dimanche 19 août 2012

JULIAN ASSANGE L'ENNEMI DU SECRET






Depuis que le gouvernement de l’Équateur a accepté la demande d’asile politique de Julian Assange, beaucoup se mobilisent pour soutenir cette décision qui repose sur le droit constitutionnel de l’Équateur et sur le droit international. Il faut savoir que la Grande-Bretagne a déclaré ne pas reconnaître cette décision d’asile politique et elle a menacé d’investir l’Ambassade équatorienne pour se saisir de Julian Assange et le remettre aux autorités suédoises

Déjà, les pays membres de l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), lors d’une rencontre toute récente, ont apporté leur plein soutien à la décision souveraine du gouvernement de l’Équateur et ont exigé que la Grande-Bretagne se conforme aux dispositions du droit international.

Quant à l’Organisation des États américains (OEA), elle s’est réunie, jeudi et vendredi dernier pour discuter de cette question et trouver la meilleure voie pour aider à résoudre les difficultés que représente le transfert sécuritaire de M. Assange en Équateur. Après deux jours de discussions, les membres n’ont pu faire consensus sur la manière de contribuer à la solution des problèmes posés. Ce fut par un vote majoritaire (23-pour, 3-contre et 7 abstentions) que les membres ont décidé de renvoyer cette question aux ministres des Relations extérieures de chacun des pays membres. Ces derniers doivent se réunir vendredi prochain (le 24 août) pour décider d’une position commune. Les pays qui ont voté contre cette rencontre des ministres sont les États-Unis, le Canada et Trinidad et Tobago.

Ce matin, 19 août, Julian Assange s’est adressé directement à la communauté internationale, à partir d’un balcon de l’ambassade. Quelques extraits :

 «WikiLeaks est menacé, et la liberté d'expression et la bonne santé de toutes nos sociétés également...
“Le gouvernement américain va-t-il retourner aux valeurs révolutionnaires sur lesquelles il a été fondé et les réaffirmer, ou va-t-il sombrer dans le précipice, nous entraînant dans un monde dangereux et oppressif dans lequel les journalistes se taisent de peur d'être poursuivis et les citoyens doivent murmurer dans l'obscurité?
Le président Obama doit faire le bon choix et les États-Unis renoncer à leur chasse aux sorcières contre WikiLeaks… Qu’on mette fin à cette ‘guerre’ américaine contre ce type de médias en général…
M. Assange a par ailleurs demandé la libération de Bradley Manning, le soldat américain emprisonné sous le soupçon d'avoir fourni à WikiLeaks les câbles diplomatiques américains publiés par le réseau en 2010, au grand embarras de Washington.
Il l'a décrit comme ‘un exemple pour nous tous’, rappelant qu'il avait passé mercredi ‘son 815e jour en détention sans procès, alors que le maximum légal est de 120 jours’.


Dans la même journée de ce dimanche, les pays regroupés dans UNASUR ont apporté un soutien ferme au droit de l'Équateur d'accorder l'asile politique à Julian Assange et ont condamné, par la même occasion, en des termes sans équivoque, les menaces de Grande-Bretagne d'envahir l'ambassade. Ils apportent tout leur appui aux initiatives qui permettront, dans le respect du droit international,  de résoudre diplomatiquement ce différend.

Tout ceci pour dire que la communauté internationale est en droit de s’attendre à ce que la Grande-Bretagne et ses principaux alliés que sont les États-Unis, le Canada et l’Union européenne respectent cette décision de l’Équateur et fassent le nécessaire pour que M. Assange puisse rejoindre son nouveau pays d’accueil.

Je me souviens d’avoir lu ou entendu quelque part ce jeu de mots avec le nom d’Assange : l’AS des Anges. Et, quant à y être, pourquoi ne pas relever certains extraits de propos tenus il y a deux mille ans qui donnent à ce que nous vivons un éclairage bien particulier?

Pour qui s’intéresse aux Évangiles, certains passages projettent un éclairage bien contemporain sur ce qui se passe actuellement dans le monde des communications et de l’information. En effet, n’en sommes-nous pas à l’étape où nous mettons au grand jour ce qui était caché et ne vivons-nous pas à grande échelle la diabolisation de ceux et celles qui sont engagés à en finir avec ces mises en scène hypocrites, trompeuses et criminelles?

