dimanche 15 janvier 2012

LORSQUE LES MOTS SE TRANSFORMENT EN « CHEVAL DE TROIE »



Vous connaissez sans doute la légende du Cheval de Troie. Pour ceux et celles qui n’en auraient aucune idée je me permets d’en faire un bref rappel.
« Après avoir vainement tenté d’assiéger Troie pendant dix ans, les Grecs ont l’idée d’une ruse pour prendre la ville : Épélos construit un cheval géant en bois creux, dans lequel se cache un groupe de soldats, menés par Ulysse. Un espion grec, Sinon, réussit à convaincre les Troyens d’accepter l’offrande, malgré les avertissements de Laocoon et de Cassandre. Le cheval est alors tiré dans l’enceinte de la Cité pendant que ses habitants célèbrent le grand évènement. Lorsque ces derniers sont emportés par la torpeur de l’alcool, la nuit, les Grecs sortent du Cheval et ouvrent les portes, permettant au reste de l’armée d’entrer et de piller la ville. 
Ulysse, ce personnage mythique à l’intelligence exceptionnelle nous dit qu’il s’agit dans ce cas d’une ruse. Elle se distingue de la tricherie mais aussi du délit (du crime) en cela que la ruse est autorisée par la loi ou les règles de l’usage, du jeu, de l’art, de la société, ou des accords internationaux. En l’espèce de l’art de la guerre chez les grecs, il s’agit plus particulièrement d’une ruse de guerre. »
L’idée fondamentale est de présenter sous des dehors attrayants et totalement inoffensifs des projets aux visées criminelles. Les moyens utilisés appartiendront à la stratégie de la ruse et non à la malhonnêteté et donneront bonne conscience aux prédateurs en les assurant qu’il n’y a rien d’illégale dans cette façon de faire et que ce semblant de tricherie n’est en fait qu’une facette de l’art de la guerre.
Aujourd’hui, ce sont les mots qui servent de couverture et de ruse. Par exemple le mot « démocratie », utilisé par les oligarchies et les forces de l’empire n’a pas du tout le même sens que lorsqu’utilisé par les peuples. Il en va de même, entre autres, pour les mots justice, liberté, vérité, terrorisme, droits humains etpaix. Ce sont tous des mots auxquels les peuples sont sensibles et pour lesquels ils sont disposés à se battre.
Voyons de plus près chacun de ces mots.
D’abord le mot « démocratie », lorsqu’utilisé par les oligarchies et les forces  impériales, signifie le plein contrôle par ces dernières des divers leviers de pouvoir qu’a un État : le politique, le judiciaire, l’économique et l’exécutif. Il y aura évidemment des élections, mais ces dernières seront encadrées par des partis politiques, soigneusement contrôlés  dans le choix de leurs leadeurs et dans  le déroulement des scrutins. Les argents seront au rendez-vous des organisations et les médias  assureront,sous leur commande, la diffusion de la bonne nouvelle du parti et des représentants les mieux préparés pour gouverner. Une fois ces derniers élus et à la tête de l’État, le peuple réalisera alors que ses dirigeants sont là pour répondre prioritairement aux intérêts de ses oligarchies et que ce sont ces dernières qui ont le dernier mot sur les budgets et les guerres. 
Ce même mot, DÉMOCRATIE, lorsqu’il est utilisé par les groupements sociaux et les mouvements populaires, signifie que le peuple prend le contrôle des divers leviers de l’État et que ses objectifs sont prioritairement commandés par les exigences du bien commun de tous et de toutes. Ce type de démocratie qui répond à la définition qu’en donnent les dictionnaires sera vite qualifié, par les oligarchies et les empires, de populiste, de dictatoriale et de danger contre la libre entreprise et les libertés fondamentales.
Prenons maintenant le mot « justice ». Dans le cas des démocraties oligarchiques, les constitutions seront, en général, le fruit de leur propre labeur. À ce que je sache peu nombreux sont les peuples, sous ces régimes,  qui ont été appelés à se prononcer sur la rédaction et l’adoption de leur constitution. Au Canada, le peuple canadien n’a jamais voté pour sa constitution et encore moins le peuple québécois que ses dirigeants ont même refusé de signer son rapatriement de Londres ainsi que les amendements, apportés par le gouvernement canadien d’alors. Or, la constitution est la loi fondamentale d’un État et du fait même le reflet de ceux et celles qui en ont été les architectes. Il est facile de comprendre qu’une telle constitution assurera les droits et les privilèges des oligarchies  et verra à ce que le peuple ne la remette pas en question.
