vendredi 14 août 2020

LA GRANDE ALLIANCE EN AMÉRIQUE LATINE

 

 

 

VATICAN ET WASHINGTON

 

 

C’est maintenant devenu une évidence pour toute personne de « bonne foi ». Le Vatican, les épiscopats latino-américains travaillent en étroite collaboration pour permettre à l’Empire étasunien de reprendre le contrôle de tous les états dissidents à ses politiques impériales. 

 

Ces États sont de plus en plus la cible de politiques interventionnistes dont l’objectif est de paralyser tous les leviers politiques, économiques et administratifs de ces États dissidents. Les épiscopats, pour leur part,  reportent sur les gouvernements visés tous les problèmes générés par ces politiques interventionnistes. Ils ne manquent pas l’occasion pour amplifier l’incompétence de ces gouvernements et en qualifier les dirigeants de dictateurs, même s’ils ont été élus par le peuple dans le respect de leur Constitution. 

 

Cette pratique remonte au temps où Eisenhower cherchait une manière de transformer le peuple cubain, profondément attaché à Fidel, en un adversaire de ce dernier. Il envoya en mission à Cuba un de ses hauts fonctionnaires pour prendre le pouls de la population à l’endroit de Fidel.

 

« Le 6 avril 1960, Lester D. Mallory, sous-secrétaire d’État adjoint aux Affaires interaméricaines affirma que « la majorité des Cubains soutenait Castro » et qu’il « n’existait pas une opposition politique effective », en ajoutant que « le seul moyen prévisible de réduire le soutien interne passait par le désenchantement et le découragement basés sur l’insatisfaction et les difficultés économiques (…) Tout moyen pour affaiblir la vie économique de Cuba doit être utilisé rapidement (…) : refuser de faire crédit et d’approvisionner Cuba pour diminuer les salaires réels et monétaires dans le but de provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement. »

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Embargo_des_États-Unis_contre_Cuba

 

Cette politique de déstabilisation des gouvernements dissidents, hautement appuyés par leur peuple, s’est accentuée tout au long des années à l’encontre des gouvernements ayant récupéré leur indépendance et souveraineté.C’est à la base de cette indépendance et souveraineté qu’ils ont pu se donner des régimes politiques répondant au mieux à leurs valeurs et à leurs intérêts. Le caractère socialistede ces gouvernements n’a rien à voir avec ces conceptions véhiculées dans les années 1940 et 1950 relativement à l’ex-URSS.  Il s’agit plutôt d’un socialisme humanitaire, chrétien, pour la majorité, anti-impérialiste, aux objectifs d’égalité et de justice sociale.

 

Prenons le cas du Venezuela

 

En 1998, lorsqu’Hugo Chavez, croyant authentique, se présenta aux élections présidentielles ce fut pour apporter des changements profonds aux politiques de la quatrième république. Ce fut la promesse d’une constitution qui serait rédigée et votée par le peuple. Dans cette approche le pouvoir passe des oligarchies à celui du peuple. Un choix de nature qui n’a rien pour plaire à  ces oligarchies  et à ceux qui s’en faisaient des proches, dont les évêques et les cardinaux. Il va de soi que Washington a trouvé dans ces derniers ses alliés indispensables pour reprendre en main le destin de cet État et de ce peuple.

 

C’est à partir de cet instant que ces forces, réactionnaires au changement démocratique de régime politique et économique, sont passées à l’action.  En avril 2002, ce sont ces réactionnaires plus haut mentionnés qui ont procédé au premier coup d’État contre Hugo Chavez. Le cardinal et un évêque accompagnaient le président de la chambre du patronat, Carmona, devant se substituer à Chavez. Ce qui n’avait pas été prévu c’est cet engament du peuple et d’une partie importante de l’armée, fidèle à Chavez, qui sont passés à l’attaque des mercenaires putschistes qui ont dû dégager vite et ramener dans les meilleurs délais le Président légitime du Venezuela, Hugo Chavez.

