s’agit du soulèvement de peuples. Par contre, qu’il y ait eu un million et demie de libyens et libyennes, soit 25% de la population totale de Libye, réunis sur la Place verte de Tripoli, pour s’opposer à l’intervention de l’Otan et soutenir Kadhafi, cela ne compte pas. Le groupe de mercenaires dont nous connaissons la composition est, pour M. Obama, le peuple Libyen alors que ceux qui résistent sont des Kadhafistes.

Dans son discours, il parle de l’importance des Nations Unies et de son rôle pour   assurer la paix dans le monde. Il demande que tous les pays s’unissent dans un effort commun pour construire cette paix. Tout en disant cela, il nie à la communauté internationale  son pouvoir d’assumer cette responsabilité, en maintenant  le système du droit de véto de cinq pays. Les Etats-Unis, par ce droit de véto peut renverser toutes les décisions prises par l’Assemblée générale.  Ce sera le cas pour bloquer la reconnaissance de la Palestine comme pays souverain ayant son siège aux Nations Unies.

« Ces idéaux (le respect des droits des personnes et des peuples) éclairent toujours le monde et nous ne les abandonnerons pas par opportunisme. Donc, à tous les autres peuples et les gouvernements qui nous regardent, aujourd’hui, du plus petit village où mon père est né, sachez que l’Amérique (les États-Unis) est l’amie de chaque nation, de chaque homme, femme, enfant qui cherche un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à diriger, une fois de plus.

Je laisse à d’autres de poursuivre dans l’identification des incohérences souvent noyées dans l’usage de mots dont les contenus varient selon les territoires, les populations, mais surtout selon les intérêts en cause.

Oscar Fortin
Québec, le 16 octobre 2011




lundi 17 octobre 2011

"UNE ANNÉE DE LA FOI"


DÉCRÉTÉE PAR BENOÎT XVI
  

Benoît XVI vient de décréter une « année de la foi », à partir du 11 octobre 2012, qui marquera le cinquantième anniversaire de l’inauguration du Concile Vatican II (1962/65) et qui se conclura, le 24 novembre 2013, lors de la solennité du Christ, roi de l'univers. « Ce sera, dit-il, pour donner une impulsion renouvelée à la mission de toute l'Eglise de conduire l'homme hors du désert, où souvent il se trouve, vers le lieu de la vie, vers l'amitié avec le Christ, qui nous donne cette vie en plénitude. "Ce sera un moment de grâce et d'engagement, pour une conversion toujours plus entière à Dieu, pour renforcer notre foi en lui et l'annoncer, avec joie, aux hommes de notre temps. »

Que l’on réfléchisse sur la foi, que l’on en découvre ses véritables fondements, que l’on en exprime les engagements auxquels elle conduit dans ce devenir de l’humanité, appelée à vivre la justice, la vérité, la solidarité, la compassion, tout cela ne peut qu’être bénéfique pour l’Église et le Monde. Pour ce faire, il faut se présenter à cet exercice avec un esprit ouvert, libre de schémas idéologiques et théologiques davantage inspirés  par des doctrines de siècles passés que par les Évangiles elles-mêmes.

La présentation de cette « année de foi » qu’en fait Benoît XVI me laisse songeur sur 4 points qui ressortent dans son intervention. 
  1. 1. Il y a en tout premier lieu cette conception d’une Église qui a pour mission de conduire l’homme… Tout en parlant de toute l’Église le lecteur que je suis se demande si sa pensée ne porte pas prioritairement sur l’autorité des pasteurs et de lui-même qui disposent de lumières spéciales et de l’autorité nécessaire pour guider les chrétiens et l’humanité entière vers Dieu. Il sera important que soit discuté le rôle des croyants et croyantes dans cette Église et dans cette conduite de l’homme hors du désert. Pour le moment, on ne peut que regretter le sort réservé à de nombreux prophètes engagés dans cette sortie du désert. Que l’on pense aux théologiens de la libération et à tous ces prophètes qui proclament l’avènement d’un monde nouveau, fondé sur autre chose que la cupidité, la recherche du pouvoir et les goûts de grandeur.