Dans une conversation avec ses disciples, le Nazaréen des Évangiles leur rappelle que ‘le disciple n'est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron’ (Mt. 10, 24) et, pour illustrer son propos, il leur raconte l’anecdote où lui-même a été traité par ses adversaires de chef des démons. (Mt. 12, 25) Dans ce contexte, il leur donne la consigne de ne pas les craindre, car rien, en effet, n’est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu.’ (Mt. 10, 26)

Avis donc à ceux et celles qui se croient encore à l’abri des murailles qui protègent leurs secrets criminels. Le temps semble arrivé où tous et toutes devront marcher à visage découvert. Des moments dévastateurs pour les hypocrites, les menteurs, les manipulateurs et les professionnels de la désinformation.

Il y a, évidemment WikiLeaks, mais plus que tout, il y a l’éveil de la conscience humaine.

Oscar Fortin
Québec, le 19 août 2012

mardi 14 août 2012

POUR QUI VEUT SAVOIR


L’APOCALYPSE SELON LE CORAN



D'origine indienne, Imran Nazar Hosein est né dans les Caraïbes, dans l'île de Trinité en 1942. Il étudia l'islam, la philosophie et les relations internationales dans de nombreuses universités et institutions d'enseignement supérieur dont l'université al-Azhar au Caire, en Égypte, l'institut des relations internationales de l'université des Indes occidentales à Trinité, l'université de Karachi au Pakistan, l'Aleemiyah Institute of Islamic Studies à Karachi également et l'Institut de hautes études internationales et du développement, à Genève, en Suisse.

Il répond, ici, à des questions qu’un journaliste a recueillies de la part de gens de partout et de tous les milieux.









Oscar Fortin
Québec, le 14 août 2012-08-14

jeudi 9 août 2012

MAMMON ET L’EMPIRE



À LA CONQUÊTE DU MONDE


























Plusieurs articles sous la signature de gens aux croyances et non croyances les plus diversifiées, évoquent l’avènement, plus que probable, d’une troisième guerre mondiale. Le plus récent est celui de Richard Le Hir que l’on retrouve sur plusieurs sites. Le panorama des conflits qui font quotidiennement des centaines et des milliers de morts les interpelle dans leur conscience, fidèles qu’ils sont aux valeurs fondamentales de justice et de vérité, pierres sur lesquelles l’humanité peut se renouveler et croître
.


Je m’associe à cette démarche qui vise à comprendre ce qui se passe dans notre monde et à y identifier ceux et celles qui en sont les principaux acteurs. Cette réflexion s’ajoute à celles que j’ai déjà exprimées sur le sujet.

Les prétentions impériales des États-Unis

Les États-Unis (É.-U.) s’imposent comme la force dominante du monde non seulement en raison de sa puissance militaire, mais aussi par cette conviction qu’ils sont les mandataires providentiels pour diriger le monde vers le bien. Une auto proclamation qui les place au-dessus de l’ONU et du droit international.

On se souviendra de la manière avec laquelle Georges W. Bush avait tranché la question des bons et des méchants. « Il y a ceux qui sont avec nous et ceux qui sont contre nous. Les premiers sont les bons et les seconds sont les méchants. »

Ses collaborateurs et collaboratrices qui l’ont accompagné et les autres qui lui ont succédé ont maintenu cette perception de la réalité. Cette dernière repose essentiellement sur la prédominance absolue des intérêts et de la sécurité des États-Unis, fondée sur la volonté divine.

Cette même certitude avait été proclamée, en 2006, par Condoleezza Rice, alors secrétaire d’État aux Affaires extérieures. Elle avait pris la parole à un rassemblement de Baptistes.