 

Nous en sommes rendus à l’année 2020 et ce sont ces mêmes acteurs institutionnels, oligarchies nationales, épiscopat vénézuélien, opposition radicale, tout ce beau monde chapeauté par Washington et un État du Vatican qui ne voit le tort que dans le gouvernement de Nicolas Maduro. Il ignore tout simplement les sanctions économiques, les menaces d’invasion, le gel de centaines de millions de dollars devenus inaccessibles au Gouvernement légitime qui se doit d’acheter médicaments, alimentations, pièces industrielles pour les industries et entreprises.

 

Cette semaine, le pape François a reçu Michelle Bachelet, devenue la haute responsable au Commissariat aux droits des personnes et des peuples. Selon l’information transmise, ils auraient surtout parlé du Venezuela, de la misère et de la souffrance du peuple et du non-respect des droits de la personne.  Pas un mot sur le coup d’État militaire en Bolivie, pas un mot sur les assassinats n’en série des leaders sociaux en Colombie. Pas un mot sur le plan de Washington rendu public, il y a quelques jours, pour réaliser un coup d’État, au Nicaragua, contre le président Daniel Ortega.

 

Ni l’un ni l’autre ne fit référence aux interventions illégales et criminelles des États-Unis dans les affaires internes de ces pays.

Ce qu’il y a de plus lamentable dans tout cela c’est la manipulation que l’on fait en se couvrant de la foi chrétienne et du sentiment religieux du peuple. 

 

Je suis moi-même un croyant aux Évangiles et en ce Jésus qui n’a pas mâché ses mots lorsqu’ils s’est adressé à ces scribes et grands prêtres qui mettent sur les épaules des autres des fardeaux qu’ils ne peuvent supporter eux-mêmes et qui sacrifient la justice et la bonne foi pour protéger leurs privilèges et leur apparat.

 

Matthieu 23:23 ^

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! … vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité: c`est là ce qu`il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses.

 

 

Oscar Fortin

 

15 août 2020

 

https://humanisme.blogspot.com/2018/05/les-engagements-politiques-du-vatican.html

 

http://humanisme.blogspot.com/2015/02/la-prostituee-de-lapocalypse.html

 

https://humanisme.blogspot.com/2019/03/ici-sarrete-limperialisme.html

 

mercredi 5 août 2020

Le Nicaragua dans la mire de Washington


 


Un épiscopat prêt au combat

 

Pour comprendre ce qui se passe en Amérique latine, il faut prendre en compte les gouvernements qui se soumettent à Washington et ceux qui ne s’y soumettent pas, se déclarant indépendants et souverains. Ces derniers sont considérés comme des gouvernements récalcitrants. Washington ne peut pas tolérer une telle dissidence dans sa cour arrièrequ’est l’Amérique latine pour lui. Son objectif est d’en finir avec ces derniers qui osent s’affirmer socialistes et anti-impérialistes.

 

Dans la majorité des pays qui lui sont soumis, dont le groupe de Lima, Washington s’impose sans que les gouvernements, les oligarchies nationales et les épiscopats aient rien à y redire. Quant aux peuplesde ces pays, ils doivent compter sur eux-mêmes s’ils souhaitent se libérer de cette dépendance et voguer a leur propre développement. 

 

Pour le moment, trois de ces peuples  sont parvenus à résister aux nombreuses tentatives de coups d’État visant leur  indépendance  et souveraineté: Cuba, Nicaragua Venezuela. On se souviendra du Coup d’État au Chili, en 1973 et de ceux au Brésil, en 1964, et de l’Argentine, en 1976, tout comme ce tout récent coup d’État en Bolivie qui n’est toutefois pas encore complètement consommé. Diverses méthodes sont utilisées pour renverser ces régimes politiques de profil socialiste. Les présidents récents de l’Équateur, d’Argentine, du Brésil et du Paraguay en savent quelque chose.

 

Les trois pays, toujours souverains et indépendants, Cuba, Venezuela et Nicaragua font l’objet d’un harcèlement politique, économique et social. Les sanctions se multiplient, les groupes terroristes se forment sous les directives de Washington. Des millions de dollars y sont investis pour qui parviendra à éliminer ou tuer les principales têtes dirigeantes de ces pays. 