  2. 2. Le second point est celui du « désert ». De quel désert s’agit-il ? Dans l’histoire de l’Église et de l’Ancien Testament de nombreux mystiques ont choisi le désert pour se rapprocher de Dieu. Certains peuvent aussi comprendre le « désert » comme l’absence de communication, l’isolement, l’exclusion sociale, la pauvreté etc. Il y a là également un désert où se retrouvent les 2/3 de l’humanité. Sortir cette partie de l’humanité du désert dans lequel elle est retenue par des systèmes dominés par la cupidité, la puissance de domination de certaines élites oligarchiques, financières, institutionnelles et même religieuses est un défi qui concerne toutes les personnes de bonne volonté et auquel de nombreux croyants participent sous l’inspiration de Jésus de Nazareth. Je soupçonne toutefois que ce soit là le désert dont parle Benoît XVI. Je crois plutôt qu’il se réfère à un schéma théologique où la foi se réfère à un Dieu de l’au-delà et que ceux et celles qui n’ont pas cette foi dans ce Dieu de l’au-delà, dont l’Église est la représentante officielle, sont dans le désert. Dans cette optique, « l’année de la foi » consistera à faire découvrir ce Dieu dans la figure du Christ, roi de l’univers, source d’amitié et de vie.
  1. 3.    Le troisième point est celui qui porte sur la conversion. De quelle conversion parle-t-on et conversion de qui ? Il est évident que sans une plus grande précision des relations de l’Église institutionnelle, hiérarchique avec l’ensemble des croyants et avec le monde dans tout ce qu’il est, il sera bien difficile de dire qui doit vraiment se convertir et à qui et à quoi se convertir. Pendant que de nombreux croyants demandent aux autorités ecclésiales de se convertir aux Évangiles et à Jésus de Nazareth, ces dernières demandent aux croyants et au monde de se convertir à Dieu, roi de l’Univers.
  1. 4.    Le quatrième point porte inévitablement sur l’idée que l’on se fait de Dieu et celle que l’on se fait de Jésus de Nazareth. Dans ce dernier cas, il y a d’une part le Jésus de l’histoire dont nous parlent les Évangiles, le Dieu avec nous, l'un de nous sur terre, et d’autre part le Christ ressuscité, roi et seigneur de l’univers, plutôt placé dans les hauteurs du Ciel. Il ne fait aucun doute qu’il y aura débat pour savoir qui de ces personnages peut le mieux inspirer le monde d’aujourd’hui. 


Il y a donc de nombreuses questions qui doivent être posées tant sur le Dieu, pris en référence, que sur le destin d’une humanité, prise en otage. Une chose est certaine : Jésus de Nazareth, cet homme au visage humain et aux comportements solidaires, est à la base de l’Église et cette dernière se doit de se l’approprier pleinement pour devenir lumière du monde. Dans le contexte actuel, le chemin à parcourir ne saurait être franchi sans une profonde conversion de ces mêmes autorités et de nombreux autres au Jésus de l’histoire et au témoignage qu’il a laissé.

À n’en pas douter, « l’année de la foi » sera l’année de  remises en question  fondamentales sur ces diverses questions et, espérons-le, de grandes conversions. Si tel est le cas, la décision de Benoît XVI aura été de grande inspiration.

Oscar Fortin
Québec, octobre 2011


samedi 15 octobre 2011

HARPER LA MARIONNETTE DE WASHINGTON




Le Canada n’est-il pas ce beau et grand pays qui témoigne, face au monde, de la paix, de la prospérité, de la démocratie, de l’indépendance  et de l’harmonie avec tous les peuples? Si une telle présentation a pu avoir quelques échos dans le passé avec des Premiers ministres « canadiens » tels Lester B. Pearson et d’une certaine façon ave Pierre E. Trudeau, elle est maintenant dépourvue de tout fondement.

Le Canada, véritable marionnette de Washington, fait partie directement ou indirectement de toutes les guerres que ce dernier provoque dans le monde. Il est directement impliqué dans la guerre en Afghanistan, en Libye et joue un rôle d’intelligence et de couverture dans plusieurs autres pays susceptibles d’être au nombre des prochaines cibles.

Les dernières déclarations de Monsieur Harper, qui reprend à son compte la version officielle de Washington, à l’effet que l’Iran est à l’origine d’une tentative d’assassinat de l’ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, confirment cette dépendance. Voici le communiqué publié sur AterInfo.

« L'Iran représente "la plus grave menace" pour la paix et la sécurité, dans le monde", a déclaré, vendredi, le Premier ministre canadien, Stephen Harper, après la dénonciation, par Washington, d'un complot iranien présumé visant à assassiner l'ambassadeur saoudien, aux Etats-Unis.