Par contre, une constitution, élaborée et votée par  le peuple, n’aura pas les mêmes contenus. Elle parlera des impératifs du bien commun en des termes contraignants comme l’éducation, la santé, l’alimentation, le logement, le travail.  Elle élaborera sur les mécanismes indispensables de participation des divers mouvements  sociaux, culturels, économiques et politiques à l’exercice du pouvoir. Elle établira des normes précises à  respecter quant aux financements des partis politiques et aux nécessaires contrôles des votes comptabilisés. Elle encadrera l’usage et le développement des richesses naturelles de manière à ce que ces dernières servent prioritairement les intérêts du peuple et bien d’autres choses encore visant les mêmes objectifs.
Le mot « liberté » est un autre mot auquel on accole bien des sens. Il y a la liberté des grands et des puissants pour lesquels les contraintes sont à leur plus bas niveau. Ils sont porteurs de la « liberté » à ne pas toucher. Tout leur est pratiquement permis tant par la loi fondamentale que par les lois particulières dont ils auront été les principaux artisans. Dans ce dernier cas, les classes moyennes et pauvres deviennent porteuses d’une liberté de second ordre. Une liberté qui permet de jouer dans sa cour, de crier tous les mots dans son sous-sol et d’écrire ou de prononcer tous les discours pour les classer dans le fond des tiroirs. Déjà nous savons que les journaux et les médias électroniques sont la propriété des  premiers et si vous voulez y intervenir comme simple citoyen, il faudra que le contenu soit conforme aux politiques éditoriales des patrons. Si vos propos sont conformes aux intérêts des maîtres, les portes vous seront alors grandes ouvertes. Dans le cas contraire, vous devrez vous contenter du désert.
Par contre, si la « liberté » est pensée et voulue par les peuples, ils en deviennent alors les premiers bénéficiaires. Les règles du jeu sont inversées. Les peuples reprennent le contrôle de leur législation, s’assurent une présence effective dans les milieux de communication, brisant les monopoles et se dotant d’outils leur permettant de faire entendre leurs voix  au-delà des murs de leur sous-sol. Il est évident que les anciens maitres crieront au scandale, au non respect des libertés fondamentales, à la dictature des nouveaux dirigeants qui n’ont que faire de leur démocratie et de leur liberté.
Le mot « vérité » est l’un des plus massacré. Pour les oligarchies la vérité est celle qui correspond à ce qu’elles  veulent faire et réaliser. Son usage appartient à la ruse et à l’art de la guerre.  Ces derniers temps nous avons été témoins jusqu’où les oligarchies et les forces de l’empire peuvent aller. De l’usage de la demi-vérité jusqu’au montage en studio de mises en scènes de blessés, de tueries, de  combats comme ce fut le cas de la prise de la place verte à Tripoli, tous les moyens sont bons pour tromper. Actuellement tout est déployé pour vendre l’idée aux occidentaux  que Bashar Al Assad est un dictateur sanguinaire, qui tue, pour le plaisir, d’innocentes victimes. Tout cela pour faire en Syrie ce qu’ils ont fait en Libye : détruire les infrastructures, changer le régime, prendre le contrôle des richesses et du territoire.Actuellement une délégation de la Ligue arabe est sur place pour constater les faits. Le Canada n’a pas eu besoin d’attendre les résultats de cette mission, pour condamner de nouveau le président Assad et ordonner de nouvelles sanctions.
Heureusement qu’il y a l’information alternative qui repose sur le témoignage de personnes qui sont sur place ou qui sont allés sur place et qui n’ont de compte à rendre qu’à la vérité des faits.  Je me permets quelques références de sites en langue française au terme de cet article. Nombreux sont les témoignages de ces journalistes indépendants qui mettent à jour  ces montages médiatiques dont le seul objectif est de tromper les lecteurs et lectrices, les auditeurs et auditrices. Entre les mains de ces prédateurs, la vérité n’a plus aucune valeur transcendantale.