 

Cuba a déjà une longue histoire de résistance et de harcèlement venant de Washington avec son blocus économique et ses diverses sanctions. Pendant longtemps, l’épiscopat catholique de Cuba a été les yeux et les oreilles de Washington à Cuba. Depuis un certain temps, sa présence se fait plus discrète. Par contre, il se garde bien de dénoncer le blocus économique ainsi que toutes les sanctions qui rendent de plus en plus difficile la vie des Cubains et Cubaines.

 

Venezuela a déjà une histoire de plus de 20 ans de résistance aux multiples tentatives de coups d’État. Dans ce pays, Washington peut compter à plein sur les bons services de l’épiscopat vénézuélien. Ce dernier agit et se comporte comme une véritable opposition. Il faut signaler qu’il en fut de même avec l’épiscopat de Bolivie lors du récent coup d’État. Les évêques se faisaient les dénonciateurs des fraudes électorales, sans jamais en apporter de preuve. L’histoire a révélé qu’aucune fraude n’avait été reconnue lors de ces élections de novembre dernier. L’épiscopat n’en a pris  note, maintenant son appui aux  putschistes.

 

Nicaraguaest de nouveau la cible d’un coup d’État. Il y a quelques jours, R.I. portait à notre connaissance le plan de Washington pour réaliser un « coup d’État » contre le gouvernement de Daniel Ortega. Cette nouvelle coïncide avec la mise à feu, dans la cathédrale de Managua, de l’image du sang du Christ, vieille de 300 ans.  Un évènement, aussitôt dénoncé par le cardinal et aussitôt attribué, par ce dernier, au gouvernement de Daniel Ortega.

 

On se souviendra qu’en 2018, ce même cardinal avait participé et soutenu pendant des mois des manifestations dans les rues de la capitale et dans les diverses régions du pays. Elles furent vite identifiées comme faisant partie d’une tentative de coup d’État, voulue et dirigée par Washington.  Malheureusement, pour ces derniers, ce coup d’État a échoué. Le pays a retrouvé son calme et les institutions gouvernementales ont opéré sans entrave jusqu’à ce jour. Mais voilà qu’avec ce feu à la cathédrale que le cardinal attribue, sans preuve, au  gouvernement, il y a motif pour relancer les manifestations et pour amplifier toute la misère dont le peuple a à souffrir d’un tel gouvernement. 


 


Pour le moment, personne ne sait qui est à l’origine de ce feu à la cathédrale. Chacun peut imaginer ce qu’il veut selon ses intérêts et ses objectifs.  Pour le cardinal, ça lui convient de faire ,du gouvernement, le responsable de ce sacrilège. Pour d’autres, surtout après avoir pris connaissance du plan de Washington pour éliminer le gouvernement de DanielOrtega, ce feu à la cathédrale devient un déclencheur de protestations et d’accusations de toute nature contre le gouvernement Ortega.  Ce serait, ce qu’on appelle, en Amérique latine, un « faux positif », provoqué par Washington, mais attribué au gouvernement. La personne du cardinal est tout à fait désignée pour mener cette campagne de dénigrement contre ce gouvernement qui ne respecte pas la foi religieuse du peuple.

 

Selon les analystes, si Ortega y son peuple sont parvenus à vaincre la dernière tentative de coup d’État (2018), ils sauront vaincre la prochaine. 

 

Pour qui voudra en savoir plus sur la visite du pape Jean-Paul II au Nicaragua, en avril 2005, je vous réfère à un excellent article, écrit par celui qui était, à l’époque, ministre de la Culture, Ernesto Cardenal. De quoi à ne pas manquer pour saisir la complicité du Vatican et de Washington pour éliminer les régimes de format socialiste.

 

https://www.voltairenet.org/article16841.html

 

 

Oscar Fortin

 

5 août 2020

jeudi 16 juillet 2020

LA DÉMOCRATIE QUI PLAÎT À L’EMPIRE





Nous avons deux exemples qui illustrent merveilleusement bien la « démocratie » qui plaît  à l’Empire. Il nous suffit de regarder les activités de l’Empire et de ses alliés au Venezuela et en Bolivie.

