vendredi 6 septembre 2013

LE DÉBUT D’UN NOUVEAU MONDE




DEUX PERSONNAGES QUI FONT LA DIFFÉRENCE




La fin de l’année 2012 et le début de l’année 2013 ont été marqués par la fin du calendrier maya et la démission du soi-disant dernier pape, Benoît XVI.

De longues études ont été réalisées pour comprendre la signification et le sens à donner à cette fin du calendrier Maya. Il en fut de même pour comprendre les fameuses prédictions de Nostradamus et de Malachie sur cette fin de la papauté. Est-ce l’annonce de la fin du monde ou de la fin d’un monde? S’agit-il de l’avènement de temps nouveaux, d’une humanité nouvelle?

Ces deux hommes se sont rencontrés le 6 septembre au matin dans la bibliothèque du pape François. Ils se sont donné l'accolade de la fraternité le président Morales lui disant, d'entrée de jeux, qu'il était pour lui comme un frère, ce à quoi le pape François lui répondit "ainsi il doit en être".

Évo Morales, de la descendance maya, est le premier amérindien à être élu président de Bolivie et dans l’ensemble de l’Amérique latine. Il est également le premier Président à créer une nouvelle dynamique de gérer le bien commun d’un peuple aux multiples cultures amérindiennes et religieuses. Lorsqu’il fut élu pour la première fois en 2005, la Bolivie était le pays le plus pauvre de l’Amérique du Sud et, mis à part Haïti, de tout le Continent.

Aujourd’hui, après trois victoires présidentielles éclatantes, dont celle de 2010, le visage de la Bolivie a pris la voie de la croissance et du développement. Il a remis au cœur des préoccupations de l’État les intérêts du peuple. La cote à remonter est loin d’être franchie, mais la voie prise suit son élan en dépit des actes de sabotage et de subversion venant des adversaires internes et externes du pays.

Il a doté le pays d’une nouvelle constitution multinationale que le peuple a endossée à l’encontre de ses ennemis qui ont tout fait pour l’en empêcher. Je vous invite à lire ici ce que j’écrivais alors sur cette marche historique d’un peuple en appui à son président.

Il a également innové en faisant élire par le peuple les juges, de manière à leur assurer toute indépendance par rapport aux représentants politiques.

Avec Évo Morales et les autres pays émergents de l’Amérique latine, dont l’Équateur et le Venezuela, un Nouveau Monde surgit à l’aurore d’un jour nouveau.

Le pape François, arrivé du bout du du monde, l’Argentine, surprend les catholiques et les croyants par son arrivée complètement dépourvue de grandeur et de faste. Celui qui se présente à la fenêtre donnant sur la place St-Pierre, gonflée de croyants et de touristes, le fait en demandant à cette foule de le bénir et de prier pour lui, avant de les bénir lui-même. Ici, sur cette photo c’est un jeune brésilien, défiant tous les cordons de sécurité, qui se jette dans les bras du pape François. Selon la légende, il aurait dit au pape qu’il l’aimait et qu’il voulait être comme lui.

D’un monde enveloppé de protocoles, de personnages aux allures royales et impériales, voilà que ce nouveau pape se révèle tout autre, sans ces dispositifs, caractéristiques des royaumes terrestres. Il est dans ce nouveau milieu, qu’est le Vatican, un signe de contradiction. Sa présence n’est pas sans indisposer tous ces personnages qui se plaisent à se confondre avec les rôles qui font de chacun d’eux une autorité importante.

Plutôt conservateur dans sa pensée théologique, il a opté pour le langage de l’Évangile. Ses luttes deviennent celles des laissés pour compte de la société. Sa parole lui est dictée par ce qu’il voit et vit. En ce sens, il devient difficilement contrôlable par ceux qui ont à lui dicter ce qu’il a à dire ou à faire. Il est un homme libre au milieu d’une institution faite davantage pour contrôler que pour libérer.

Son voyage au Brésil a donné le ton de ce qu’il est et sera. Beaucoup en ont fait l’analyse. Je me permets de vous référer à ce que j’en ai dit moi-même dans un article qui a suivi cette rencontre des Journées mondiales des jeunes (JMJ).

Sa dernière grande initiative est celle de la convocation de toutes les personnes de bonne volonté à une journée de prières et de jeûne, le 7 septembre 2013, pour dire non à la guerre en Syrie et partout dans le monde, pour dire non à la violence, pour dénoncer ceux qui ne recherchent que la guerre à des fins de conquête et de domination.

Dans ce cas très précis, il ne s’en tient pas seulement à des paroles de condamnation, mais il met en mouvement toutes les ressources institutionnelles de l’Église pour mobiliser le monde et forcer les décideurs à réviser leurs plans. La paix ne saurait venir des armes, mais du dialogue fondé sur la justice.