Qu’en est-il, maintenant, de l’usage qui est fait des mots « terrorisme et terroriste »? La définition la plus claire qu’en donnent les oligarchies et des forces de l’Empire est celle donnée par G.W Bush : il y a ceux qui sont avec nous, l’axe de bien, et tous les autres , « axe du mal », sont des terroristes. Tout usage de la force de la part de ces derniers est considéré comme du terrorisme. Dans ce cas, l’ « axe du bien » est tout ce qui correspond à l’idée qu’ils se font de leurs intérêts nationaux et de leur sécurité nationale. Voilà le contenu donné par ces derniers aux mots terrorisme et terroriste.
Pour les peuples, ces mots, revêtent un tout autre sens. Le terrorisme est tout ce qui vient entacher les droits fondamentaux des personnes et des peuples. Dans cet optique, sont des terroristes les États , les agences gouvernementales et les personnes qui s’infiltrent dans la vie des peuples et qui provoquent des conflits dont les seuls objectifs sont la reprise du contrôle des États et faire main basse sur les richesses du pays.
Enfin, dans la même logique seront traités les droits humains. Ces derniers ne peuvent s’appliquer qu’aux alliés de l’axe du bien. Les autres, les terroristes, ne doivent s’attendre à aucun respect.  Guantanamo et les prisons en Irak illustrent à merveille le niveau d’humanisme qui est appliqué aux adversaires.  Ici des images qui ont fait le tour du monde. Il ne faut surtout pas les oublier, ces victimes sont des personnes normalement protégées par la Charte des Nations Unies.
Je termine avec le mot « paix » dont  janvier est le mois qui nous en rappelle toute l’importance. Véritable « cheval de Troie », il est sur toutes les lèvres. Les forces impériales, avec leurs bombes, parleront de guerre humanitaire et préventive pour la « paix ». Le Président de la plus grande puissance militaire du monde n’est-il pas un récipiendaire du Prix Nobel de la Paix? Benoît XVI nous parlera également de la paix, mais ce ne sera qu’en des termes génériques, se gardant bien de pointer du doigt les fauteurs de troubles que sont les oligarchies impériales constamment à la recherche de conquêtes et de domination.  Il y a évidemment les peuples, eux qui sont les premières victimes des guerres, qui réclament la paix en exigeant plus de justice, de liberté et de  respect de ses droits .
Je m’arrête ici en soulignant que la fissure fondamentale n’est pas entre les peuples, mais entre ces derniers et les oligarchies qui ont le contrôle des États et qui se résistent aux peuples qui veulent reconquérir leur indépendance et souveraineté. C’est dans le cadre de ce combat que les mots « démocratie », « justice », « liberté », «vérité », « terrorisme », « droits humains » et « paix », tant désirés par les peuples  sont utilisés par les forces de l’empire comme couverture à ses ambitions. Chacun de ces mots est comme un « Cheval de Troie » leur permettant de faire passer leurs crimes pour de la vertu et leurs ennemis pour des terroristes. Nos médias officiels sont tous au service du pouvoir oligarchique de l’Empire. À nous de découvrir ce qu’il y a de caché en chaque cheval de Troie que sont devenus ces mots.En somme, l’État de droit de nos sociétés occidentales sert de “Cheval de Troie” à l’État profond dont parle Peter Dale Scott dans son livre “ La Route vers le Nouveau Désordre Mondial : 50 Ans d’Ambitions Secrètes des États-Unis, traduction et actualisation de The Road to 9/11 “
“”Quand les mots servent à cacher, à masquer, à mentir, à pervertir, à diviser, à manipuler, à instrumentaliser, ils cessent d’exister…  À quoi servent les mots quand ils ne servent plus à rien? Quand ils alimentent ambiguïté,  confusion et  cynisme? Quand ils nous rapprochent, chaque jour un peu plus, de la fin?“ Mohamed Lotfi
Oscar Fortin
Québec, 10  janvier 2012
 Quelques références de sites d’information alternative