« Le président Bush et moi-même partageons votre conviction que l’Amérique peut et doit être une force du Bien dans le monde. Le Président et moi croyons que les États-Unis doivent rester engagés comme leader d’événements hors de nos frontières. Nous croyons cela parce que nous sommes guidés par le même principe persistant qui donna naissance à notre propre nation : la dignité humaine n’est pas un don du gouvernement à ses citoyens, ni un don des hommes les uns aux autres; c’est une grâce divine à toute l’humanité. »

« Nous nous dressons pour des idéaux qui sont plus grands que nous-mêmes et nous parcourons le monde non pour piller, mais pour protéger; non pour asservir, mais pour libérer; non comme les maîtres des autres, mais comme les serviteurs de la liberté. »

On se souviendra également des propos tenus, récemment, par le prétendant républicain à la Maison-Blanche, Mitt Romney, qui déclarait que « Dieu avait créé les États-Unis d’Amérique pour dominer le monde.»

« Tout récemment, le président Obama, faisant le bilan de ses engagements internationaux devant le congrès annuel de l'organisation d'anciens combattants, se félicitait d’avoir renouvelé la capacité des États-Unis à diriger dans le monde. »

Pareille perception de soi-même ne peut que soulever de nombreuses questions en regard des interventions et des guerres fomentées par ces derniers à travers le monde. Que dire, également, de tous les moyens qui y sont utilisés pour tromper l’opinion publique et y ajuster les réalités non pas à la vérité des choses, mais à celle de leur convenance?  

Qu’on se souvienne de la guerre en Irak, en Afghanistan, en Libye et maintenant en Syrie sans oublier ces coups d’État et tentatives de coup d’État au Venezuela, au Honduras, au Paraguay, en Bolivie et en Équateur. Que l’on pense un instant à toutes ces révélations d’ex-militaires et d’agents de la CIA qui nous révèlent la cruauté de leurs actions, l’usage systématique de la corruption et l’énorme capacité de manipulation de l’information.

En tant que croyant en Jésus de Nazareth, je me demande comment le « fils de l’homme » des Évangiles dont ils se réclament, peut avoir quelque compatibilité avec la cupidité et le mensonge dont ils se font les témoins à travers leurs actions.

Celui que je connais et en qui je crois est plutôt un « fils d’homme » ou si l’on veut un « fils d’humanité », promoteur de justice, de solidarité, de partage, de vérité, de compassion, de respect et dont le royaume qu’il proclame ne s’impose ni par les armes ni par le mensonge, ni par la corruption, mais par le témoignage de vie au service du bien commun de l’humanité, en commençant par les plus pauvres, les plus délaissés, les plus dépendants.

Ce que m’inspirent certains textes anciens

Dans l’empire qui domine actuellement le monde, je retrouve toutes les caractéristiques de ce personnage mythique, MAMMON, dont nous parlent les écritures anciennes et de façon toute particulière les Évangiles.

Mammon, dont le nom en araméen signifie richesse, argent, est ce personnage mythique en qui se concentre tout à la fois la puissance qui rend possible toutes les conquêtes matérielles et qui permet de réaliser tous les rêves.  L’avidité et la cupidité en sont ses principales vertus. Il est celui qui domine au sommet de la pyramide humaine, dictant au monde ses quatre volontés. Tous les moyens sont bons pour qu’il en soit ainsi. Il est la loi des lois, l’empire des empires. Son rêve est de dominer et de disposer de toutes les richesses du monde. Selon l’évangéliste Jean (8,44) il est homicide depuis toujours et père du mensonge. 

Un tel portrait ne correspond-t-il pas à l’empire étasunien et à tous ses alliés chez qui le « capital » est la référence fondamentale du pouvoir et du développement? Ses guerres de conquête et de domination n’en sont-elles pas les principales activités? N’est-il pas celui qui dispose des armes les plus sophistiquées et des richesses les plus grandes pour satisfaire pleinement ses ambitions? Que dire maintenant de sa capacité de transformer en vérité ce qui n’est que mensonge, de bâtir des mises en scène qui n’ont rien à voir avec la réalité des faits? Le mensonge ne fait-il pas partie de sa nature?