CONCLUSION

Avec ces deux personnages, le mur du vieux monde se fissure pour laisser la place à un monde nouveau fondé sur autre chose que l’individualisme, le pouvoir de domination et la suffisance.

Si les États-Unis attaquent la Syrie sans l’accord des Nations Unies, défiant le droit international et la communauté internationale, il cessera d’être une référence crédible et perdra de son pouvoir impérial.

Si Obama décide de suspendre l’attaque du peuple syrien, il reconnaîtra le fait que la communauté internationale et ses diverses composantes sont désormais les arbitres de toute aventure impériale.

Dans un cas comme dans l’autre, l’empire, en plein déclin, touchera les fonds de sa suffisance.

L’Humanité ne saurait être la même au lendemain de cette guerre qui peut s’étendre à tous les peuples de la terre.

Un moment comme jamais est à la porte de notre destin.

Oscar Fortin
Québec, le 7 septembre 2013

mardi 3 septembre 2013

SYRIE : LA MANIPULATION SANS RETENUE




HOULA, MAI 2012 ET FAUBOURD DE DAMAS, AOÛT 2013

Au moment où les États-Unis et la France se préparent à attaquer la Syrie, tous les moyens sont bons pour convaincre l’opinion publique mondiale de la justesse humanitaire de leur intervention militaire. Les «médias propagandes» que sont devenus nos médias officiels ne manquent ni d’images atroces ni de vidéos que des spécialistes bien formatés viennent commenter avec l’arme à l’œil et l’expression d’horreur dont ils sont les seuls à connaître le secret.

Que s’est-il passé à Houla, localité syrienne, en ce 25 mai 2012?

Il s’y est produit un massacre d’hommes, de femmes et d’enfants. Un massacre qui nous fut présenté par les pays alliés de Washington comme l’œuvre du régime syrien.  Les cadavres de ces pauvres victimes, enveloppés dans des draps blancs, alignés les uns près des autres ne pouvaient que nous inspirer les pires sentiments pour les auteurs de ces crimes gratuits, ces auteurs étant évidemment les forces gouvernementales du gouvernement Al Assad.

Les membres du Conseil de sécurité se sont réunis d’urgence pour décider d’une intervention en vue d’arrêter ces massacres. Les pays membres de l’OTAN  et les pays de la ligue arabe qui leur sont alliés promirent de poursuivre les coupables jusqu’à la Cour internationale de justice.

À les voir et à les entendre, on aurait cru voir l’humanité dans tout ce qu’elle a de bon et de solidarité à l’endroit de ces pauvres victimes et du désarroi de leurs familles.

Mais voilà que les jours, les semaines passèrent amenant avec elles de nouvelles informations levant le voile sur les véritables auteurs de ces crimes. Ce n’était plus le régime Al-Assad qui en était le responsable, mais des mercenaires, soutenus et financés par ceux et celles qui se présentaient avec des larmes de crocodiles pour en accuser le régime et justifier ainsi leur sale guerre.

J’avais écrit, à l’époque, un article sur le sujet que je vous invite à lire ici.

Ce fut depuis le grand silence. Le drame d’Houla est tombé dans l’oubli et l’on ne parla plus de poursuivre devant le Tribunal international de justice les véritables coupables.

Que s’est-il passé au Faubourg de Damas, ce 21 août 2013?



Il s’est produit un massacre d’innocentes victimes avec des armes chimiques. Pour les États-Unis et la France, il ne fait aucun doute que le régime d’Al-Assad est le seul responsable de l’usage de ces armes chimiques. Ce dernier, en dépit du fait qu’il savait qu’il s’agissait d’une ligne rouge à ne pas franchir, aurait tout de même utilisé ces armes au moment même où il avait déjà un bon avantage dans sa lutte contre les rebelles. De quoi, évidemment, se poser quelques bonnes questions, dont celle de savoir à qui profite le crime.

À écouter les nouvelles et à visionner les images des victimes qu’on nous présente pendant qu’un commentateur sous-entend qu’Al-Assad pourrait en être le grand responsable j’ai l’impression de revivre ce qui s’est passé le 25 mai 2012 à Houla. Il suffit de lire cette page de Libération pour s’en convaincre. Au moment où s’écrit cette page, aucune preuve déterminante ne confirme que le gouvernement syrien est le responsable de l’usage des armes chimiques. Tout n'est que supposition, mais le discours s’en accommode comme si ces suppositions étaient déjà des preuves en béton.

Le sujet est trop sérieux pour ne s’en tenir qu’à des suppositions. On ne peut déclarer une guerre d’invasion sur des suppositions, d’autant moins qu’une telle guerre peut générer une guerre aux conséquences imprévisibles pour l’humanité. De plus, les arguments et les éléments de preuve allant dans le sens contraire ne cessent de s’accumuler.