vendredi 6 janvier 2012

LORSQUE LA VÉRITÉ NOUS EST RACONTÉE




 J’avais préparé un tout autre texte pour ce dimanche, un texte qui vous reviendra surement à un autre moment. C’est que ma journée d’hier a été marquée par deux témoignages qui m’ont particulièrement impressionné. Le premier est celui d’un personnage qui m’était totalement inconnu, PETER DALE SCOTT, professeur émérite de littérature anglaise à l’Université Berkeley, en Californie. Le second est celui  de l’ex-agent de la CIA, SUSAN LINDAUER.

J’ai pensé qu’il serait plus pertinent de partager avec vous ces deux témoignages, puisque dans les deux cas ils lèvent le voile sur cette vérité que nombre de nos gouvernants et représentants politiques préfèrent taire. L’ignorance de leurs concitoyens et concitoyennes compte plus pour eux que leur connaissance.  La politique du secret demeure leur arme la plus forte, mais aussi le maillon le plus faible, puisque tout finit par se savoir.

PETER DALE SCOTT

L’intérêt qu’il suscite lui vient tout particulièrement de ses ouvrages, amplement documentés, qui portent sur ce qu’il appelle « la politique profonde », celle qui se réfère à  « l’ensemble des pratiques et des dispositions politiques, intentionnelles ou non, qui sont habituellement critiquées ou tues dans le discours public plus qu’elles ne sont reconnues ». Les principaux acteurs de cette dernière échappent au contrôle des institutions politiques, définies et encadrées par la Constitution. De ce que j’ai pu en comprendre, il s’agit de la gouvernance souterraine dont les principaux acteurs proviennent de milieux aussi hétéroclites que ceux de la mafia, des industries militaires, des compagnies de pétrole, des banques, de la CIA et de diverses instances gouvernementales.

Il a écrit plusieurs ouvrages, en anglais, à connotation politique, mais dont les deux derniers ont été traduits en français. Le titre de chacun de ces ouvrages a tout pour piquer notre curiosité et nous  convaincre d’aller voir.

La Route vers le Nouveau Désordre Mondial : 50 Ans d'Ambitions Secrètes des États-Unis, traduction et actualisation de The Road to 9/11


Le second ouvrage qui nous parviendra en français, dès l’été prochain, nous est présenté sur le site de Voltaire dans une série de deux articles dont le premier vient tout juste de paraître.

Le "Projet Jugement dernier" et les événements profonds : JFK, le Watergate, l’Irangate et le 11-Septembre.

Dans ce dernier ouvrage, il ne parle plus seulement de la « politique profonde », mais de l’ « État profond ». Il y a l’État de droit que nous connaissons avec sa constitution, ses institutions, ses pouvoirs, sa démocratie et il y a l’État profond qui obéit à d’autres lois et préoccupations. Ce dernier échappe à toute démocratie.



SUSAN LINDAUER

Cette dernière vient de publier un livre, en anglais, Extreme prejudice.  En tant qu’ex-agent de la CIA, responsable à l’époque du 11/9/2001 des liens avec l’Irak et plusieurs autres pays du Moyen Orient, dont la Libye, elle était, pour ainsi dire, au carrefour où passait l’information.  Toujours est-il qu’après dix ans de démêlé avec la justice étasunienne, elle peut de nouveau prendre la parole. Dans le vidéo qui suit elle raconte ce qu’elle a fait, ce qu’elle a vu et ce qu’elle a entendu et dit tout au long des mois précédant et suivant le 11/9/2001



Je termine cette présentation en rappelant que l’État profond, celui qui se place au dessus de toutes les lois et pour qui les seuls droits qui vaillent sont les siens, prépare actuellement une guerre sans merci et avec toutes les armes dont il est capable contre l’Iran et tous ses alliés au Moyen Orient et dans le monde. La propagande est toute prête et ses journalistes ont déjà commencé à préparer le terrain pour que le bon peuple sache qu’ils font cette guerre, tuant d’innocentes victimes et anéantissant des peuples entiers, au nom de la défense des droits humains et de la sécurité de la planète.


http://www.centpapiers.com/l’iran-face-a-une-attaque-a-l’arme-nucleaire-«-aucune-option-n’est-ecartee-»/91431




Oscar Fortin
Québec, le 7 janvier 2012


mardi 3 janvier 2012

EN SYRIE, POURQUOI PAS UNE MISSION COMME CELLE DE MINUSTAH EN HAÏTI?