En somme, le dieu dont se revendique l’Empire n’est-il pas plutôt le dieu de l'avarice, de la cupidité et de l'iniquité? N’est-il pas Mammon qui personnifie le pouvoir de l'argent et de la matière face à l'esprit, comme cela se voit dans Matthieu (6 : 24) "Nul ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent." L’évangéliste Jean, pour sa part, en fait « le diable, homicide, menteur et père du mensonge ». Jean 8,44 

UNE CONFRONTATION INÉVITABLE

Bien des titres peuvent coiffer cette grande confrontation au terme d’un long cycle dominé par l’égoïsme, le pouvoir de l’argent et la tricherie. Pour ma part, j’y vois la confrontation entre l’empire du capital avec tout ce qui le caractérise et l’empire d’une humanité en quête de justice, de vérité, de respect, de solidarité et de tolérance. Une confrontation mettant en cause symboliquement Mammon, le dieu du capital et Jésus de Nazareth, le fils d’humanité.


Oscar Fortin
Québec, le 10 août 2012

mercredi 1 août 2012

CHAREST SERAIT-IL ANTIDÉMOCRATIQUE ?





Le hasard a voulu qu’en ouvrant mon téléviseur j’entende Jean Charest, en conférence de presse, dire que la présente élection était l’occasion pour les Québécois et Québécoises de choisir la rue et un référendum ou la loi et la démocratie.

Je ne sais pas la définition que donne J. Charest à la démocratie. Ce que je sais, par contre, c’est que la démocratie trouve ses fondements et son expression dans le peuple. Dire qu’un référendum va à l’encontre de la démocratie, c’est dire, implicitement, que la démocratie va à l’encontre du peuple, puisqu’un référendum c’est une voie plus que légitime pour un peuple de se faire entendre.

Ce même raisonnement peut également s’appliquer « à la rue » au sens où le peuple y trouve une voie pour faire entendre sa voix. C’est d’ailleurs une voie largement utilisée dans les pays aux prises avec des dirigeants qui les prennent en otage en leur servant des politiques qui répondent d’abord et avant tout aux élites financières et aux grandes banques. C’est la rue que prennent les peuples en Grèce, en Espagne, en Italie, à Bahreïn, en Colombie, au Chili, au Paraguay et dans plusieurs autres pays du monde. La rue est ce qui permet à des pans importants de la population de décider de leur agenda quant à leurs plaintes et à leurs réclamations. En ce sens, la rue est l’expression des libertés fondamentales que rend possibles la véritable démocratie.

Je sais bien que J. Charest essaie par tous les moyens d’évacuer cette démocratie, en la ramenant à la violence et à des désordres publics. Il se garde bien, toutefois, d’attribuer cette violence, provoquée, plus souvent que moins, par des forces policières, conditionnées pour agir en ce sens. Les exemples ne manquent pas ni au Québec, ni ailleurs dans le monde. Ce sont des procédés qui visent à créer le chaos en vue d’en imputer la responsabilité aux « belligérants », ces derniers aussitôt transformés en délinquants ou en terroristes. Ce type d’interventions n’est possible qu’avec la complicité des médias, alliés des  pouvoirs en place.

Aussi curieusement que cela puisse paraître, ces mêmes autorités, d’ici et d’ailleurs dans le monde, lorsque mises en minorité, sont les premières à utiliser des moyens non conventionnels pour déstabiliser ou renverser des gouvernements. Elles deviennent tout d’un coup des promotrices de grandes manifestations et parfois, faute d’en avoir, elles en inventent comme ce fut le cas en Libye et comme c’est actuellement le cas en Syrie où les mercenaires et terroristes son financés par nos gouvernements. Il faut lire sur les révolutions de couleurs en Europe et au Moyen-Orient. Plus près de nous, nous avons eu le coup d’État militaire au Honduras qui n’a pas fait verser de larmes à nos dirigeants, pas plus que celui, plus discret, au Paraguay. Les provocations constantes des oligarchies et des États-Unis contre le gouvernement démocratique d’Hugo Chavez n’ont pas pour effet d’offenser l’esprit démocratique de nos dirigeants, souvent complices de ces mêmes actions. Que dit-on et que fait-on pour appuyer les procédures judiciaires qui révisent actuellement la crédibilité de la dernière élection présidentielle au Mexique, supposément frauduleuse et anticonstitutionnelle? S’il fallait que cela se produise au Venezuela, ce serait d’une seule voix que nos élites et nos médias dénonceraient autant de scandales et de fraudes.