Au Venezuela comme en Bolivie il ne reconnaît pas la démocratie exprimée par le peuple. 

Le 21 mai 2018, il y eut des élections présidentielles au Venezuela qui donna la victoire à Nicolas Maduro. L’empire et l’opposition radicale savaient à l’avance que le peuple allait voter majoritairement pour la révolution et le régime mis en place par Hugo Chavez et le peuple qui se donna une constitution, répondant à ses intérêts. Washington et tous ses alliés firent tout pour que les Vénézuéliens et Vénézuéliennes n’aillent pas voter. Les évêques vénézuéliens se mirent de la partie pour empêcher le peuple de participer à ces élections. En dépit de cette campagne et d’un taux de participation inférieure aux autres élections présidentielles, ce taux demeurait supérieur à celui de plusieurs pays latino-américains.

Pour l’empire et l’opposition radicale, il n’était pas question de reconnaître la légitimité de cette élection, pourtant réalisée en conformité avec les règles du Conseil national électoral et sa reconnaissance par le tribunal suprême de justice. En janvier 2019, Nicolas Maduro a été assermenté comme président pour un second mandat de six ans en  présence de représentants de nombreux pays, y compris le représentant du Vatican.

Plus des 2/3 des pays membres de l’Assemblée générale des Nations Unies ont reconnu et continuent de reconnaître Nicolas Maduro comme président légitime du Venezuela. Il en va de même pour l’ONU. Il importe également d’ajouter que l’armée vénézuélienne est fidèle à la constitution vénézuélienne et appuie le gouvernement que s’est donné le peuple. 

C’est alors que l’Empire sort un lapin de son chapeau, le 24 janvier 2019, du nom de Juan Guaido, président de l’Assemblée législative, lequel s’auto proclame président intérimaire du Venezuela. Aussitôt assermenté, l’empire le reconnait comme président officiel du Venezuela, suivi en cela par tous ses vassaux (groupe de Lima et pays de l’Union européenne). Des centaines de millions de dollars du peuple vénézuélien sont saisis par l’Empire et remis entre les mains de Juan Guaido. S’accentuent alors les sanctions de nature à déstabiliser le gouvernement et à rendre la vie du peuple chaque jour un  peu plus difficile. Tout cela,  évidemment est le résultat d’un régime politique et d’un gouvernement  qui génèrent pauvreté et souffrance du peuple. 

Les médias qui sont au service de l’empire se chargent de démolir, autant faire se peut, la réputation de ce gouvernement qu’ils qualifient de dictature et son président de dictateur. C'est alors que l’empire se présente et  prend prétexte de la désinformation orquestrée  pour justifier une intervention militaire et y instaurer sa propre démocratie, laquelle n'a rien à voir avec la démocratie du pouvoir du peuple par et pour le peuple.  Le peuple, dans tout cela se voit repousser de nouveau à la place de seconde classe.

Dans le cas de la Bolivie, le gouvernement d’Évo Morales a fait faire des bonds extraordinaires aux conditions de vie des classes les plus défavorisées. Il a également développé une économie dont le PIB le place comme un des pays les plus progressifs de l’Amérique latine. Il a récupéré le contrôle des mines, dont celle du lithium, devenu d’une importance très grande pour le développement des moteurs électriques. De quoi faire rêver l’empire et ses acolytes.

En novembre dernier, se sont réalisées les élections présidentielles qui donnèrent lieu à de multiples commentaires selon les intérêts de chacun. Tout au long de la campagne électorale, l’opposition et l’épiscopat bolivien criaient à la fraude sans jamais en donner les exemples. Pour l’empire, il n’était pas question qu’Évo Morales redevienne président de la Bolivie. Il fallait d’une manière ou d’une autre faire tout pour qu’il en soit ainsi. C’est dans ce contexte que le secrétaire général de l’OEA, entièrement soumis aux volontés de l’empire, entra en action. Comme observateur de l’élection présidentielle, il « inventa » de fausses nouvelles de fraudes électorales et un décompte des votes retenus par Évo Morales.  Il faut dire que les premiers résultats transmis par le Conseil électoral donnaient Evo Morales gagnant avec suffisamment de votes pour éviter un second tour. 