On se souviendra qu’en Haïti, suite à divers conflits internes générant beaucoup de violence, les Nations Unies décidèrent d’y envoyer une force de pacification visant à stabiliser le régime de droit. Cette force, MINUSTAH toujours en opération après plusieurs années, comprend des représentants de divers pays dont plusieurs de l’Amérique latine. À ce jour, elle a permis d’éviter de nombreux morts et rendu possible la réalisation d’élections et une certaine stabilisation dans le pays.

Pourquoi, ne pas penser à une force du genre pour la Syrie? Déjà nous savons que la formule utilisée lors de la guerre en Libye n’a fait que multiplier les morts, rendre caduc tout régime de droit, détruire pratiquement toutes les infrastructures et permettre à des mercenaires de renverser avec l’aide des forces de l’OTAN le gouvernement légitime. Une intervention qui a fait plus de dommages que tous ceux escomptés par une approche plus politique et  plus soucieuse du régime de droit.

En s’attaquant directement aux forces gouvernementales et en soutenant par tous les  moyens les forces rebelles, les pays de l’OTAN ont bafoué le droit internationale et donner un bien mauvais exemple aux forces qui veulent des changements de régime.  Il y a longtemps que les Forces armées révolutionnaires de la Colombie, les FARC, auraient eu raison de tous les gouvernements colombiens qui ont bafoué, depuis plus de quarante ans les droits humains. Mais dans ce dernier cas nos pays se sont rangé du coté du régime de droit pour apporter des changements souhaités tout en condamnant l’usage de la violence de la part de forces clandestines. Ces dernières sont plutôt considérées comme des forces terroristes.

Actuellement, la Délégation  d’observateurs mise en place par la Ligue arabe pour constater les faits tels qu’ils se présentent actuellement en Syrie, permet déjà de dissiper bien des écrans de fumée et donne une vision plus juste de ce qui se passe réellement sur le terrain. Les premiers rapports de cette commission font contrastes avec ceux auxquels nous a habitués l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme, dont le siège social est à Londres. Nos médias occidentaux s’alimentent, les yeux fermés, à cette source d’information qui, pour plusieurs, est devenue une source de désinformation et de manipulation à des fins autres que celles officiellement proclamées : fin de toute violence et réforme  démocratique. La campagne pour discréditer cette Délégation a été déclenchée à l’unisson par nos médias occidentaux et les principaux porte-parole des gouvernements intéressés à la guerre.

Lorsque la Secrétaire d’État étasunienne ordonne au Président Al Assad de partir et que  celui de France en fait tout autant, on est en droit de se demander de quelle autorité ils se prévalent pour s’adresser ainsi à un Président légitime d’un État.  Que diraient-ils si d’autres dirigeants se permettaient de leur intimer l’ordre de partir, de quitter leurs fonctions et leur pays? La réponse serait plutôt cinglante et sans appel.

Quel dommage que nous n’ayons plus de ces journalistes officiels d’enquête nous permettant de mieux comprendre les dessous de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, la valeur des informations transmises par ce dernier et pourquoi s’impose-t-il, sans plus de critique, à l’ensemble des médias de l’Occident.  Ces journalistes d’enquête pourraient confronter les points de vue véhiculés par l’information alternative avec ceux de l’Observatoire et des médias officiels qui les reproduisent. Ils pourraient mettre autour d’une même table Michel Collon, Thierry Meyssan avec les meilleurs journalistes de nos médias officiels pour découvrir et mettre en valeur la véritable information permettant de comprendre ce qui se passe tant dans les coulisses que sur la scène. Malheureusement, tout indique qu’il y ait une frontière à ne pas franchir, celle de trahir la version officielle. La pensée unique doit s’imposer sans exception.

Si nos gouvernements voulaient vraiment la paix, ils commenceraient par respecter les régimes de droit, comme ils le font en Colombie et en Haïti, pays qui connaissent des soulèvements internes. Mais tel n’est pas le cas.

Je vais vous dire pourquoi les pays, membres de l’OTAN, n’accepteront jamais une force de paix des Nations Unies en Syrie, tout simplement parce que ce qu’ils veulent, ce n’est pas la paix mais le contrôle du pays. Tout le reste n’est que feu d’artifice pour amuser ou distraire l’opinion publique.