"Nous n'avons rien contre le peuple iranien, mais le régime de Téhéran représente, vraisemblablement, la plus grave menace, pour la paix et la sécurité dans le monde", a dit M. Harper, lors d'un point de presse. Jeudi, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a laissé entendre que le Canada pourrait se joindre à d'éventuelles nouvelles sanctions contre Téhéran, affirmant qu'Ottawa collaborerait avec ses partenaires internationaux, au sujet "des conséquences concernant les actes de l’Iran". Harper n'a pas expliqué sur quelles bases il avançait une si grave accusation. »

Cette supposé interprétation, proclamée initialement par Washington devient vite vérité et voilà que les marionnettes se permettent de la répéter en chœur comme si l’intelligence des peuples n’existait pas. Les démentis officiels de l’Iran ne comptent pas.

Mais voilà qu’un ex agent de la CIA , Michael Scheuer, l’homme jadis responsable-au sein de la CIA- de l’unité chargée de traquer Oussama Ben Laden, se permet de douter d’une pareille supposition et croit plutôt que cette mise en scène serait l’œuvre d’Israël ou de l’Arabie saoudite.

« Les seuls gens qui pourraient bénéficier de cela seraient les Israéliens et les Saoudiens. Si j’étais à la recherche d’une opération de contre-espionnage pour cerner l’origine de cette information, je serais très tenté de vérifier la piste d’un instigateur israélien ou saoudien. Car, sur le long terme, Israël et l’Arabie saoudite sont deux ennemis bien plus dangereux pour les Etats-Unis que l’Iran. Celui-ci est un pays de troisième rang sur le plan militaire que nous pourrions facilement gérer.

Le Congrès est emballé à l’idée de faire la guerre à l’Iran. Écoutez les sénateurs Graham, McCain et Joe Liberman : ils sont dans les mains des Israéliens. Les Saoudiens sont très influents. Quand vous observez ce genre de choses, vous devez vous poser la question : qui profiterait de cette guerre ? Israéliens et Saoudiens adoreraient voir notre argent et nos jeunes gens être tués pour combattre leur ennemi en Iran ».

Qu’en pense nos services secrets canadiens ? Peuvent-ils apporter des réponses qui vont au delà des suppositions ? Ce n’est tout de même pas rien. Il s’agit de la mise en marche d’une autre guerre aux milliers de morts et aux milliards de dollars investis dans les armements. Est-ce vraiment ce que veut le Peuple canadien ? M. Harper, demandez le donc au Peuple canadien si c’est ce qu’il veut vraiment. Un référendum coute moins cher et n’occasionne aucune mort. Trop de guerres en ce début du XXIème siècle ont été déclarées sur la base de mensonges et de demi-vérités. Plus d’un million de personnes, comme vous et moi, ont été tuées. Pour QUI et pour QUOI ?

Imaginons un instant une guerre de grande envergure déclenchée sur la base d’une tentative d’assassinat d’un ambassadeur saoudien en sol américain. Allons donc, il n’y a pas là motif pour déclarer une guerre et encore moins lorsque les auteurs intellectuels de l’opération ne sont pas clairement reconnus. De plus, en quoi la sécurité du Canada est-elle compromise ?

Oscar Fortin
Québec, le 15 octobre 2011
http://humanisme.blogspot.com




jeudi 13 octobre 2011

BOLIVIE : 12 OCTOBRE 2011



« JOUR NATIONAL DE LA DÉCOLONISATION »



Devant plus d’un demi-million de Boliviens et Boliviennes, descendus dans les rues de La Paz et des dizaines de milliers d’autres à Santa Cruz, Sucre, Cochabamba, le président Évo Morales a déclaré que le 12 octobre serait célébré dorénavant en tant que  « Jour nationale de la décolonisation ».  

Dire que la Bolivie était, il n’y a pas encore bien longtemps, un des pays les plus pauvres de l’Amérique latine. L’Ambassadeur des Etats-Unis y jouait le rôle de grand gouverneur, filtrant les candidatures aux principaux postes de direction des pouvoirs législatifs, judiciaires et économiques. Les élections n’étaient qu’une mascarade. Les multinationales pouvaient compter sur les gouvernements en place et obtenir ainsi les meilleures conditions pour soutirer des entrailles de la terre, à vils prix, les richesses qui s’y trouvaient.

De nombreuses luttes, menées avec persévérance et sur de longues périodes par les regroupements de mineurs, de paysans, d’indiens d’origine, ont donné naissance à une nouvelle conscience sociale qui ne cessera de s’affirmer. C’est cette conscience, portée par le peuple, qui a conduit Évo Morales à la Présidence du pays, en 2005, et qui l’a reconduit pour un second mandat, en 2009, avec une majorité jamais égalée par le passé, soit plus de 63%.  