Il faut également dire qu’à la différence du Venezuela, l’armée bolivienne, était du côté de l’empire et ce dernier avait tous les atouts pour que Morales disparaisse de la carte. C’est effectivement ce qu’a fait l’armée, mettant Evo Morales dans l’obligation de renoncer. Autrement sa famille et ses proches en subiraient les conséquences. On lui a fait entendre que 50 000$ étaient promis à celui qui le ferait disparaitre pour toujours. C’est alors qu’il a pris la décision de s’expatrier à Mexico qui lui avait ouvert ses portes.

Morales n’y étant plus, l’empire nomma le nouveau gouvernementqui poursuivra les indésirables susceptibles de reprendre le contrôle de leur démocratie du peuple pour le peuple. 

Les analyses des spécialistes internationaux ont permis, par la suite, de confirmer que l’élection s’était réalisée sans fraudes et qu’Evo Morales avait bel et bien obtenu la majorité des votes de son peuple pour éviter un second tour.

Aujourd’hui, cet empire se dit déterminé à apporter la démocratie aux peuples du Venezuela et de la Bolivie, de les libérer du totalitarisme, du communisme et du socialisme. 

Pour conclure, la démocratie qui plaît à l’empireest celle qui respecte son autorité  et à laquelle les peuples doivent se soumettre.

« le pouvoir de l’empire pour les intérêts de l’empire »

La démocratie qui plait aux peuples est celle qui respecte leur volonté et à laquelle l’empire et ses oligarchies doivent se soumettre.

« Le pouvoir du peuple pour les intérêts du peuple. » 

C’est l’enjeu des temps que nous vivons.


Oscar Fortin

16 juillet 2020 

mardi 14 juillet 2020

SOUS LES DEHORS DE GRANDE HUMANITÉ






NOUS DÉCOUVRONS L’HYPOCRISIE QUI S’Y CACHE

Le Venezuela, dans la réalité des faits, est un des 174 pays membres de l’Assemblée générale des Nations Unies. Il est reconnu comme un État démocratique qui obéit à une Constitution, voulue par le peuple et confirmée, par référendum populaire, comme celle qui répond le  mieux à ses intérêts de peuple. 

Ce fut l’un des premiers gestes du nouveau président, élu avec grande majorité, à l’automne 1998, en la personne d’Hugo Chavez. Par cette constitution, il donnait suite à sa principale promesse électorale, celle de permettre au peuple de se donner une constitution qui réponde à ses besoins et à son projet de société. Un droit qui n’est pas donné à tous les peuples de l’Amérique latine et des Antilles. Ce sont, en général, ceux qui dirigent le pays, qui décident de la constitution à laquelle le peuple devra se soumettre.

De quoi interpeller de nombreux chefs d’État et les oligarchies locales. Le pouvoir auquel ils avaient accès à volonté est pris en charge par le « peuple » qui s’est donné les moyens, par cette constitution, de participer à ce pouvoir. De là vient l’expression de démocratie participativequi caractérise le Venezuela. 

Il faut savoir que le Venezuela est une terre qui renferme d’énormes richesses en pétrole, en or, en diamant, entre autres. Richesses exploitées par des multinationales aux conditions déterminées par elles-mêmes. Les gouvernements, bien traités par ces dernières, y trouvaient leur compte, ce qui n’était pas le cas du peuple qui n’avait pas droit au chapitre.

L’arrivée d’Hugo Chavez, en appui au peuple vénézuélien, ouvrit la porte à la révolution, dite bolivarienne, faisant des intérêts du peuple la priorité. Le vrai pouvoir ne venait plus de Washington, des Oligarchies locales, des multinationales, mais du gouvernement, avant tout,  au service des intérêts du peuple. 