Demandez à J. Charest ce qu’il pense de ce qui s’est passé en Libye et ce qui se passe actuellement en Syrie. Que pense-t-il, dans ces deux cas, du respect du droit des peuples à décider par eux-mêmes de leur destin et que pensent-ils de ces interventions étrangères qui arment et paient des mercenaires pour faire du grabuge dans des pays constitutionnellement légitimes?

En somme, tous ces gens n’ont de morale que pour ce qui les intéresse. Ils se font les spécialistes de la récupération de la morale des autres seulement lorsqu’elles permettent de les servir dans leurs propres intérêts. Selon les cas, ce sera  la rue et les référendums  ou encore les institutions et la démocratie. Seuls leurs intérêts en décideront.

Pour faire un véritable choix, il faut remonter à ceux qu’ils servent. Dans le cas présent, J. Charest est au service des puissances économiques et financières que symbolise parfaitement l’empire Desmarais. Est-ce vraiment ce que veulent les Québécois et Québécoises? Dans le premier cas, ce sera le Québec, ses richesses et sa main-d’oeuvre, mis au service de l’empire Desmarais. Dans le second cas, ce sera ce même Québec, avec ses richesses et sa main- d’oeuvre, qui sera mis au service des intérêts du peuple québécois.

Il faut relire Desmarais, la dépossession tranquille du Québec, de Richard Le Hir pour en comprendre toutes les incidences.

 
Je vais voter contre Charest et la dépossession tranquille du Québec.



Oscar Fortin
Québec, 1ier août 2012





lundi 30 juillet 2012

WASHINGTON ET LES ÉLECTIONS MEXICAINES





Au moment où le TRIBUNAL ÉLECTORAL DU POUVOIR JUDICIAIRE DE LA FÉDÉRATION mexicaine (TEPJF) étudie depuis plus d’une semaine les milliers de documents démontrant les fraudes électorales et la non-fiabilité des résultats de la dernière élection, la Secrétaire d’État des États-Unis, faisant fi de cette contestation devant les tribunaux, apporte, en date du 25 juillet,  tout le soutien de son pays au candidat Enrique Pena Nieto, mis en cause dans cette enquête. Aucune réserve n’est apportée sur la validité de l’élection du candidat priiste. C’est tout simplement le bon candidat pour Washington. C’est, pour ainsi dire, la réplique du scénario de l’élection de 2006 qui donna la victoire au candidat Calderon, alors qu’Andres Manuel Lopez Obrador était donné gagnant par tous les sondages et cela jusqu’au dernier décompte qui ne fut jamais complété.

Cette intervention de la part de celle qui fait le tour du monde pour vendre la démocratie ne surprend toutefois pas. Elle ne fait que confirmer ce que le monde sait depuis longtemps, à savoir que la seule démocratie qui compte est celle sur laquelle l’Administration étasunienne a plein contrôle. Le peuple n’est qu’un acteur de figuration, donnant à l’exercice électoral son caractère démocratique. Dans tous les cas, les résultats obtenus doivent confirmer les choix de Washington. Tous les moyens sont permis pour qu’il en soit ainsi : fraude, achat de votes, manipulation des comptages et recomptages, tricheries à tous les niveaux, mensonges à profusion, amplement diffusés par les médias, contrôle des principaux intervenants dans le processus électoral lui-même et, si nécessaire, l’assassinat déguisé en accident ou en règlements de compte. Si tous ces moyens n’aboutissent pas, ce sera alors la prise du pouvoir par la force, comme ce fut le cas au Honduras, en Irak, en Afghanistan, en Libye et comme c’est actuellement le cas en Syrie et éventuellement au Venezuela qui aura voté massivement pour Hugo Chavez, le 7 octobre prochain.

Cette fois-ci, le peuple mexicain n’accepte plus d’être «le fou du roi ». À travers ses organisations sociales et ses partis politiques, regroupé dans une coalition progressive sous la responsabilité du principal candidat d’opposition, Andres Manuel Lopez Obrador  (AMLO), il a décidé de contester les résultats de cette élection par les voies constitutionnelles et judiciaires.