J’espère me tromper et je serai le premier à me réjouir si on me démontre que les Etats-Unis, Israël, la France, le Canada veulent vraiment la paix dans ce pays et que les réformes souhaitées se réalisent démocratiquement, sous le regard attentif des Nations Unies, représentées par des forces indépendantes et sans lien aucun avec les mercenaires. En somme, qu’ils se comportent avec la Syrie comme ils le font avec Haïti et la Colombie.

Oscar Fortin
Québec, le 3  janvier  2012

http://humanisme.blogspot.com

jeudi 29 décembre 2011

DES PRÉSIDENTS ET PRÉSIDENTES LATINOS AMÉRICAINS PARTICULIÈREMENT VULNÉRABLES AU CANCER !




En moins de deux ans, cinq des plus importants chefs d’État en Amérique Latine sont atteints par un cancer, mettant leur vie en danger.

Ce fut d’abord, l’actuel président du Paraguay, Fernando Lugo, vint par la suite l’actuelle présidente du Brésil, Dilma Roussef alors qu’elle se préparait à sa compagne présidentielle. Le troisième cas est celui  d’Hugo Chavez, président du Venezuela, suivi de celui d’Ignacio Lula, ex président du Brésil et toujours très influent en Amérique latine et dans le monde. Le tout dernier cas est celui de la présidente de l’Argentine, Cristina Fernandez, nouvellement élue avec le plus haut pourcentage jamais atteint dans l’histoire du pays.

Qu’ont-elles en commun ces personnes? Quatre d’entre elles assument présentement des responsabilités de chefs d’État et le cinquième, ex chef d’État, Luis Ignacio Lula, est pressenti par plusieurs pour occuper des fonctions importantes dans le processus d’intégration de l’Amérique latine et éventuellement au sein de la Communauté des états latinos américains et des Caraïbes (CELAC), récemment fondée par l’ensemble des 33 chefs d’États de la région. Ils ont également en commun d’œuvrer pour une société plus juste, une démocratie plus participative et une unité régionale plus forte et plus indépendante.

Ils sont tous et toutes de grands démocrates, comptant sur un fort appui populaire. Ils sont tous et toutes de foi chrétienne, ne pouvant, de ce fait, être considérés comme des communistes, athées, n’ayant aucune croyance en Dieu. Les arguments largement utilisés au siècle dernier pour combattre les groupes révolutionnaires et, dans le cas du Chili, un gouvernement démocratique. Forts de leur démocratie et de leur foi, les adversaires doivent trouver d’autres motifs de propagande pour les discréditer et d’autres astuces dont ils ont seuls le secret pour s’en débarrasser. Les assassinats qui se vendaient relativement bien à l’opinion publique dans les années 1960-1980, ne peuvent plus l’être aussi facilement dans les temps que nous vivons. Il faut tout de même sauver l’image d’une certaine morale. Si tuer un communiste était œuvre juste, tuer un croyant l’est beaucoup moins.

Toujours est-il que devant cette épidémie de cancers chez les Présidents et Présidentes, Chavez s’est interrogé de la façon suivante : «Serait-il étrange qu'ils aient développé une technologie pour inoculer le cancer sans que personne n'en soit au courant?» Cette phrase de Chavez, totalement sous forme interrogative et sans identifier qui que ce soit, a fait le tour du monde, enveloppée et coiffée, toutefois, de toutes les insinuations possibles. En somme, Chavez, ce radical, évoque l’existence une technologie américaine visant à inoculer le cancer et les Etats-Unis en seraient les instigateurs. Bien que cela puisse être possible, Chavez prend bien soin de s'en tenir à une interrogation et à n'accuser aucun pays.

Il s’agit d’un évènement rarement vu, touchant dans une même période les principaux leaders d’une Amérique latine en éveil et en transformation profonde. Nous savons que les adversaires de cette mutation profonde ne négligent aucun moyen pour faire échouer pareil projet. Il est certain que si pareille technologie existait, ces adversaires seraient les premiers à en faire usage. Ce ne sont pas des considérations morales ou éthiques qui les  en empêcheraient. S’ils ont été capables, par le passé, d’assassinats les plus atroces (Plan Condor), ils seraient encore mieux disposés pour ce type d’assassinats mieux couverts et comme plus naturels. Un assassinat sans péché et sans mauvaise conscience.