Ce nouveau visage d’une démocratie enracinée dans les intérêts du peuple n’allait pas susciter l’enthousiasme de ceux et celles dont les intérêts étaient garantis par les bons soins que les multinationales leur réservaient. Ces derniers allaient tout faire pour sauvegarder leurs intérêts, comme Oligarchie, tout en soutenant les multinationales, mises au défi de partager avec le peuple les revenus des richesses nationales. Ce sont ces derniers qui ont procédé à un premier coup d’État, en avril 2002, dans le but d’exterminer ce gouvernement et cette constitution du peuple.  On se souviendra que le candidat choisi par ces élites de l’ancien pouvoir, n’était autre que Carmona, l’ex-président du Conseil du patronat.  Il est important de noter que la hiérarchie catholique, représentée par le cardinal de l’époque, accompagné de l’évêque Balthazar Porras, était là pour assermenter le nouveau président et pour assister à l’annulation de la nouvelle constitution que le peuple s’était donnée.

Heureusement que l’intervention du peuple et de l’armée, restée fidèle au gouvernement d’Hugo Chavez, a vite mis un terme à ce coup d’État qui n’aura duré que 47 heures. Assez pour que l’on reconnaisse les véritables auteurs. Ce sont ces derniers, qui tout au long des années à venir, poursuivront leurs objectifs de prendre par la force ce qu’ils ne peuvent prendre par la démocratie. Élection après élections ,le peuple s’est maintenu fidèle à sa révolution, en dépit de toutes les tractations possibles pour acheter des votes, discréditer par tous les moyens et tous les mensonges possibles le gouvernement en vue de faire basculer le vote de leur côté. La Conférence épiscopale du Venezuela (CEV) ainsi que ses membres participent activement à ce renversement de gouvernement, toujours légitime et reconnu par les Nations Unies et les 2/3 des pays du monde. Cette CEVfait front commun avec Washington, le groupe de Lima, l’opposition radicale et le président autoproclamé, Juan Guaido, choisi par Trump.

Ce sont ces mêmes personnes et institutions de 2002 qui font tout pour reprendre le pouvoir de la quatrième république, lequel les servait merveilleusement bien. Leur discours est le même depuis le début : le peuple souffre, le gouvernement est responsable de tous les maux qui se succèdent. Ils parlent de dictature, de communisme de corruption. Pas un mot des 5 millions d’habitations pour les familles à faible revenu, de l’éducation et de la santé gratuites.  Tout cela à travers les milliers d’obstacles mis en place pour que rien ne puisse fonctionner.

Les médias sont utilisés pour répandre le mensonge à grande échelle, faisant de la démocratie une dictature criminelle, de la souffrance du peuple, crie que l’Humanité doit entendre pour justifier une intervention militaire au Venezuela.  Déjà, le Conseil de sécurité des Nations Unies a voté des résolutions, invitant les belligérants au dialogue et au respect du droit international qui régit les relations des États entre eux.

Pour le moment, tout se fait sans référence aux Nations Unies, pas plus qu’au droit des peuples à leur indépendance et souveraineté.

Pendant que les Évêques vénézuéliens pleurent sur la souffrance du peuple, dont seul le gouvernement, selon elle, est responsable, le président des États-Unis se fait l’apôtre du sauvetage de ce peuple à qui il veut donner la démocratie, comme il vient de le faire en Bolivie avec le coup d’État qui a mis fin au régime démocratique d’Évo Morales.

Dans les yeux de Trump, il faut y voir : Lithium, pétrole, or, diamants, soumission du Venezuela y de la Bolivie. 

Oscar Fortin

dimanche 5 juillet 2020

LES NATIONS UNIES DOIVENT S’IMPOSER







Ce questionnement surgit au moment même où nous constatons que certains pays, de profil impérial, s’imposent sans aucune justification légale pour décider de ce qui est démocratique et de ce qui ne l’est pas. De déclarer quels gouvernements sont légitimes et quels sont ceux qui ne le sont pas. Ces puissances s’imposent comme si elles étaient mandatées par les Nations Unies pour décider du destin des peuples. Ce n’est évidemment pas le cas, d’où l’urgence pour les Nations Unies d’intervenir pour dénoncer de pareils comportements qui vont à l’encontre de la Charte des droits des peuples et des personnes.  À ce que nous sachions, les 194 pays membres de l’Assemblée générale des N.U. ont voté en faveur de cette Charte et ont mandaté le Conseil de sécurité  et les diverses instances des N.U. pour qu’elle soit respectée.