Inutile de dire qu’il a redonné au Peuple la primauté du pouvoir en rappelant aux représentants des États-Unis et aux oligarchies nationales, que leurs rôles n’étaient plus de diriger la politique de la  Bolivie et qu’ils se devaient de s’abstenir de toute initiative visant à contourner le pouvoir du Peuple, fortement réuni autour de lui.

Peu habitués à se faire rappeler à l’ordre du droit international et du respect des peuples à disposer d’eux-mêmes, ils n’ont pas obtempéré à cette volonté des dirigeants. Ce fut, alors, le début d’une nouvelle guérilla, réunissant, cette fois, les forces de l’Empire, les oligarchies nationales et les partis d’oppositions. Tout a été essayé : tentatives d’assassinat du Président, attentats à la bombe, attaques de paysans et d’indigènes, projets de cessation visant le démantèlement du pays, et tout récemment le soulèvement de nations indigènes les unes contre les autres.  

« Ils essaient de nous diviser, frères et sœurs, comme toujours ils l’ont fait antérieurement. Pourquoi? Ils veulent nous diviser pour revenir à l’État colonial, le modèle néolibéral que le gouvernement socialiste a écarté au cours des 5 dernières années. » (Évo Morales, 12 octobre 2011)

Toutes ces actions ont pu être contrées, grâce à la vigilance du Peuple et à sa mobilisation.  Une nouvelle constitution a été votée, les multinationales ont été invitées à être des partenaires du Gouvernement et non l’inverse. L’État a pris le contrôle de ses richesses et c’est lui qui détermine les conditions de leur exploitation et exportation.

Avec les revenus générés par ces ajustements structurels dans la gestion des richesses naturelles, l’État a investi dans l’éducation, la santé, les conditions de travail des mineurs ainsi que dans l’exploration et le développement. Dans le cadre d’une entente avec la Chine, un nouveau satellite sera mis en orbite pour répondre aux besoins de la Bolivie.

Cette révolution pacifique,  réalisée démocratiquement et dans le plus grand respect des droits fondamentaux des personnes et des diverses communautés ethniques et culturelles, ne fait pas la joie des oligarchies et de leur tuteur à Washington. On voudrait bien en finir avec ce processus de changement et ceux qui en sont les principaux dirigeants.

Le Président reconnaît qu’il y a eu des erreurs et que pour y remédier, les représentants des diverses organisations sociales, ethniques et culturelles ont déjà été convoqués pour établir, en concertation avec ces derniers, un nouveau pacte national ainsi que la configuration d’un nouvel agenda gouvernemental. Les intérêts du peuple doivent passer avant tout.

Le 12 octobre 2011, le Peuple a de nouveau fait entendre sa voix. Le processus des changements est là pour rester et ce ne sont pas les oligarchies nationales ni l’Empire qui vont en décider. Le Peuple va décider lui-même de ses priorités.  

Dimanche, 16 octobre, sera jour d’élection des juges qui auront à diriger la Magistrature de la Bolivie. De nouvelles figures, dont des indiens et indiennes, feront, à n’en pas douter, leur apparition à la tête de cette Instance du pouvoir constitutionnel.

Un pas de plus vers une plus grande démocratie et plus de justice. De quoi faire rougir de honte les croisés impériales de la démocratie dans le monde. Le rameau d’olivier, porté par les peuples, apporte plus à l’humanité que les boulets de canons et les missiles destructeurs de vie et de civilisations.

Ceux et celles qui voudraient faire croire que le Peuple bolivien n’est plus derrière son Président devront s’ouvrir les yeux. Ce ne sont pas mille personnes, mais plus 500 000  qui sont venus dire à Évo Morales : TU N’ES PAS SEUL, NOUS SOMMES LÀ AVEC TOI. Pas surprenant que nos médias fassent si peu écho à pareilles manifestations de solidarité.

Oscar Fortin
Québec, le 12 octobre 2011

Pour ceux que le sujet intéresse particulièrement







samedi 8 octobre 2011

"DIEU CRÉA LES ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE POUR DOMINER LE MONDE" !

COMMENT  LE DIEU DES PAUVRES DEVIENT LE DIEU DES PUISSANTS



Le candidat favori du Parti républicain aux élections présidentielles étasuniennes 2012, MITT ROMNEY, a eu, tout récemment,  cette déclaration bien particulière à l’effet que « Dieu avait créé les Etats-Unis d’Amérique pour dominer le monde.».  Rien de moins. Que les adversaires se le tiennent pour dit. Le bras divin est bien là pour les accompagner dans cette grande mission de la militarisation et de la domination du monde. L’empire devient le véritable Emmanuel des temps modernes. Dieu avec nous.