Le quotidien La Jornada dans son éditorial du 27 juillet signale ce qui suit :

« La validation par le TEPJF d’une élection manifestement irrégulière et faussée ainsi que la prise de possession par un politicien qui, selon toute vraisemblance, est rejeté par la majorité de l’électorat seraient, dans ces circonstances, un dur coup  à la légalité et aux institutions d’État ainsi qu’à l’éthique républicaine et à l’harmonie sociale. » (Traduction libre de l’auteur)

Le peuple réclame le respect du seul vrai pouvoir dont il dispose, celui de décider librement et en pleine connaissance de cause de ses représentants pour gérer les pouvoirs de l’État dans le sens de ses intérêts. Toute usurpation de ce pourvoir par toute autre puissance ne peut être qu’antidémocratique et, à ce titre, condamnée par la communauté internationale.

On se souviendra qu’en Haïti, lors des élections présidentielles de 2009-2010, le candidat de Washington n’était pas parvenu à se classer pour le second tour de scrutin. Loin de se donner pour vaincues, les plus hautes autorités se mirent à l’œuvre pour corriger l’inacceptable.  Tout a été fait par Washington et ses alliés pour modifier les résultats de manière à disqualifier le représentant du parti au pouvoir, élu pour le second tour. Il fallait qu’il soit remplacé par leur candidat. J’avais transmis, à ce moment,  une lettre au ministre des Affaires extérieures du Canada pour dénoncer cette intervention. Rien n’y fit, les apôtres de la démocratie ne pouvaient lâcher prise. Il y avait évidemment le peuple haïtien, mais surtout ces milliards de dollars donnés pour la reconstruction du pays. Même le président en fonction, René Préval avait été menacé d’exil.

Tout un contraste de comportement chez ces « apôtres de la démocratie » d’avec ce qui se passe actuellement au Mexique. L’OEA n’a remarqué rien qui puisse altérer les résultats de cette élection qui se serait réalisée dans le plus grand calme et esprit démocratique. Les États-Unis et le Canada ont été au nombre des premiers à célébrer cette grande victoire de la démocratie et à y féliciter le vainqueur. Ils sont également les plus silencieux quant aux scandales qui y sont dénoncés non seulement par des perdants « frustrés » comme ils disent, mais par des milieux des plus respectables. Pourtant…

Lorsque le 7 octobre au soir, le Conseil électoral vénézuélien annoncera la victoire incontestable d’Hugo Chavez pour un troisième mandat, « ces apôtres de la démocratie » retrouveront soudainement la parole pour crier haut et fort à la fraude électorale. L’OEA sera mise à contribution pour disqualifier les résultats et on fera appel au Conseil de sécurité pour permettre la présence d’une force de paix afin de garantir la sécurité dans le pays. Nos journalistes reprendront la parole et leur clavier pour diaboliser autant faire se peut ce Chavez, dictateur et manipulateur. Radio-Canada, le Devoir, la Presse et toutes les agences internationales, serviles à l’Empire, participeront à cette mise en scène.

L’hypocrisie et la servilité à l’état pur.

Sauf que le Venezuela n’est ni Haïti, ni le Mexique, ni la Libye. Pas plus que l’Amérique latine n’est le Moyen-Orient ou l’Afrique du Nord. Qu’on se le tienne pour dit. Les fauteurs de troubles pourraient bien y rencontrer leur os. Le peuple vénézuélien n’est pas seul et Chavez a de nombreux appuis en Amérique latine, dans les Antilles et dans diverses régions du monde. Les peuples, toujours plus instruits et informés, savent distinguer  avec plus de rigueur le vrai du faux, l’authentique du manipulateur et de l’hypocrite. En Amérique latine, il y a belle lurette que les États-Unis ne sont plus perçues comme les sauveurs du droit des peuples et encore moins de la démocratie. Ils en sont les pires ennemis. Tout chez eux se définit en fonction de leurs intérêts et de leur sécurité nationale. 

Oscar Fortin
Québec, le 30 juillet 2012