Point n’est besoin d’être extrémiste et radical, comme les médias officiels veulent le suggérer,  pour soulever la question qu’a soulevé  Chavez.

Oscar Fortin
Québec, le 29 décembre, 2011
http://humanisme.blogspot.com



samedi 24 décembre 2011

LE CANADA ET LA SYRIE


LE CANADA ET LA SYRIE

Au moment même où une délégation de la Ligue arabe est en Syrie pour évaluer la réalité des faits, rapportés de part et d’autre et qu’un attentat terroriste se produit à Damas, faisant plus de 44 morts et près de 166 blessés, le Canada annonce, avant même de connaître les auteurs des crimes commis, une nouvelle série de sanctions contre la Syrie en raison, selon lui, de la répression sanglante de l'opposition par le régime de Damas.

D’où lui vient cette urgence d’annoncer de nouvelles sanctions alors que la communauté internationale se préoccupe de savoir qui sont les véritables responsables de cette violence. Nous savons que les États, regroupés derrière les Etats-Unis, ont décidé, depuis les tout débuts de cette histoire, que l’unique responsable est le président Bachar Al-Assad. Les versions de témoins et d’analystes qui plaident dans le sens d’une toute autre explication n’y font rien.

En effet, de plus en plus nombreux sont les États et les personnes qui disent, exemples à l’appui, que des groupes armés par l’Occident font régner la terreur et obligent les forces de l’ordre à intervenir.  Le Gouvernement syrien parle de plus de 2000 de ses soldats qui auraient été tués par ces forces terroristes, sans préciser toutefois le nombre de blessés.

Quel gouvernement occidental accepterait que des groupes armés fassent la loi dans leur pays ? Le Canada et les Etats-Unis sont les premiers à condamner l’action des terroristes sur leur territoire et à leur réserver un traitement de terreur. Guantanamo est une belle illustration de ces traitements.

A-t-on déjà entendu le Gouvernement canadien porter des accusations contre le Gouvernement de la Colombie qui s’en prend aux groupes armés révolutionnaires qui se battent depuis plus de 40 ans pour un changement de régime ? Dans ce cas, la consigne est que le Gouvernement a la responsabilité de faire respecter l’ordre et d’assurer la sécurité de tous ses citoyens et citoyennes. Sur ce point, il n’y a rien à redire. Toutefois, qu’il y ait eu des paramilitaires pour commettre des crimes et que des fausses communes de milliers de personnes assassinées gratuitement aient été, n’a jamais soulevé l’indignation du Gouvernement canadien.

En tant que canadien, je suis scandalisé par cette obsession d’agir sans prendre le temps de bien comprendre ce qui se passe réellement en Syrie. Actuellement la Ligue arabe est là, d’autres observateurs y sont également. La Russie et la Chine ne veulent pas que le scénario qui a conduit à la chute du régime de Kadhafi et à son assassinat se répète en Syrie. C’est également la volonté de ces dizaines et même de ces centaines de milliers de syriens qui sortent dans les rues pour demander que cessent les interventions extérieures dans les affaires internes du pays.

Regardons simplement ce que les Etats-Unis et le Canada ont fait avec les indignés, groupes totalement pacifiques. Il est dommage que nos représentants canadiens soient davantage à l’écoute de Washington que des canadiens eux-mêmes. Il est également regrettable que nos journalistes et médias n’approfondissent pas les différentes versions qui circulent concernant la violence en Syrie. Le peuple a le droit de savoir, de penser et de décider ce qui est le plus juste pour lui-même et les autres. Encore faut-il que la bonne information circule.

Je pose cette question à John Baird, chef de la diplomatie canadienne :

S’il s’avérait exact que des pays étrangers fournissent des armes et entrainent des mercenaires en vue de renverser le gouvernement légitime de Syrie, le Canada condamnerait-il pareille intervention ?

Le gouvernement canadien accepterait-il que de pareils procédés se réalisent sur son propre territoire ?

Oscar Fortin
Québec, le 24 décembre 2011


Quelques références sur la Syrie