Cette déclaration, venant d’un pasteur chrétien (Mormon),  transforme le Dieu des Évangiles en un Dieu de domination, de conquête et de militarisation. Tout ce qu’il y a de plus opposé à Jésus de Nazareth. De quoi soulever le tollé général de toutes les confessions chrétiennes qui font de ce Jésus et de son message évangélique la pierre angulaire de leur foi.

En effet, comment associer une telle déclaration au message Évangélique? Comment transformer, sans sourciller, le Prince de ce monde, qu’est l’Empire, en un messager du Dieu des évangiles? Comment ne pas faire le rapprochement avec cette scène où Jésus, confronté au Prince de ce monde lui offrant tous les royaumes de la terre en échange d’une soumission, lui répond de façon cinglante et sans appel : « Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, et à Lui seul tu rendras un culte » ? En des termes plus contemporains, « ces royaumes, fondés sur les ambitions de conquête et de domination, sur la cupidité et la puissance militaire, ne sont pas du genre de celui voulu par son Père et pour lequel il est venu sur la terre. » Son royaume n’est pas de ce monde-là.

S’il y a dans les Évangiles des points qui reviennent constamment sont ceux où l’autorité de domination devient autorité de service, où  la force physique est substituée par celle de l’amour, où le courage devient justice et partage, où la vérité devient transparence. Et que dire du sermon sur la montagne qui est rempli pour certains de promesses et pour d’autres de malédictions:

« Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d'exclusion et qu'ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause de la justice (…) Mais malheur à vous, qui êtes repus maintenant ! Car vous aurez faim. Malheur, vous qui riez maintenant! Car vous connaîtrez le deuil et les larmes. Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! C'est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. (…)

Mais je vous le dis, à vous qui m'écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent…Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement. » Lc. 6…

N’est-ce pas là une approche diamétralement opposée à la déclaration du candidat républicain et de la pensée religieuse de la droite chrétienne qui domine la vie politique. Pour ces derniers, les intérêts des Etats-Unis sont la mesure avec laquelle le monde doit s’ajuster.

« Nous nous réservons le droit d'agir seuls pour protéger nos intérêts nationaux" » « Les Etats-Unis doivent toujours conserver leur suprématie militaire pour dissuader leurs agresseurs potentiels et défendre leurs alliés" »

Il est donc impératif que les Conférences des Évêques catholiques, aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde, dénoncent, avec vigueur, pareilles prétentions. En tant que représentants de la catholicité de la foi,  il faut que le monde sache qu’ils se dissocient complètement d’une telle récupération  de Dieu et qu’ils ne sauraient se prêter de quelque manière que ce soit à une telle mission dominée par la force des armes et l’ambition de domination.  Leur silence ne ferait que confirmer leur complicité avec les forces de l’Empire et trahirait le caractère universel de la foi et de l’Église.

Ce mouvement de protestation et de dénonciation, en raison de ses implications évangéliques et théologiques, devrait être mené par Benoît XVI lui-même qui ne s’était pas gêné de lamenter, à l’occasion de sa visite à Grounds zéro, en 2007,  l’Usage que les terroristes faisait du nom de Dieu pour commettre leurs crimes.

« La tragédie du 11 septembre est d’autant plus grave que ses auteurs ont dit agir au nom de Dieu".

Dans le cas présent, il s’agit de quelque chose d’encore plus grave du fait que le terrorisme est étendu, au nom de Dieu, au monde entier.

Il y a dans la foi comme dans tout engagement de vie une radicalité qui vient chercher la totalité de l’être. Sur les questions de fond Il ne peut y avoir de demi-mesure. Les réponses de Jésus aux trois tentations auxquelles il a été soumis au désert nous en disent long à ce sujet. On ne peut servir à la fois, d’une part la justice, la vérité, la solidarité, la compassion, la paix, la liberté et d’autre part l’injustice, le mensonge, l’individualisme, l’intransigeance, la guerre, la domination. On ne peut servir « Dieu » et « Mammon » à la fois.


Une mise à jour de la foi des diverses églises doit être faite à la lumière des impératifs de justice, de vérité, de solidarité, de compassion et de bonne foi qui interpellent le monde d’aujourd’hui. Nous n’en sommes plus aux problématiques de culte et de sacramentalité, mais de vie et d’humanité. La bonne nouvelle annoncée aux pauvres doit retrouver toute son actualité.

Oscar Fortin

Québec, le 8 octobre 2011