D’où vient-il donc cet empressement à partir en guerre avant même que les analystes des Nations Unies n’aient produit leur rapport d’inspection? Et si c’était les rebelles qui étaient à l’origine de cette attaque à l’arme chimique? Des rebelles soutenus par l’Arabie Saoudite et l’OTAN. Peut-on dire avec certitude et preuves à l’appui que ce ne sont pas eux?

La situation est trop sérieuse pour ne pas clarifier dans ses moindres détails ce qui s’est véritablement passé. La COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE, LA VRAIE, ne saurait cautionner les aventures de quelques pays, si puissants puissent-ils être, pour entraîner l’humanité dans le feu d’une troisième guerre mondiale. Celui qui allume le feu de la guerre ne peut prévoir lorsqu’il s’éteindra.

Voici quelques références à lire pour comprendre ce qui se passe à cette étape du conflit en Syrie.







Heureusement que nous disposons d’autres sources d’informations que de celles de nos médias meanstream pour décoder les réalités de notre monde.

Oscar Fortin
Québec, le 3 septembre 2013



lundi 2 septembre 2013

PLUS JAMAIS LA GUERRRE


PLUS JAMAIS LA GUERRE


Il y a longtemps que je n’avais entendu un Pape prendre l’initiative d’une parole forte et sans ambigüité au moment même où le Président des États unis, Barack Obama et celui de la France déclarent qu’ils ont pris la décision d’aller en guerre contre le peuple syrien en l’attaquant avec les armes les plus sophistiquées.

Non seulement le pape François prend la parole pour affirmer que le temps des armes et de la violence n’a pas sa raison d’être, mais que le monde veut, d’abord et avant tout, la paix, conquise par la voie des négociations et des ententes entre les divers intervenants sous l’œil vigilant de la communauté internationale (ONU).

À cette intervention, rejetant les armes et la guerre, il prend l’initiative de convoquer toutes les personnes de bonne volonté du monde (catholiques, chrétiens de toues les églises, croyants et non croyants) de s’unir, le sept (7) septembre prochain, pour prier, pour dénoncer ces guerres fratricides et ces armes qui tuent tout autant que les armes chimiques et qui engendrent encore plus de violence et de guerres.

Le 7 au soir, la Place St-Pierre sera gonflée de ces gens qui s’interrogeront, de 19h-24h, sur ces guerres dévastatrices et sur cette paix tant nécessaire au mieux-être de l’humanité entière.

Il demande à toutes les églises catholiques du monde à se manifester et à faire valoir, elles aussi, que la paix ne saurait venir des armes et des guerres. Il faut proclamer que nous voulons la paix, que le monde veut la paix et qu’il est temps de mettre un terme aux aventures guerrières de ceux et celles qui en vivent pour leurs propres intérêts sans se soucier de ceux des autres.

Je me souviens qu’en août 2011, alors que les attaques de l’OTAN se faisaient toujours plus sanguinaires en Libye, le pape Benoit XVI, disposant d’une tribune exceptionnelle que lui donnait le rassemblement des JMJ, en Espagne, n’a pas eu un seul mot pour dénoncer et condamner ces crimes que commettaient l’OTAN. Ce n’est pas que l’information lui manquait. Les évêques et les chrétiens de Libye firent maintes fois appel à son intervention.

Avec le pape François les choses changent. Il va au front et si les épiscopats des Etats-Unis et de la France se mobilisent avec la même ardeur qu’ils l’ont fait pour lutter contre l’avortement, M. Obama et M. Hollande tourneront cette page en sachant qu’à l’avenir ils devront compter sur la volonté profonde de la communauté internationale, la vraie, qui œuvre pour la paix et non pour la guerre. Ils devront également prendre note que l’information alternative existe et que leurs mensonges ne résistent plus à la vérité qui se fait toujours plus présente.


Il y a toutefois un engagement qu’une telle intervention impose au pape François et c’est celle de donner l’ordre aux dirigeants de la banque du Vatican et à l’ensemble des administrations épiscopales et religieuses du monde chrétien de retirer tous leurs investissements dans les industries militaires et ses principales composantes.

Ce serait sans doute la nouvelle la plus significative de sa volonté en ce 7 septembre 2013. Ce serait un jour de prière, de jeûne, mais aussi d’engagement concret contre la guerre et pour la paix, fondée sur la justice. Un geste qui serait d’autant plus significatif, s’il y ajoutait que ces argents soient utilisés pour faire la promotion et le développement de la justice, fondement de toute paix véritable.




Je vous laisse  avec l’intervention du pape, dans sa version française



Oscar Fortin
Québec, le 1er septembre 2013-09-01