Si nous prenons, entre autres, l’exemple du Venezuela, nous verrons que les États-Unis et ses alliés ont décidé de ne pas reconnaître la légalité de l’élection présidentielle qui  a conduit Nicolas Maduro à un second mandat. Les observateurs internationaux ainsi que les pouvoirs constitutionnels du Venezuela reconnaissent la légitimité de cette élection qui s’est déroulée conformément aux règles électorales internationales et à la Constitution vénézuélienne. 

Plus des 2/3 des pays, membres des Nations Unies, reconnaissent la légitimité de l’élection de  Nicolas Maduro. Le tout, conformément à la Charte des Nations Unies.  Le 1/3 qui ne reconnaît pas cette élection est directement lié aux volontés de Washington de substituer la démocratie vénézuélienne par un gouvernement qui répondrait à ses volontés de conquêtes et de  domination. Ne pouvant y parvenir par les voies démocratiques, il prétend y parvenir en nommant lui-même ses représentants.

C’est ce qui vient de se passer en Bolivie où  le Président élu , en novembre dernier, a été menacé de mort et forcé à l’exil. L’Oncle Sam avait préparé ses candidats pour se substituer au gouvernement légitime élu par le peuple. 

Comment se fait-il que les Nations Unies n’interviennent pas pour dénoncer ces faux gouvernements? Dans le cas du Venezuela, il a suffi au président Trump de déclarer que le député, Juan Guaido, est le président par intérim du Venezuela, pour que ses alliés le suivent dans cette voie. 

Il importe que les Nations Unies, à travers le Conseil de sécurité, déclarent officiellement ces faux gouvernements et invitent ses 194 membres de l’Assemblée générale à respecter la Charte des Nations. L’interventionnisme dans les affaires internes des autres pays doit se faire sur la base de la Charte des N.U., ce qui n’est pas le cas en ce qui a trait au Venezuela et à la Bolivie.

Loin de respecter cette Charte des Nations Unies, ces puissances impériales étasuniennes s’en donnent à cœur joie avec des sanctions criminelles qui ruinent l’économie d’un pays et génèrent souffrance et pauvreté des peuples.  L’Angleterre sous pression des États-Unis se refuse à transférer l’or du Venezuela, évalué à près d’un milliard d’Euros, réclamés par le Président légitime du Venezuela en vue d’utiliser cet or pour l’achat de médicaments et de biens essentiels pour le peuple. Le motif du refus est que l’Angleterre ne reconnaît pas Nicolas Maduro comme président légitime du Venezuela. Pour l’Angleterre, Juan Guaido, le président autoproclamé est celui à qui cet or doit être remis.


Il est temps que le Conseil de sécurité des Nations Unies ainsi que les membres de l’Assemblée générale élèvent la voix pour dire haut et fort que seules les Nations Unies ont le pouvoir d’interpréter la Charte des Nations Unies et de s’assurer de son respect de la part de toutes les nations. Qui est en mesure d’évaluer la légitimité des diverses interventions des pays les uns à l’endroit des autres, si ce n’est le détenteur de la Charte des Nations Unies. 

Il est plus qu’urgent que le Conseil de sécurité des Nations Unies rappelle à l’ordre les pays délinquants du droit international. Qu’il leur rappelle que le président légitime du Venezuela est bel et bien Nicolas Maduro et non Juan Guaido. Que l’or détenu à Londres appartient au peuple vénézuélien et il appartient à celui qu’il a été élu, comme Président, d’en disposer en conformité avec la volonté du peuple.

Il faut que l’empire et ses alliés agissent dans le cadre du respect du droit international. Il faut que le peuple des États-Unis comme celui d’Angleterre sachent que la procédure que suivent leurs représentants va à l’encontre de la Charte des Nations Unies ainsi que de la démocratie.

Il faut que le monde puisse compter sur des engagements concrets des Nations Unies. Que les délinquants soient rappelés à l’ordre et que la Charte soit respectée par tous les pays membres.  Il en va de la paix et de la démocratie. 

Oscar Fortin

5 juillet 2020